Les déclarations choc de Ilyas El Omari: Code pénal, PJD, PAM, Sahara, Al Himma
Quoi qu’on en dise, Ilyas El Omari est le seul opposant à Benkirane. Le seul qui compte vraiment, car ses propos sont cohérents et son positionnement clair, intelligent et stable.
Et ceci, répétons-le, quel que soit ce que l’on puisse penser du personnage ou des conditions qui ont présidé à la naissance du PAM.
Dans une longue interview à Akhbar Al Yaoum publiée ce lundi 4 mai, El Omari apporte comme d’habitude une cohorte de petites phrases particulièrement intéressantes. Sur le champ politique, il se positionne comme celui qui est porteur d’un projet de société moderniste, par opposition au PJD porteur selon lui d’un projet “obscurantiste“.
Voici quelques phrases prononcées par El Omari:
-Je suis contre les restrictions et les tracasseries que subit l’AMDH (Association Marocaine des Droits de l’Homme) et que subirait n’importe quelle organisation.
-A l’origine, j’étais contre le projet de fonder le PAM (Parti Authenticité et Modernité). L’objectif de départ n’a jamais été de créer un parti politique, mais de présenter une offre politique destinée à tous les acteurs politiques, exception faite des acteurs qui utilisent la religion comme une idéologie, c’est-à-dire Al Adl wal Ihsane, le PJD et la mouvance salafiste.
La plupart des courants politique, mais pas tous, ont reçu favorablement notre initiative. Pas tous, et sans qu’une dynamique ne soit créée. Car tous ces acteurs voyaient la politique comme un gâteau que l’on se partage.
-Après les élections de 2007, nous avons analysé le nouveau discours de plusieurs grandes puissances et sommes parvenus à la conclusion que des changements allaient intervenir dans un avenir proche avec l’apparition de nouvelles alliances entre le capitalisme international et les mouvements religieux. Et c’est effectivement ce qui devait arriver par la suite.
Nous avions lancé un appel à toutes les composantes du paysage moderniste marocain, en partant du libéral jusqu’au gauchiste radical, pour que l’on définisse un plus petit dénominateur commun face à ce qui allait survenir.
-Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, c’est l’apparition de l’Etat confessionnel.
Le parti (PAM) a été créé avec deux objectifs: construire une base sociétale visant à contenir ce danger; et en cas d’échec, y faire obstruction.
Le second objectif est de promouvoir un projet de société démocratique et moderniste. Il est impossible qu’une élite conduise ce projet tout en restant coupée du peuple.
-Il n’y a aucune proximité idéologique, aussi minime soit-elle, entre le PAM et le PJD.
Je ne me vois pas dans une coalition ou une alliance avec le PJD, ni en 2016 ni en 2027. Mais je ne connais pas l’avenir et les conditions peuvent changer.
-La gestion officielle du dossier du Sahara est inadéquate. Le retrait de l’OUA (ancêtre de l’UA), décidé par Hassan II, est une décision erronée.
-Je souhaite voir un jour une femme chef du gouvernement ou à la tête des plus grandes organisations politiques.
-Lorsque Fouad Ali Al Himma était encore au pouvoir, il avait des relations avec des personnes qui en journée, l’insultaient ou faisaient mine de l’insulter, et le soir allaient le rencontrer.
(…) Lorsque Fouad a choisi de se rendre sur l’autre rive [devenir conseiller du Roi, NDLR], je suis resté sur la rive qui était la mienne…
-Concernant le dernier mémorandum de l’Opposition adressé au Roi: ce n’est pas une plainte, mais une lettre comme le prévoit la Constitution. Nous voulions savoir si Benkirane qui citait souvent le Roi dans ses prises de parole, le faisait de son propre chef ou si c’était à la demande du Roi.
Selon ce que m’a rapporté Mustapha Bakkoury, secrétaire général du PAM, le Roi refuse que son nom soit cité dans des questions étrangères à ses prérogatives constitutionnelles. Et qu’il n’a jamais demandé à M. Benkirane de le faire.
-L’élite administrative technocrate, celle qui est restée loin de la politique; et l’élite intellectuelle, ne peuvent changer le paysage politique sans en faire partie. Tout le monde doit s’engager en politique.
-A propos du code pénal et des articles réprimant les relations hors mariages ainsi que le fait de manger en public pendant le mois de Ramadan: si ces articles sont adoptés, je demanderai à être incarcéré, avant d’être arrêté. Je considère que la liberté en pointillé est une forme de torture et c’est ce qui se passe actuellement au Maroc.
(…) Je considère que lorsqu’on voit des gens adorer un âne, il faut tuer l’âne, et non pas donner à manger à l’âne comme ce qui se fait.
Nos lecteurs se feront leur propre opinion.
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