Après l'incident de mardi, l'Opposition veut rétablir le prestige du parlement
Les dernières déclarations du Chef du gouvernement au parlement suscitent l'ire de l’Opposition dont les groupes parlementaires affirment que la crise dépasse, désormais, les partis de la majorité et de l'opposition et menace de toucher les institutions.
Mardi 28 avril. Immédiatement après l'interruption de la séance des questions orales au parlement, les groupes parlementaires de l'opposition sont allés à la rencontre de Rachid Talbi Alami, le président de la Chambre des représentants.
"On s'est habitués à voir le Chef du gouvernement nous attaquer, là n'est pas le problème. Il s'agit, désormais, d'un conflit entre deux institutions: le gouvernement d'un côté, le parlement de l'autre", estime le chef d'un groupe parlementaire de l'opposition, qui juge "exagérée" la réaction de Benkirane au parlement, mardi.
Ils ont donc contacté le président de la première chambre, "afin qu'il réagisse aux déclarations du Chef du gouvernement. Après cela, nous allons déterminer la réponse à apporter, en tant que groupes de l'opposition", déclare-t-il.
Pour les groupes parlementaires de l'opposition, Benkirane "a choisi la fuite en avant, en choisissant de provoquer l'opposition. Il a bien répondu aux questions des groupes de la majorité, au début, mais dès que les groupes de l'opposition ont commencé à poser leurs questions, il s'est lancé dans son discours habituel. Or, personne ne l'a provoqué, personne ne l'a attaqué", se désole Milouda Hazib, la présidente du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des Représentants.
"Son discours n'est pas celui d'un homme d'Etat. De notre côté, nous jugeons nécessaire de rétablir la hiba de l'institution parlementaire", explique-t-elle.
Tandis que des médias ont rapporté que les partis de l'opposition se dirigent vers une demande d'arbitrage royal, des sources contactées par Médias24 démentent. "Nous ne prenons pas ce genre de choses à la légère. Nous ne demanderons un arbitrage royal que si nous n'avons aucune autre solution", confie une source au sein des instances exécutives d'un parti de l'opposition. Le boycott des activités parlementaires, lui, "est une solution qui pourrait être envisagée. Même si nous ne voyons pas pourquoi ce sera nous qui allons boycotter le parlement. Plutôt interdire au Chef du gouvernement d'y mettre les pieds", s'emporte un député de l'Istiqlal.
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