Derniers préparatifs avant la création du parti dissident de l’USFP
Après le dépôt de son dossier constitutif au ministère de l’Intérieur, on connaîtra le nom du 34e parti politique marocain. Ce n’est qu’après son acceptation par les autorités que cette entité organisera l’élection de ses instances de direction.
Pas encore de nom officiel, pas de leader incontesté, le futur parti émanant de la scission avec l’USFP tarde à émerger dans les faits. Les dissidents du parti de la rose qui se sont réunis samedi 25 avril à Rabat sont d’ailleurs toujours désignés sous l’appellation courant Zaidi sans leader affirmé.
Interrogé par Médias 24, un de ses membres déclare que la commission préparatoire qui s’est réunie au siège du club des travaux publics est le dernier prélude à la création du parti: «Nous sommes dans la dernière ligne droite qui durera environ un mois et demi avant la reconnaissance officielle du parti». En d’autres termes, le parti sera créé avant les élections.
Les 350 transfuges de l’USFP venus de tout le Maroc ont entériné la création de 5 commissions chargées de:
- s’occuper des aspects juridiques et organisationnels du nouveau parti.
- la rédaction du projet de programme politique
- la logistique, du financement et des aspects matériels
- préparer les futures échéances électorales
- la communication et de la mise en place d’un site internet.
Avant de déposer le dossier de création du parti, ces commissions trancheront notamment les questions de nom, de logo, du règlement intérieur et des grandes lignes politiques du parti…
Dans ce dossier constitutif, il devra être fait mention des noms des trois fondateurs du parti (tenus secret avant le dépôt) ainsi que l’emplacement de son futur siège social.
La loi prévoit également un minimum de 300 déclarations de militants venus des 2/3 du Royaume. Pour faire face à toute éventuelle invalidation de certaines de ces déclarations, le mouvement va en fournir 600.
Une fois complet, le dossier sera déposé au ministère de l’Intérieur dans un délai n’excédant pas 15 jours. On connaîtra le nom de ce nouveau parti politique à l’issue du dépôt de dossier administratif.
Après quoi, il faudra respecter les délais légaux de traitement de la demande qui dureront un mois.
S’il n’existe aucune opposition du ministère de l’Intérieur, les militants de ce parti pourront enfin organiser l’élection de leur secrétaire général et celles de leurs instances dirigeantes.
Alors que tous les militants ont besoin de se reconnaître dans un homme, notre interlocuteur affirme que cette question est secondaire car la priorité ne réside pas dans l’individualisation du leadership.
«Notre entité veut mettre l’accent sur la responsabilisation du collectif et pas sur un seul homme».
Une posture étonnante quand on sait que le succès de la création de l’USFP en 1975, issue d’une scission avec l’UNFP reposait sur Abderrahim Bouabid et qu’en 1959, la fondation de l’UNFP, dissidente de l’Istiqlal était basée sur le ralliement aux noms de Mehdi Ben Barka et d’Abderrahim El Youssoufi.
Pour notre interlocuteur, «les hommes de cette trempe disposant d’une légitimité historique et politique n’existent plus car il y a une transformation sociologique dont nous devons tenir compte».
La présence à cette réunion de Tarik Kabbaj a été cependant très remarquée car c’est la première fois que ce ténor de l’USFP s’associe publiquement aux travaux constitutifs du parti des dissidents.
Selon notre source, même si la question ne se pose pas encore, il est plus que vraisemblable que le maire d’Agadir sera poussé par la base pour être candidat à la tête de cette structure politique.
Rappelant qu’il y aura sans doute d’autres candidats, il admet sans peine que Tarik Kabbaj est le mieux outillé pour prendre les commandes de ce nouveau parti et lui donner un vrai souffle.
Contrairement à d’autres éventuels candidats, cet homme d’appareil peut créer la rupture car il était à l’USFP depuis sa création et son père Abbas Kabbaj a été l’un des fondateurs de l’UNFP.
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