“Ouverture et démocratie” réunit son comité préparatoire
Depuis sa création à l'annonce de sa scission, le courant Ouverture et démocratie reste dans l'indécision. Le nom du futur parti n'a pas encore été défini, et le congrès constitutif a été reporté.
Des rencontres en série. "Mercredi 22 avril, nous nous réunirons pour préparer le meeting du comité préparatoire, qui aura lieu samedi 25", nous déclare Taieb Mounchid, membre du secrétariat d'Ouverture et démocratie.
La rencontre du samedi réunira les membres du secrétariat du courant, des représentants des provinces ainsi que "des acteurs politiques", selon Mounchid.
L'un des points clés qui seront abordés: celui du nom du futur parti que les dissidents souhaitent créer. "Il y a, en effet, discussion à propos du nom du parti, mais rien n'a encore été décidé. A vrai dire, nous peinons à cristalliser le débat", confie Mounchid.
Puis le congrès constitutif. Initialement annoncé pour septembre, il a finalement été reporté. "Là encore, nous n'avons rien décidé", ajoute notre interlocuteur, pour qui "le congrès aura lieu dès que nous serons prêts".
Ces reports successifs, c'est ce qui a marqué l'histoire du courant, depuis sa création à l'annonce de sa scission. De quoi témoignent-ils ?
Indécision, illisibilité, absence de communication ont caractérisé le parcours du courant.
Les entretiens que nous avons eu avec plusieurs dirigeants de ce courant n'ont que confirmé cette impression: la direction d'Ouverture et démocratie peine à prendre des décisions.
L'argument avancé par un membre du courant est "qu'il faut d'abord arriver à un consensus avant de décider quoi que ce soit, afin que nous restions cohérents avec et dans notre démarche démocratique".
Mais qui décidera? Dans l'absence, au sein du secrétariat, d'une figure qui puisse faire consensus, réunir les autres dirigeants sous sa houlette et trancher, le courant reste dans le flou.
Plusieurs mois après le décès d’Ahmed Zaïdi, le courant continue toujours à être désigné par l’expression "courant Zaïdi". Pourtant, de grandes figures se réclament de ce courant ou l'animent, telles que Ahmed Reda Chami, Tarik Kabbage, Achaari, Ali Bouabid, Doumou...
De plus, même ses principaux animateurs divergent sur la manière de le désigner: certains parlent toujours de courant, ce qui signifie un ancrage au sein du parti; d’autres de mouvement ou de mouvance.
L'autre problématique est que le courant, dans sa quête de légitimité (et de militants) a négocié avec des clans et des groupements de militants.
Chaque figure que le courant a réussi à attirer a trainé et entraîné, dans ses valises, les USFPéistes qu'elle coopte, leurs attentes et leurs conceptions politiques. L'absence d'identité du courant aidant, qui pourra empêcher une petite majorité, n'importe laquelle des multiples majorités composant le courant, d'imposer son programme et d'apposer l'identité politique dont elle est porteuse? Les mécanismes internes de régulation peuvent-ils faire face à une 'invasion' idéologique?
Surmédiatisé à ses débuts, le courant s'est, ensuite, isolé de l'opinion publique. Ses réapparitions temporaires, lorsqu'occasion lui est donnée de flotter dans l'actualité, n'apportent que quelques rares nouveautés. Pour l'opinion, il y a stagnation.
La réunion de samedi pourrait trancher une question fondamentale: faut-il s’organiser en parti? et si oui, avant ou après les élections?
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