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Benkirane, ses larmes, son incompréhension de la cause féminine…

Samedi 7 mars, meeting impressionnant à Dcheira, où Benkirane nous montre encore sa maestria en matière de communication politique. Mais cela ne suffit pas, il n’a décidément pas compris pourquoi des milliers de femmes sortent le 8 mars.

Benkirane, ses larmes, son incompréhension de la cause féminine…
Naceureddine Elafrite
Le 8 mars 2015 à 17h49 | Modifié 8 mars 2015 à 17h49

On retiendra deux choses de ce meeting politique qui venait clore la campagne du PJD en faveur de l’inscription sur les listes électorales.

La première, c’est l’émotion forte, sincère, au point que Benkirane ne retient plus ses larmes. Il évoque, dès le début de son discours, l’accueil qui lui est réservé dans cette petite ville au sud d’Agadir, la place publique qui déborde, le public aux fenêtres et sur les toits des maisons…

Il dit qu’il ressent le poids de la responsabilité. Le souvenir du camarade, du frère siamois Abdallah Baha remonte. Il ravale difficilement ses larmes et ne s’en cache pas, à deux reprises (à partir de 2’00).

Au-delà de l’émotion, il y a la maestria de Benkirane en matière de discours politique. Il sait parler aux foules, les convaincre de sa sincérité et de voter pour lui. Sans jamais tomber dans le piège des promesses trop précises.

La seconde remarque, c’est que l’on voit définitivement à quel point il n’a pas compris le combat féminin.

Le combat féminin qui au Maroc remonte loin. Et même récemment, au début des années 90, des femmes ont bravé la peur de Basri, la poigne de Hassan II et ont réuni un million de signatures, créant une brèche, une toute petite brèche dans le texte de la Moudawana.

Avec le règne de Mohammed VI, les choses ont changé. La cause féminine a été légitimée, grâce entre autres à la réforme de la Moudawana en 2003.

Désormais, le problème n’est plus le système, c’est la société et, parfois, un gouvernement. Celui-ci par exemple.

Celui-ci qui a multiplié les erreurs dans le domaine féminin. Sa politique n’est pas lisible, quel que soit le mérite personnel de Bassima Hakkaoui, qui semble être réel.

Bassima Hakkaoui, si j’ose dire, est une simple femme, dans un univers politique, c’est-à-dire masculin.

En tous les cas, en ce mois de novembre 2013, elle a cru pouvoir présenter un projet de loi contre les violences faites aux femmes. En conseil de gouvernement, il a été lu et… enterré. Car depuis, aucune nouvelle.

Ceci n’est qu’un exemple.

Au 8 mars, on a bien vu que le gouvernement a eu du mal à communiquer. Il n’a pas de discours sur la cause féminine. Il évoque un bilan positif mais en réalité, il est très discutable.

Dans son allocution prononcée le 7 mars à Dcheira (vidéo), Abdelilah Benkirane a cru devoir prendre les choses différemment :

1. “Les partis politiques exploitent la cause féminine, la récupèrent“. Oui, Monsieur Benkirane, mais c’est le jeu démocratique et politique. C’est normal.

“La mobilisation du 8 mars à Rabat sera factice. Les femmes qui croiront les partis de l’opposition se trompent, elles n’atteindront pas leurs objectifs“. Peut-être, mais grâce aux partis, elles ont obtenu une marche impressionnante comme il n’y en a pas eu beaucoup dans l’histoire du Maroc. Du moins en matière de marches féminines.

2. “Nous [le PJD, ndlr], nous n’avons pas oublié les femmes. Nous avons fait beaucoup pour les veuves en situation de précarité et qui ont des enfants à charge, la femme marginalisée, les femmes qui ne savent pas se défendre, celles qui ne savent pas sortir manifester….“

C’est vrai, mais cela n’a rien à voir.

Les femmes veuves ont été soutenues et c’est très bien, en raison de leur précarité et pas dans leur singularité de femmes.

Le problème, c’est que parmi les couches vulnérables de la population, les femmes sont majoritaires.

Ces femmes veuves sont dans une situation de précarité, parce qu’elles n’ont pas étudié, parce qu’elles ne sont pas autonomes sur le plan économique.

Il ne s’agit pas de se faire l’avocat des femmes qui ne savent pas se défendre ou de celles qui sont en situation précaire. Il s’agit de se faire l’avocat de tous ceux et celles qui vivent l’injustice. Y compris les femmes, toutes les femmes. Y compris les précaires, tous les précaires.

Même si d'autres ne l'ont pas fait avant vous, il est de votre devoir Monsieur Benkirane, de défendre les précaires, les veuves et les orphelins. Et le faire ne vous exonère pas d'écouter les légitimes revendications d'une frange non négligeable de la population marocaine, celle des femmes.

Bref, il faut comprendre une fois pour toutes que la femme est un individu. A part entière.

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Naceureddine Elafrite
Le 8 mars 2015 à 17h49

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