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Fondation des musées, Mehdi Qotbi dresse son bilan

Trois ans après le lancement de la fondation, Mehdi Qotbi revient sur ses réalisations et évoque les défis qui l’attendent.

Fondation des musées, Mehdi Qotbi dresse son bilan

Le 17 décembre 2014 à 16h58

Modifié 17 décembre 2014 à 16h58

Trois ans après le lancement de la fondation, Mehdi Qotbi revient sur ses réalisations et évoque les défis qui l’attendent.

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 17 décembre au siège de la Fondation des musées du Maroc, Mehdi Qotbi s’est expliqué sur son rôle à la tête de l‘institution culturelle qu’il préside. Fort du soutien royal qu’il revendique, il met en avant le rôle de la nouvelle diplomatie culturelle marocaine en se félicitant du fait  que la visibilité culturelle du Maroc se soit développé en Europe grâce aux expositions d’œuvres marocaines à l’étranger.

Celle du musée du Louvre intitulée « Le Maroc médiéval » a accueilli jusqu’à aujourd’hui 150.000 visiteurs et donné lieu à 126 publications consacrées au royaume alors que celle de l’Institut du monde arabe (IMA) portant sur l’art contemporain marocain a atteint un chiffre de 126.000 visiteurs.

« Toutes les campagnes publicitaires possibles et imaginables sur l’image du Maroc n’auraient jamais pu aboutir à faire parler autant de notre pays à Paris qui est une des capitales mondiales de l’art». Preuve du succès marocain, le Louvre a dû dernièrement fermer ses portes devant l’afflux des visiteurs désireux de découvrir le Maroc médiéval.

Pour démocratiser la culture au Maroc, il révèle que grâce au ministre de l’Economie et des finances Mohamed Boussaid, la TVA sur les œuvres d’art passera en 2015 de 20% à 10% et que les personnes voulant offrir une œuvre aux musées verront leur don défalqué du montant de leurs impôts.

Cela encouragera les investisseurs et les métiers d’art à venir au Maroc pour créer des emplois et permettra au Maroc de devenir un hub culturel incontournable pour le monde arabe et pour l’Afrique.

Le président de la Fondation des musées annonce que son institution travaille avec les députés pour mettre en œuvre une proposition de loi « coupant l’herbe sous le pied des faussaires qui pullulent de plus en plus au Maroc ». Pour cela, la gendarmerie royale a autorisé sa fondation à utiliser son laboratoire d’analyses pour dater au carbone 14 les nombreuses œuvres d’art suspectées d’être des copies.

La fondation se dotera d’ailleurs au mois de février prochain d’une commission de validation et d’acquisition des œuvres d’art avec des experts indépendants chargés d’entériner tout nouvel achat.

Revenant sur l’ouverture récente du musée Mohammed VI à Rabat, M. Qotbi affirme qu’il totalise actuellement 50.000 visiteurs, ce qui d’après lui prouve que le Maroc a soif de culture et de connaissance. Interrogé sur le manque d’audio-guide pour découvrir les collections du nouveau musée, M. Qotbi plaide coupable et annonce avoir lancé un appel d’offres pour régler le problème.

Sur ses prochaines réalisations, Mehdi Qotbi affirme qu’un musée d’archéologie et des sciences de la terre verra bientôt le jour à proximité du futur grand théâtre de Rabat. Ce nouveau musée ne devrait avoir aucun mal à être  alimenté par les « richesses inestimables dormant dans les caves du Maroc ».

Interrogé sur l’éventuelle mise en œuvre d’une stratégie nationale qui ne se limiterait pas aux seules grandes villes du Maroc, il annonce que le cabinet de conseils Mac Kinsey élaborera un plan d’action culturel pour les prochaines années en concertation avec son institution.

La fondation a cependant pour priorité de travailler sur la consolidation des musées existants car ce travail d’entretien a été négligé depuis l’Indépendance. Certains musées seront fermés en attendant leur restauration pour donner aux responsables les moyens de travailler dans de bonnes conditions.

Concernant le financement de ce chantier de restauration, M. Qotbi assure compter sur la générosité d’amis hommes d’affaires qui seront invités à mettre la main à la poche. Il annonce qu’une réunion aura bientôt lieu pour que chaque banque marocaine prenne en charge une partie du budget des musées du Maroc.

Le secteur privé doit prendre la relève car l’Etat ne peut rien faire seul pour la culture même si selon lui, le Chef du gouvernement fait tout pour lui faciliter sa tâche. A partir du mois de mars 2015, la fondation disposera d’un budget formalisé par le ministère de l’Economie et des finances avec une vraie visibilité pour l’avenir.

Mehdi Qotbi annonce aussi qu’il est en discussion « constructive » avec le ministère de la Culture pour récupérer plus d’une trentaine d’œuvres achetées par ce département mais jamais exposées.

Sur la programmation à venir, sa fondation a pour ambition d’encourager la création en partenariat avec le festival du Boulevard de Casablanca. En marge du prochain festival musical Mawazine qui a lieu chaque année en mai à Rabat, des artistes graphistes investiront les rues de la capitale afin de promouvoir le street art.

Le 8 janvier prochain aura lieu un hommage au grand peintre Farid Belkahia, au musée Mohammed VI dont le directeur initiera des rendez-vous mensuels pour démocratiser la culture en lançant une dynamique de coopération avec l’ONA, la CDG et la Banque centrale du Maroc.

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