Polémique autour d’un amendement PJD sur les jeux du hasard
Le gouvernement, sous l'impulsion du ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, a élaboré un projet loi relatif à la publicité. Un amendement visant à interdire la publicité des jeux de hasard a causé des remous. Qui l’a présenté? y a-t-il une arrière-pensée idéologique à cet amendement?
L'information a fait des vagues: certains de nos confrères ont rapporté que le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, ou le groupe de son parti, a déposé un amendement visant à interdire la publicité pour les jeux de hasard dans les médias, et qu'il a ensuite retiré l'amendement suite aux protestations du ministre de la Jeunesse et des sports, Mohamed Ouzzine.
Contacté par Médias24, le ministre de la Communication Mustapha El Khalfi n'a pas souhaité se prononcer sur ce sujet, estimant qu'il est "du ressort du parlement". Du côté des parlementaires PJD, on confirme l’existence de l’amendement et on dément son retrait: "l'amendement n'a pas été retiré", nous déclare Abdellah Bouanou, président du groupe du PJD au parlement, qui précise que son groupe a proposé cet amendement ainsi que "cinq autres, visant à protéger le consommateur et les spectateurs mineurs".
Abdellah Bouanou explique que cet amendement "tire sa source des cahiers des charges de l'audiovisuel, qui interdisent la publicité des jeux de hasard, et qui ont été approuvés par la Haca".
Les dispositions du projet de loi
Le projet de loi 83.13 (consultable ici), complétant la loi 77.03 relative à la communication audiovisuelle, comporte des dispositions qui interdisent toute publicité "portant atteinte à la femme ou comprenant un message de nature à diffuser des stéréotypes négatifs, une image d'infériorité ou inciter à la discrimination à l'égard de la femme en raison de son sexe", et impose aux opérateurs de "contribuer à la lutte contre la discrimination en raison du sexe".
Le projet de loi lutte, également, contre la discrimination raciale, en interdisant les programmes télévisuels "susceptibles de faire l'apologie de la violence ou inciter à la discrimination raciale".
La mouture initiale du projet de loi ne comporte aucune disposition relative à l'interdiction de la publicité des jeux de hasard. L'amendement visant à établir cette interdiction a été, par la suite, proposé par le groupe parlementaire du PJD, et sera discuté lors de la prochaine réunion de la Commission de l'enseignement et de la communication, qui se tiendra mardi ou mercredi prochain, apprend Médias 24 de source informée.
Des polémiques qui se greffent
La polémique suscitée par cet amendement intervient quelques jours après la publication d'articles mentionnant que Salaheddine Yatim, fils du député PJD Mohamed Yatim, a remporté 500.000 DH dans un tournoi de poker organisé à Marrakech. Une information qui a enflammé médias et réseaux sociaux, certains accusant le PJD de mener double-jeu et double-discours. Mohamed Yatim, lui, a expliqué qu'il ne peut interférer dans les décisions de son fils, et a estimé le poker n'est pas interdit par la religion.
Le PJD exclut, néanmoins, toute motivation d'ordre idéologique dans sa décision d'amender le projet de loi 83.13. "Nous avons constaté que les publicités des jeux de hasard, malgré l’heure tardive de diffusion, sont regardées par environ 900.000 mineurs", clarifie une source du parti qui cite des chiffres de Marocmétrie.
"Le PJD peut-il faire interdire la publicité pour une activité légale? Une source du parti juge que oui, citant l'exemple de la cigarette
"Mais le PJD n’avait qu’à faire figurer cette disposition dans la mouture initiale du projet de loi", affirme un détracteur du parti de la lampe. "Pourquoi passer par le groupe parlementaire ? Cela signifie que le PJD a des positions idéologiques qu’il n’assume pas", poursuit-il.
Le PJD agit-il avec une arrière-pensée idéologique? Non, affirme la source du parti.
Un avis que les opposés au parti ne partagent pas, y voyant un amendement en cheval de Troie, destiné à "dissimuler des décisions idéologiques derrière des arguments d'un autre type", affirme l'opposition.
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