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Tribunaux militaires, esclavage, liberté de mouvement restreinte et parti unique: la vie à Tindouf selon HRW

L’organisation internationale Human Rights Watch publie un rapport sur les conditions de vie et les droits humains dans les camps de Tindouf administrés par le Polisario en territoire algérien. Un tableau sinistre et inquiétant.

Tribunaux militaires, esclavage, liberté de mouvement restreinte et parti unique: la vie à Tindouf selon HRW
Jamal Amiar
Le 20 octobre 2014 à 9h37 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Depuis 1976 qu’environ 100.000 réfugiés sahraouis -90 à 125.000 selon les agences de l’ONU- vivent sous les tentes à Tindouf répartis en cinq camps, il n’existe ni eau courante ni sanitaires. Mais ceci n’est qu’un constat trivial d’une situation dramatique qui dure depuis 40 ans.

Dans un rapport intitulé «Pas sur les écrans: les droits humains dans les camps de réfugiés de Tindouf» Human Rights Watch développe une longue liste de conditions de vie précaires et de violations de droits de l’homme.

 

 

Ainsi note-t-elle la poursuite de pratiques esclavagistes illustrée par des interviews filmées et mises en ligne par HRW. Selon HRW, «les victimes sont dans de nombreux cas des Sahraouis ayant la peau foncée».

Sur le plan de la justice, les camps de Tindouf ne connaissent aucune juridiction autre que militaire. HRW note également le cas de prisonniers dont la détention préventive est excessive ou parfois le cas de prisonniers politiques que l’on laisse croupir en prison au-delà du terme de leur peine.

«Traduire des civils devant des tribunaux militaires est une violation d’une norme fondamentale des droits humains internationaux», selon HRW. Ces tribunaux militaires ne disposent pas d’instance d’appel. HRW demande dans son rapport «la fin de la compétence des tribunaux militaires sur les civils» et de «redoubler d’efforts pour éradiquer tous les vestiges de l’esclavage».

Sur le plan politique, aucun autre parti politique n’est autorisé dans les camps placés sous l’étroite surveillance des militaires algériens. Le leader séparatiste Mohamed Abdelaziz dirige les camps depuis 1976.

En matière de liberté de mouvement, un cas emblématique fait l’actualité à Tindouf et à Alger depuis fin août. Il s’agit du cas de la jeune Mahjouba Mohamed Hamdidaf, 23 ans, et détentrice de la nationalité espagnole qui a rendu visite à ses parents dans les camps cet été.

 M. Hamdidaf devait quitter Tindouf par un vol le 18 août dernier, mais elle n’a pas pu le faire. Malgré les interventions de HRW, ni le Polisario ni les autorités algériennes n’ont pu donner d’explications crédibles. Personne ne sait si elle est retenue par sa famille, par le Polisario ou des militaires algériens.

Pourtant selon le consul d’Espagne à Alger Cristian Font, «Mahjouba Hamdidaf a exprimé à plusieurs reprises son souhait de retourner en Espagne». Pour Brahim Ghali représentant du Polisario à Alger, «le Polisario négocie avec sa famille»  rapporte HRW. En attendant, Mahjouba Hamdidaf reste introuvable.

En règle générale, les réfugiés de Tindouf ont besoin d’une autorisation administrative algérienne pour se déplacer dans le reste du territoire algérien. Selon HRW, leurs passeports leur sont retirés lorsqu’ils rentrent d’un déplacement à l’étranger comme c’est pour le cas de cadres du Polisario ou d’autres fonctionnaires en poste dans les camps de Tindouf.

HRW rappelle dans son rapport de 94 pages  que si  «le Polisario gouverne les camps de réfugiés, c’est à l’Algérie qu’il incombe en fin de compte d’assurer la protection des droits de toutes les personnes vivant sur son territoire».

HRW demande de manière formelle dans son rapport que «l’Algérie devrait connaître publiquement sa responsabilité légale de veiller au respect des droits de toutes personne se trouvant sur son territoire, y compris les résidents des camps de réfugiés administrés par le Polisario».

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Tags : eau
Jamal Amiar
Le 20 octobre 2014 à 9h37

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