Sécurité, le préfet de police de Tanger remplacé à la veille de la saison d'été
Muté à Tanger en mai 2012 alors qu’il dirigeait la préfecture de police d’Oujda, le commissaire Abdellah Belahfid a été remplacé ce mardi par Mouloud Oukhouya, préfet-adjoint de la police de Rabat jusqu’à ce dernier week-end.
Le départ d’Abdellah Belahfid de la préfecture de police de Tanger a constitué une surprise, intervenant à l’ouverture du mois de ramadan. Mais la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a dû juger préférable d’opérer ce changement à la veille de la saison d’été toujours très exigeante à Tanger. Crime organisé, réseaux de prostitution et d’émigration clandestine et sécurité routière constituent quelques-uns des soucis de la police tangéroise.
Outre les affaires du holdup armé non résolu et des affrontements récurrents entre agents de la police, militants salafistes et dealers qui ont fait douter de l’efficacité de la police locale au cours de ces derniers mois, il semble qu’une série de vols intervenus au cours du dernier semestre dans des villas du quartier cossu de La Montagne, dont la résidence d’un prince saoudien, a poussé vers le changement de direction de la police tangéroise.
La passation des pouvoirs entre l’ancien et le nouveau préfet s’est déroulée ce mardi 1er juillet mais aucun journaliste n’a été autorisé à y assister. Après la passation formelle en présence de nombreux gradés, une réunion plus restreinte s’est tenue en présence de responsables de la DGSN.
Affaires et tensions
L’actualité sécuritaire et policière à Tanger a été secouée par de nombreuses affaires au cours de ces derniers mois dont un hold-up armé spectaculaire contre un transport de fonds à la porte d’une agence Attijariwafabank le 24 février dernier sur une artère très fréquentée, l’avenue Moulay Abdelaziz.
Avec un butin estimé à près de 7 MDH, ce hold-up reste sans solution. Le jour du crime, appel avait été fait à un hélicoptère, mais les braqueurs et leur véhicule restent introuvables depuis plus de 4 mois.
Les autres affaires concernant la police tangéroise touchent à la sécurité publique et aux filières de recrutement djihadiste pour la Syrie. Ce dernier type d’affaires se situe à cheval entre le politique et la délinquance pour certains dossiers. Plusieurs perquisitions et interpellations ont eu lieu à Tanger depuis la fin de l’année 2013, mais le phénomène ne semble pas connaître de répit puisqu’un jeune homme originaire du quartier de Béni Makada a été interpellé il y a deux semaines alors qu’il sortait de la perception du Trésor au quartier administratif à quelques pas du commissariat central.
Au cours de ces derniers mois, plusieurs interventions de la police à Béni Makada ont tourné à l’affrontement entre agents de la police, militants salafistes et dealers.
Par deux fois en février et en mars derniers, des affrontements avaient opposés des agents à des militants et à des dealers avec également en filigrane «la défense» des marchands ambulants autour du marché principal de Béni Makada. Des sources policières indiquaient que certains quartiers leur étaient devenus impossible d’accès.
Au cours du premier trimestre de l’année en cours, la situation sécuritaire avait commencé à donner de véritables soucis aux autorités tiraillées par le succès apparent du holdup du lundi 24 février et des quartiers devenus inaccessibles à ses agents.
C’est dans ce contexte que lors d’une visite à Tanger en mars dernier, le Roi Mohammed VI modifiera sans prévenir son agenda pour se rendre au moins deux fois en une même semaine par lui-même constater l’état des quartiers de la périphérie tangéroise.
Mais l’usage d’armes à feu et le militantisme extrémiste religieux ne sont pas les seuls défis auxquels sont confrontés les services de sécurité tangérois. Ville doublement portuaire dont la population est passée de 700.000 habitants à 1 million d’habitants en 10 ans, Tanger croit sur le plan urbain, ses besoins et ses problèmes également.
Mouloud Oukhouyaqui a pris ses fonctions de préfet de police à Tanger aura beaucoup communiqué et expliqué l’action de la DGSN lorsqu’il était en poste à Rabat, notamment sur la sécurité en milieu scolaire et l’affaire de Mechra Belksiri qui avait vu un agent abattre trois de ses collègues.
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