Transport urbain à Tanger, Alsa est en retard, lancement reporté
Le gestionnaire délégué du transport urbain de Tanger qui devait officiellement démarrer son service avec une nouvelle flotte de 118 autobus ne le fera finalement qu’un mois plus tard, selon un communiqué de la commune urbaine de Tanger. Raison invoquée : la livraison des autobus a du retard.
Cependant comme Médias 24 a pu le constater ce vendredi 2 mai, si la livraison de l’ensemble des autobus commandés a du retard, celle-ci n’est pas, loin de là, la seule raison du report. En effet, les travaux au siège d’Alsa tout comme sur la station-service, les postes de lavages et les bureaux administratifs ont pris du retard. Alsa ne dispose même pas de standard téléphonique à Tanger.
Si le communiqué de la mairie et le maire ne communiquent donc que sur une partie des motifs du retard. Cette communication partielle peut avoir comme conséquence de limiter le montant des dommages et intérêts que doit verser Alsa à la ville, et donc affaiblir la marge de négociation de certains responsables communaux.
Contacté à ce sujet, le maire de Tanger Fouad Elomari (PAM) indique que «des grèves chez le carrossier ont provoqué ces retards», information que nous n’avons pas pu vérifier. Ce qui reviendrait en partie à dire que ce retard est «indépendant de la volonté» des deux parties contractantes.
Le contrat entre la ville de Tanger et Alsa a été signé pour une durée de 10 ans après plus de 13 ans de service de la part d’une autre société espagnole, Autasa du groupe Ruiz. Depuis quelques années, celle-ci s’est tournée localement vers le service lucratif du transport du personnel des zones industrielles de la région.
La commune de Tanger a publié un communiqué le 29 avril signé du maire de la ville, soit trois jours avant le début du service, pour informer de ce retard. Joint au téléphone, le maire Fouad Elomari indique à Médias 24 qu’ «il a préféré prendre cette décision pour ne pas avoir un démarrage du service avec une flotte composée à moitié de véhicules d’occasion et ne pas essuyer les critiques des Tangérois».
Depuis l’automne dernier, Alsa avait importé des autobus espagnols d’occasion sous le régime douanier de l’admission temporaire et démarré le service de transport affichant partout que le service avec la nouvelle flotte démarrerait le 1er mai. Ces dernières semaines, des autobus avec des plaques d’immatriculation se terminant par le numéro de Marrakech, le 26, avaient fait leur apparition sur les avenues de Tanger.
La veille de la publication du communiqué de la commune de Tanger, le 28 avril, aucune information n’avait encore filtré sur un éventuel report du démarrage d’Alsa sur Tanger avec une flotte d’autobus neufs. Le 30 avril, c’est-à-dire le lendemain de la publication du communiqué de la commune urbaine annonçant le report, des élus du conseil de la ville de Tanger n’en étaient toujours pas informés comme Médias 24 a pu le constater lors de différents échanges.
Pour sa part, si l’Espagnol Alsa a communiqué le 26 avril dernier en publiant sur son site un communiqué annonçant «le démarrage de ses opérations à Tanger le 2 mai», aucune communication n’a été faite par lui sur le report.
Les autobus déjà livrés à Alsa sont actuellement visibles sur le parking du siège dont la société de transport urbain achève la construction près de la fac des sciences à Boukhalef ainsi que sur un parking mitoyen de l’aéroport Tanger-Ibn Battouta. De couleur bleue, les autobus portent des décorations de motifs de moucharabiehs dans les mêmes tons.
Alsa gère le transport urbain de Marrakech depuis 1999 et celui d’Agadir depuis 2000. Tanger est son troisième marché marocain le plus important. Alsa Espagne est une filiale du groupe de transport britannique National Express. A Tanger, Alsa doit desservir 43 lignes urbaines et péri-urbaines.
Outre une flotte neuve, Alsa avait également annoncé dans son communiqué du 26 avril, la mise en place d’autobus à bas plancher et aux émissions de gaz de carbone faibles, ainsi que la mise en service des véhicules de capacité réduite selon les lignes desservies pour s’adapter au trafic et à la largeur des rues. Sont également annoncés la mise en place de systèmes d’information en temps réel sur le passage des autobus aux arrêts. Près de 30 millions de voyageurs prennent l’autobus chaque année à Tanger.
Ce couac dans la gestion par la commune urbaine de Tanger de l’important dossier du transport urbain ne va pas contribuer à rendre les citoyens plus confiants dans la gestion des affaires locales, une vraie tare de la gouvernance du pays depuis des décennies.
Il y a deux semaines, des élus communaux avaient imposé au maire de la ville la création de huit commissions chargées du suivi de la mise en œuvre du plan Tanger-Métropole et du budget communal y afférant.
Dans le même temps, plusieurs dossiers ayant trait à des autorisations de construire ou à la gestion juridique et fiscale des balnéaires de la baie de Tanger font l’objet d’échanges entre élus et de visites de la part de responsables du ministère de l’Intérieur et de la Cour des comptes.
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