Aviation d’affaires, le marché marocain devient le plus prometteur en Afrique
Le Maroc devient un marché pour l’aviation d’affaires et la présence massive des constructeurs de jets privés au Marrakech Air Show en atteste. De tous les pays du continent africain, le Royaume est celui qui semble le plus prometteur en termes de ventes potentielles.
La niche de l’aviation d’affaires n’arrête pas de croître dans le secteur du transport aérien au Maroc. La multiplication du nombre d’utilisateurs d’avions privés suscite l’intérêt des constructeurs venus présenter en force leurs catalogues au salon de l’aéronautique de Marrakech.
Les Marocains qui s’offrent les petits bijoux volants à des fins professionnelles sont de plus en plus nombreux. Si le Maroc a toujours eu des aéro-clubs dans de nombreuses villes du royaume, l’aviation d’affaires aiguise depuis une décennie les appétits des vendeurs de tous horizons.
La présence massive des américains, français, brésiliens est significative de leur intérêt pour cette clientèle marocaine d’un nouveau type. Ils se sont tous donné rendez-vous au 4e Air show dans la ville ocre pour développer leur carnet de commandes en exposant plus d’une vingtaine d’avions sur le tarmac de la base aérienne de Marrakech.
L’intérêt des chefs d’entreprises pour l’efficacité du jet privé est de plus en plus grand et face à cette demande, c’est donc sans surprise que l’offre de jet privé au Maroc est également en croissance. A titre d’exemple, Des sociétés puissantes comme la SNI, Maroc Telecom ou Akwa possèdent leurs propres avions, destinés au transport des dirigeants.
Si certains constructeurs comme les Brésiliens font leur premier déplacement au Maroc, d’autres comme les Américains ou les Français sont présents au Royaume depuis de nombreuses années. L’offre présentée à Marrakech est multiple et dépend bien évidemment du budget alloué pour l’achat de l’avion convoité. Soulignons que les Gulfstream américains ou les Falcon français sont parmi les avions privés les plus chers parmi ceux présentés à Marrakech. Il faut en effet compter plus de 50 millions de dollars pour acquérir un exemplaire de ces «Rolls» de l’aviation d’affaires.
Si les constructeurs préfèrent rester discret sur le volume de leurs ventes au Maroc, ils insistent sur le fait que le Maroc est un client prometteur et qu’ils n’ont pas atterri par hasard au royaume.
Concernant les avions Falcon, modèle développé par Dassault Aviation, les heureux propriétaires marocains sont au nombre de dix selon nos sources.
Les vendeurs interrogés sont tous unanimes pour affirmer que l’Afrique est leur nouvelle cible et que le Maroc est en tête de liste du continent pour écouler leur production.
A ce propos, ils n’excluent pas d’installer des succursales à Casablanca pour utiliser le pays comme tremplin vers tout le continent africain.
La clientèle marocaine est celle des hommes d’affaires. Si les montants pour acquérir un avion privé peuvent sembler faramineux au commun des mortels, il existe une offre beaucoup moins chère.
C’est le cas du constructeur aéronautique brésilien «Embraer» qui fait sa première apparition au Maroc et propose des avions de petite ou de moyenne taille à des prix compris entre 5 et 15 millions de dollars.
Le canadien Bombardier et l’américain Cessna ont aussi manifesté leur intérêt pour le marché marocain en exposant plusieurs avions sur le tarmac marrakchi. Si le 1e jour du Air show était consacré à la visite des autorités ministérielles et militaires, Médias 24 a pu constater que de nombreux clients potentiels marocains visitaient l’intérieur des jets privés et que les commerciaux des constructeurs avaient fort à faire pour présenter leur offre.
Si l’avion d’affaires peut s’avérer rentable pour l’entreprise marocaine qui décide d’acquisition un jet privé, il n’est cependant pas nécessaire pour la société de détenir elle-même son propre avion.
Elle peut aussi acquérir un appareil neuf ou d’occasion avec une autre entreprise en devenant copropriétaire.
Il faut aussi rappeler que depuis 2004, 7 compagnies de jets privés ont vu le jour qui exploitent une dizaine d’avions et qui sont en mesure d’affréter des appareils étrangers en cas de besoin. Elles proposent un service à la carte en louant leurs avions pour des trajets nationaux ou même intercontinentaux à raison de 30.000 à 50.000 dirhams de l’heure de vol.
La première compagnie marocaine du genre est Medi Business Jet (MBJ) a été lancée en 2004 par trois grands patrons marocains qui ont mis en commun leurs appareils mais d’autres compagnies comme Alfa Air, Dalia Air ou Med Air Ways ont fait leur apparition pour développer le concept d’avion-taxi. Notons que la société de location Héliconia propose aussi des déplacements nationaux en hélicoptère aux clients pressés à raison de 15.000 dirhams de l’heure.
Bien que les avions privés semblent se multiplier dans le ciel marocain, le volume du marché reste difficilement quantifiable en l’absence d’études récentes publiées par le ministère du transport ou de la direction de l’aviation civile marocaine.
À découvrir
à lire aussi
Article : DOCUMENT. Drones, intégration opérationnelle, sites : le saut stratégique de l'alliance militaire Maroc-USA
Un document américain donne de nouveaux détails sur la feuille de route militaire maroco-américaine 2026-2036. Le Maroc devient la clé stratégique du détroit de Gibraltar et du Sahel.
Article : Trains RER: L'ONCF s'associe à la Corée du Sud pour structurer son futur réseau
Dans l'optique de fluidifier le transport au sein des grandes métropoles régionales d'ici 2030, l'ONCF confie la réalisation et le suivi technique de son futur réseau RER à l'industrie ferroviaire sud-coréenne. Hyundai Rotem assurera l'entretien sur deux décennies tandis que KORAIL encadrera le contrôle qualité de la production et le transfert de compétences vers les équipes marocaines.
Article : Sortie de l'acier, tensions géopolitiques, Mondial 2030... La stratégie d'Aluminium du Maroc expliquée par Abdeslam El Alami
Le groupe industriel installé à Tanger a validé la sortie de son activité acier lors de son conseil d'administration du 12 mai dernier. Son PDG, Abdeslam El Alami, invité du 12/13 de Médias24, explique les raisons de cette décision, revient sur l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur ses approvisionnements en billettes d'aluminium, et anticipe la demande du secteur à l'horizon 2030.
Article : Épisode 5. Une nation en mission : quand le football rassemble diplomates, institutions et citoyens dans une même aventure
Les épisodes précédents ont montré comment plusieurs centaines de Marocains ont traversé la planète pour soutenir les Lionceaux de l’Atlas lors de la finale de la Coupe du monde U20 au Chili et comment les joueurs eux-mêmes considéraient ce public comme un acteur de leur réussite. Derrière les joueurs et les supporters se trouvait un ensemble beaucoup plus vaste d’acteurs qui avaient le sentiment de participer à la même mission. Des employés de la Royal Air Maroc aux équipages des avions, des diplomates aux responsables institutionnels, chacun semblait mobilisé autour d’un objectif commun.
Article : Grâce au programme “Nasmaa”, 56 patients opérés pour retrouver le chemin de l'audition
Ils viennent du Maroc, de Palestine ou de plusieurs pays africains. Pour certains, le son n'a jamais fait partie de leur quotidien. Grâce à une nouvelle campagne du programme Nasmaa menée sous l'égide de la Fondation Lalla Asmaa, 56 enfants et jeunes adultes ont franchi une étape décisive vers l'audition.
Article : L'embellie historique des barrages masque encore la fragilité des nappes
Avec 12,6 milliards de mètres cubes stockés au 19 juin 2026, soit un taux de remplissage de 74,43 %, les barrages marocains renouent avec des niveaux inégalés depuis août 2015. Une embellie portée par le bassin de l'Oum Errabiâ, mais qui ne doit pas masquer la vulnérabilité des nappes phréatiques, loin de leurs niveaux d'avant la sécheresse.