Présidence de la chambre des représentants : Talbi favori, Mansouri outsider
Si Rachid Talbi Alami fait figure de candidat présentant le plus de chances d’être élu à la tête de la chambre basse marocaine, Mustapha Mansouri, également du RNI, n'exclut pas de se présenter. Il a déjà occupé le perchoir de 2007 à 2010.
Comme tous les trois ans, le poste pour la présidence de la Chambre des représentants va être vacant et faire l’objet d’un vote des groupes parlementaires pour élire un nouveau président. Le vote doit avoir lieu dans la deuxième quinzaine d’avril.
Ce dernier devra être issu de la coalition gouvernementale qui a tranché officieusement le choix d’un candidat commun lors des négociations du dernier remaniement ministériel. Forte de son poids numérique, la majorité ne devrait éprouver aucun mal à élire le candidat du parti du RNI et à moins d’un coup de théâtre, c’est Rachid Talbi Alami qui sera le 12e président de la chambre basse.
Un candidat qui prend son mal en patience
Depuis des mois, Rachid Talbi Alami est donné favori dans la course à la succession du perchoir sans doute pour pallier à l’absence de son nom dans la liste des ministrables présentée par le parti de la colombe. Numéro 2 du parti de la colombe, Rachid Talbi Alami est le porte-parole officiel du RNI et cumule, outre le siège de député de la circonscription de Tétouan, la présidence de la région Tanger-Tétouan depuis 2009. Du temps de l’ancien chef du gouvernement Driss Jettou, il a été deux fois ministre de l’Industrie et du commerce ainsi que celui des Affaires économiques et générales. Il faut croire que cet expert en finances n’est pas un novice en matière de gestion de la chose publique et que, s’il n’a pas été nommé ministre en octobre 2013, il attend patiemment son heure de gloire.
Joint par notre rédaction, M. Alami se refuse à confirmer officiellement l’information selon laquelle il serait candidat au perchoir de la chambre basse. Il préfère ne pas insulter l’avenir en dévoilant hâtivement son programme législatif mais il n’infirme pas sa probable désignation par les instances de son parti qui a toujours convoité ce poste stratégique. Aux dernières élections de la présidence de la chambre des représentants en 2011, le parti de Salaheddine Mezouar avait désigné Mohamed Abbou pour décrocher une 4e présidence contre Karim Ghellab. Rappelons que le RNI a présidé trois fois la Chambre des représentants par le biais de Dey Ould Sidi Baba (1977-1983), Ahmed Osmane (1984-1992) et de Mustapha Mansouri (2007-2010).
Rachid Talbi Alami loue le travail effectué par Karim Ghellab son probable prédécesseur mais ne manque pas de souligner que beaucoup reste à faire pour donner un nouvel élan au travail législatif.
Mustapha Mansouri, l’outsider du RNI
Face au refus de Karim Ghellab de démissionner après le retrait de l’Istiqlal de la précédente coalition gouvernementale, Rachid Talbi Alami s’est fait fort de prendre son mal en patience et d’attendre la future désignation du nouveau président à l’occasion de la session parlementaire de printemps.
Si en apparence, il a toutes les chances de remporter le scrutin à venir, certains au sein de son propre parti contestent sa candidature et lui préfèrent le nom de l’ancien président du RNI et de la chambre basse Mustapha Mansouri.
Dans une déclaration à Médias24, ce dernier n’exclut pas de se présenter si d’aventure, il recueillait l’adhésion des troupes de son parti. Mettant en avant son expérience d’ancien président de la chambre des représentants, il se pose en alternative crédible qui de plus a une légitimité historique. Si l’hypothèse de son élection est peu crédible, certains au sein de son parti y voient une réhabilitation d’un homme qui avait été débarqué du poste de président du RNI par Salaheddine Mezouar.
Des chantiers législatifs d’importance en attente d’un nouveau président
Quelque soit le président qui sera élu, les parlementaires auront un rôle essentiel à jouer pour développer une diplomatie parlementaire économique qui n’est pas encore assez exploitée. Tout comme M. Mezouar, ministre des Affaires étrangères, avait initié la diplomatie économique, le RNI veut à travers M. Alami développer un travail de diplomatie parlementaire.
Grâce aux nouvelles prérogatives du parlement, le parti de la colombe veut s’inscrire dans une nouvelle dynamique pour réformer cette institution législative en s’attaquant à des dossiers qui traînent depuis des années.
Ainsi, le deuxième chantier qui fait l’objet d’attentes de la part des parlementaires, est le lancement de la chaîne télévisée parlementaire. Placé là aussi sous l’égide du futur président de la 1e chambre, malgré son importance, ce dossier est sans cesse reporté. Tous les représentants du peuple s’accordent pourtant à dire que c’est le meilleur moyen de mettre en avant leur travail auprès des administrés.
L’ouverture de la session parlementaire prévue pour la 14 avril prochain sera l’occasion pour les députés de renouveler toutes les structures de la Chambre des représentants. Outre le président, ce renouvellement concernera également les membres du bureau de la chambre des représentants et les présidents des commissions permanentes. Le président sortant Karim Ghellab qui maintient le suspense sur une éventuelle nouvelle candidature ira sans doute grossir les rangs de son parti dans l’opposition car même le cas échéant il ne serait plus en mesure de rallier une majorité pour être élu au perchoir.
A moins d’une surprise de dernière minute, il semble que pour tourner la page de l’Istiqlal qui avait fait défection à l’ancienne majorité, la nouvelle coalition gouvernementale aura à cœur d’élire le seul candidat qui fait actuellement l’unanimité.
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