L’UGTM mobilise pour une confrontation contre Benkirane
Le syndicat de l’Istiqlal fait monter la pression sur le gouvernement en le menaçant d’une marche de protestation en février, et éventuellement une grève générale, pour dénoncer la politique sociale initiée par le chef du gouvernement.
L’UGTM a décidé lors d’une réunion lundi 20 janvier de passer à la vitesse supérieure contre le gouvernement. Le communiqué du syndicat exprime son mécontentement contre Benkirane accusé de s’entêter à brider le dialogue avec les partenaires sociaux. Pour dénoncer des mesures qualifiées d’impopulaires et l’entêtement du chef de l’exécutif à faire cavalier seul, la centrale de l’Istiqlal programme des actions d’éclat pour le mois de février.
L’escalade: marche nationale et grève générale
Les dirigeants du syndicat ont prévu à l’issue de leur réunion extraordinaire de mettre en œuvre dans un premier temps une grande marche de mobilisation nationale dans la capitale où tous les déçus de Benkirane sont invités à se joindre au cortège des mécontents pour faire entendre leurs voix.
Dans le cas où le gouvernement ne prendrait pas en considération cet avertissement, l’UGTM déclare n’avoir d’autre choix que d’appeler à une grève générale.
Le syndicat affirme être dans son rôle et se défend de vouloir créer une instabilité ou des tensions menant à une confrontation. Une coordination avec les autres syndicats (UMT, CDT, FDT) est à l’ordre du jour pour une mobilisation maximale afin d’organiser une grève générale nationale avec «l’objectif affiché et assumé de paralyser l’ensemble du territoire». Pour l’UGTM, seul une telle démonstration de force pourra faire fléchir «Benkirane qui ne comprend que les rapports de force».
L’UGTM reproche à Benkirane de mettre en danger la paix sociale
Pour l’UGTM, le chef du gouvernement s’entête «contre vents et marées» à porter atteinte au pouvoir d’achat des citoyens et des travailleurs marocains. Benkirane est accusé de ne pas tenir ses promesses de campagne en gelant les salaires et l’avancement des fonctionnaires et en augmentant les impôts directs et indirects. La centrale syndicale dénonce aussi le fait qu’il ne respecte aucune disposition de la convention signée le 11 avril 2011 qui prévoyait de réformer à la hausse le système salarial pour le secteur agricole et industriel, devait supprimer le plafonnement des retraites et indemnisait les travailleurs des régions lointaines
Le syndicat soutient que le gouvernement recourt à des solutions de facilité qui vont à l’encontre de l’intérêt des citoyens. Au lieu de créer des emplois, Benkirane ne remplacerait pas les postes laissés vacants par les départs à la retraite en invoquant l’intérêt de la caisse des retraites. La centrale cite aussi les libertés syndicales qui seraient bafouées et l’investissement public passé par pertes et profits au détriment du développement humain.
Déclarations de l’UGTM à Médias 24
Dans un souci d’en savoir plus sur les motivations du syndicat, nous avons interrogé deux dirigeants de l’UGTM.
Le secrétaire national du syndicat, Larbi Kebbaj nous affirme que la décision de marcher en guise de protestation et d’appeler à la grève générale le cas échéant s’imposait car Benkirane est selon lui inflexible. Malgré les sollicitations et appels du pied des partenaires sociaux, ce dernier refuse de répondre positivement aux centrales selon la même source.
Face au «package impopulaire» que propose le chef du gouvernement, la conclusion de l’UGTM est qu’il n’a d’autres choix que d’acculer ce dernier par des actions spectaculaires. Il qualifie les deux années au pouvoir du chef de l’exécutif «d’années blanches pour le dialogue social» remplacé par un véritable dialogue de sourds.
«Benkirane ne cherche pas à négocier des solutions consensuelles mais fait ce que bon lui semble sur le dos des travailleurs et refuse le dialogue car il pense avoir anéanti le pouvoir de nuisance des syndicats».
Interrogé sur la marche de protestation organisée par le mouvement du 20 février le dimanche 26 janvier prochain, Kabbaj nous affirme que l’UGTM n’a pas été sollicité mais reste ouvert à une éventuelle participation.
Mohamed Kafi Cherrat, président de la commission de gestion de l’UGTM assure que la marche prévue est un moyen d’exprimer un ras le bol et de pousser le chef du gouvernement à s’asseoir autour d’une table pour prendre en compte leurs doléances. Cherrat affirme que l’unique souci de son syndicat est de «venir en aide au calvaire des travailleurs qui peinent à joindre les deux bouts». Il cite l’incohérence de Benkirane qui est passé de l’indexation en septembre dernier à la décompensation des carburants à partir du 1er février prochain qu’il prédit terrible pour l’avenir.
Les deux dirigeants syndicalistes affirment que la politique de rigueur budgétaire prônée par Benkirane pour tenter de rétablir les équilibres macroéconomiques va toucher les équilibres sociaux au détriment du peuple marocain dans une perspective explosive.
Ce qui est sûr, c’est que l’on risque d’assister dès février à l’ébauche d’un 1er mai avant le 1er mai dans une dynamique de confrontation qui ne pourra aller que crescendo jusqu’à la fête du travail.
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