La garde civile espagnole expulse illégalement des immigrants clandestins
L’information fait l’effet d’une bombe dans la presse ibérique. Selon El Pais, la garde civile espagnole expulse illégalement des immigrants clandestins vers le Maroc, faisant fi de la loi sur les étrangers et des accords en matière de migration.
C’est à travers la porte A13 de la clôture de Melilia que les agents de sécurité espagnols expulsent secrètement des immigrants clandestins vers le Maroc, renvoyant ainsi toute la responsabilité au Royaume, souligne El Pais dans son édition du lundi 18 novembre.
Le quotidien espagnol, qui a eu accès à une conversation téléphonique entre des agents de la Garde civile datant du 26 avril, révèle que ce jour-là, la Garde civile a procédé au rapatriement d’immigrants clandestins vers le Maroc. Cette opération appelée « le renvoi chaud » est régulièrement mise en application, écrit le quotidien.
Pourtant, le préfet de Melilila, Abdelmalik El Barkani, a souvent démenti cette pratique, illégale selon la loi sur les étrangers et le décret royal 557 de 2011.
Justement, cette loi stipule que les étrangers entrant illégalement en Espagne seront menés au poste de police le plus proche, afin qu’ils soient identifiés, et éventuellement rapatriés.
A melilila, les immigrants clandestins doivent être transférés au centre d'accueil temporaire des immigrants (CETI).
Mais la réalité est toute autre. Entre 20% et 30 % de ces immigrants ne posent jamais les pieds dans le CETI. Cet écart ne peut s'expliquer que par « le renvoi chaux », écrit El Pais.
Prodein Melilla, une association de défense des sans papiers, dénonce souvent les expulsions illégale de la garde civile, notamment à travers la porte A13, seul espace de la clôture où il n'y a pas de caméra de vidéo surveillance.
Les assauts massif ont repris en force
Très controversée, la barrière de Melilia suscite plus que jamais la polémique, d’autant plus que depuis juin dernier, les «avalanches humaines» sur ce périmètre frontalier sont en hausse.
Le 6 novembre, un Subsaharien est mort en essayant d’escalader cette clôture haute de six mètres, lors d’un « assaut massif » en compagnie d’une centaine d’immigrants.
Le 11 mars, 25 personnes avaient été blessées à Melilia, dont un Camerounais de 30 ans, mort à la suite de ses blessures.
Ces immigrants, originaires d’Afrique subsaharienne, se réfugient sur les hauteurs boisées du mont Gourougou, en territoire marocain, à une poignée de kilomètres de la frontière.
Afin de renforcer les frontières et de mettre un frein encore plus dissuasif à ces escalades d’immigrants, Madrid vient d’installer des rasoirs coupants et des lames tranchantes sur les grillages. Une mesure qui suscite l’indignation des associations des droits de l’homme et de l’opposition socialiste.
Pour sa part, le Maroc n’est pas en reste, puisque depuis plusieurs mois, les cas de mauvais traitements se sont multipliés, avec notamment des cas violence de la police marocaine, des arrestations arbitraires de ou encore des cas d'expulsion d’enfants ou de femmes enceintes.
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