A la fabrique culturelle, Open Taqafa réunit des dizaines de créateurs
Underground, voilà comment on pourrait qualifier l’initiative qu’a lancée le collectif Open Taqafa. Baptisé SummerLab, cet événement qui s’étend du 26 au 29 septembre, est avant tout un moment de rencontre entre jeunes créateurs.
Fort d’une première expérience réussie et qui aura rassemblé près de 300 participants, le collectif en est à sa deuxième tentative.
SummerLab est un évènement qui se tient à différentes dates dans plusieurs villes à l’international ; Gijón, Séville, Galice, Nantes et Casablanca sont des destinations parmi d’autres.
Au Maroc, c’est la fabrique culturelle qui accueille le SummerLab cette année. Salah Malouli (photo), initiateur du projet, nous parle du fonctionnement et du déroulement des ateliers : «Compte tenu du fait qu’il n’y a aucune programmation préalable, l’évènement commence par une assemblée générale durant laquelle le travail des noyaux est organisé».
En effet, les membres travaillent en cellules. Chaque participant émet une proposition laquelle emportera l’enthousiasme d’autres qui feront, à leur tour, d’autres suggestions pour affiner la création, «plusieurs groupes travaillent en parallèle» nous explique Salah Malouli.
Ces travaux peuvent aller de la performance sonore, visuelle ou artistique au digital. Pour la partie électronique, l’usage des logiciels libres est important. D’ailleurs, l’initiative Open Taqafa insiste sur l’importance du Creative Common et des licences libres comme moyens de diffusion de la culture et la promotion des projets et des initiatives locales. Se servant notamment d’internet comme moyen de diffusion des informations et rencontre des expériences, et ce dans une démarche de promotion de l’Open Source et des pro Commons.
Concrètement, comme le copyright, le Creative Common est un droit patrimonial. Mais à la différence du premier, il permet de libérer tout ou partie des droits de la propriété, selon le vouloir du créateur.
A titre d’exemple, le premier SummerLab a permis d’éditer une bande dessinée collaborative «SkefKef». Ce recueil de nouvelles dessinée est vendu à 30 DH dans son format papier, et sera, le temps de mettre en place la plateforme CC au Maroc, librement téléchargeable sur internet.
Mais est-ce un modèle économiquement viable ?
Salah Malouli estime que oui: «un produit mis sous licence libre ne signifie pas qu’il est gratuit. En effet, il est possible de spécifier que pour un usage commercial, le produit ou la création sera vendu».
Par ailleurs, les habitudes de consommation ont changé, le consommateur de produits culturels fait preuve d’un grand sens de la citoyenneté: «sous licence libre, un produit se diffuse plus facilement. C’est un très bon moyen de promotion. A tel point que, pour un même produit proposé en téléchargement libre ou en version payante, une bonne partie des consommateurs préfèrera encourager la création en l’achetant. C’est le cas du groupe de musique RadioHead à l’échelle internationale, et de la BD SkefKef à notre niveau ! »
Au final, le CC assure une relation directe entre l’artiste et son public. «Il s’agit d’un très bon moyen de contourner l’industrie classique du disc ou de l’édition qui ne laissent, au final, qu’une faible marge au créateur. »
Loin de la culture de masse, le SummerLab réunit outre les pros du dessin, des fans de l’électronique, des poètes, des comédiens… bref, des artistes de toutes les couleurs.
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