Traduction amazighe de la constitution : un signal fort pour accélérer l'adoption de la loi organique
La parution de la traduction amazighe de la constitution annoncée début juillet par l'Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM) constitue une pierre angulaire dans le processus de la mise en œuvre du caractère officiel de cette langue.
Le processus s’inscrit dans la perspective de l'adoption de la loi organique qui déterminera les étapes de la concrétisation de son officialisation ainsi que les procédures de son intégration dans l'enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, pour qu'elle puisse accomplir son rôle en tant que langue officielle.
L'annonce de la parution de la version électronique de cette traduction coïncide avec le 2ème anniversaire de l'intégration de l'amazighe en tant que langue officielle du pays aux côtés de l'Arabe, ainsi qu'avec l'émergence d'un débat politique et constitutionnel insistant sur le besoin d'accélérer l'approbation des lois organiques relatives à la mise en œuvre du caractère officiel de l'Amazigh et du Conseil national des langues et de la culture marocaine, deux ans après l'adoption de la constitution du 1er juillet 2011.
L'IRCAM a assuré la traduction vers l'amazigh de la Loi fondamentale du pays avec la participation d'un ensemble de chercheurs, afin de permettre aux citoyens amazighophones de consulter ce document, a déclaré le recteur de l'IRCAM, Ahmed Boukous, à MAP-Amazighe, soulignant que cette traduction va hisser l'Amazigh au rang de langue officielle et contribuera à l'ajustement de sa terminologie.
Une traduction standard accessible à l'ensemble du lectorat amazighophone
M. Boukous a ajouté dans ce sens que le travail accompli par l'IRCAM entre dans le cadre des missions tracées par le Dahir portant sa création, rappelant que l'institut est, en outre, chargé de l'aménagement linguistique de cette langue et la contribution à la mise en oeuvre de la constitution du Royaume.
Evoquant l'approche adoptée par l'institut en matière de traduction, M. Boukous a indiqué que la traduction du texte de la constitution en amazighe a été assurée via une langue standard compréhensible de l'ensemble du lectorat amazighophone.
L'IRCAM a eu également recours aux dictionnaires et à la base de données créée par son centre d'aménagement linguistique.
La traduction du texte a été menée par un groupe de chercheurs représentant la majorité des centres de l'institut, a-t-il ajouté, précisant qu'avant de se lancer dans cette entreprise, un dictionnaire juridique rassemblant les termes utilisés dans le texte de la constitution a été préparé dans le but d'unifier les traductions de ces termes.
Tout au long du processus de traduction, des réunions régulières ont été tenues afin de coordonner et de trouver des solutions aux problèmes auxquels ont fait face les traducteurs. Ces réunions ont été couronnées par la mise en place d'une commission de révision et de coordination de la traduction.
M. Boukous a indiqué qu'il est possible d'accéder à la traduction en langue amazighe de la Constitution via le site web de l'institut et ce dans l'attente de la publication de ce document sous format papier.
La durée qu'a nécessitée cette traduction (deux ans) est motivée, selon M. Boukous, par le fait qu'une traduction vers une langue amazighe standardisée nécessite la mobilisation d'un ensemble de centres et de chercheurs spécialistes en la matière, car le texte constitutionnel revêt un caractère juridique, en plus du souci d'esthétiser la langue et de maîtriser les sens des termes.
(Avec MAP)
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