img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Petits et grands taxis menacent de paralyser Casablanca

La grève des petits et grands taxis sera « La marche de la dernière chance ». Si leurs revendications ne sont pas entendues, ils menacent d’un sit-in permanent !

Petits et grands taxis menacent de paralyser Casablanca
Dalal Saddiqi
Le 7 avril 2013 à 9h51 | Modifié 27 avril 2021 à 22h16

Les taxis casablancais sont en colère et leur grève, prévue le 4 avril dernier, n’a pas été annulée mais reportée afin de respecter le calendrier des activités royales. Rouges et blancs réunis, ils comptent bien faire entendre leur grogne à la Justice et à la Wilaya du Grand Casablanca, mais également à leur ministère de tutelle, celui de l’Intérieur.

Les raisons de la colère

«14 professionnels de taxis ont été interpellés en une semaine dans le cadre de poursuites en justice. Menacés de prison, ils ont été contraints de rendre leurs agréments à leurs propriétaires», s’insurge Mustapha Chaoune, S.G. du syndicat national marocain des professionnels du transport. Il dénonce le fait que les tribunaux émettent des jugements favorables aux poursuites lancées par les propriétaires d’agréments à l’encontre des exploitants, alors même que ces derniers assurent le paiement de leurs loyers. Un problème procédural selon ce syndicaliste, qui explique que le tribunal juge ce type d’affaires et menace les exploitants de prison, alors même que cela n’est pas de son ressort et que les taxis dépendent de la Wilaya du Grand Casablanca.

En effet, si l’on se réfère à la circulaire 61 émise par le ministre de l’Intérieur Mohand Laenser le 9 juillet 2012, il est clairement stipulé dans son alinéa 5 «(…) qu’il faut recommander aux services concernés de n’accepter les demandes de dissolution des contrats d’exploitation sous aucun prétexte. Sauf dans le cas où l’exploitant ne procède pas au paiement des droits mensuels».

«Près de 200 professionnels sont aujourd’hui sans travail. N’ayant plus de contrat d’exploitation d’agrément, ils vivent une situation difficile car ils restent responsables de leur véhicule», renchérit Mohamed Erreggani, S.G. de la Confédération nationale du travail. Il explique que les professionnels paient en moyenne 2.500 DH de loyer mensuel au propriétaire de l’agrément, auxquels d’ajoutent les 2.200 DH de traite d’acquisition de véhicule (dans le cas d’une DACIA) et les 700 DH de frais d’assurance, sans compter la mécanique et les réparations.

Un investissement lourd, que l’exploitant ne peut amortir si la location de l'agrément est interrompue avant le remboursement total de ses crédits. « D’autant que la somme à payer au noir, communément appelée Halawa par les professionnels, est en moyenne de 150.000 DH pour souscrire à un contrat d’agrément de 5 à 8 ans », ajoute Mabrouk Bouchaïb, S.G. de la Confédération des ouvriers marocains. Il avance le besoin d’une relation de confiance et de « la garantie de la relation contractuelle entre le propriétaire de l’agrément et l’exploitant (…) » en citant l’alinéa 5 de la circulaire 61. Ce qui équivaudrait à un renouvellement tacite du contrat d’agrément, comme il est pratiqué dans le cas d’un contrat de bail de location ou lors des souscriptions d’assurances.

D’ailleurs, ladite circulaire 61 va dans ce sens en prévoyant dans son alinéa 2 « le renouvellement systématique des contrats déjà conclus avec le même bénéficiaire, et ce sans condition afin de garantir les droits des professionnels qui s’engagent à acquitter les droits d’exploitation ».

« Les propriétaires d’agréments veulent mettre un terme à leurs contrats pour profiter de la Halawa une nouvelle fois. Ce qui est contre les principes d’égalité des chances et de lutte contre la rente inscrites dans la nouvelle constitution », conclut Mustapha Chaoune, tout en insistant sur le fait que les agréments appartiennent avant tout à l’Etat.

L’appel à manifestation du 11 avril

Ce sont toutes ces raisons qui ont poussé les professionnels du secteur à s’allier pour organiser leur « marche de la dernière chance ».

Par voie de communiqué, cinq fédérations syndicales représentatives du secteur de taxis et du transport ont apposé leur tampon pour appeler tous les professionnels à se rassembler au nom de « la justice sociale ».

Petits et grands taxis menacent de paralyser Casablanca

Les taxis rouges et blancs ainsi mobilisés se réuniront donc pour un départ prévu à 10 heures le 11 avril 2013, devant le centre commercial sis avenue Mohammed VI. Ils parcourront ensuite le boulevard de la Résistance pour terminer leur marche devant la Cour d’appel, avenue Pasteur, par un sit-in.

L’événement, qui durera plus de deux heures et paralysera certainement la capitale économique, aura pour principal objectif d’ouvrir les négociation avec les autorités pour l’arrêt du traitement par les tribunaux des dossiers de contrats d’exploitation des agréments de taxis et leur soumission à la commission de traitement des litiges de la Wilaya du Grand Casablanca. Ce qui implique l’arrêt de l’exécution des jugements et de la menace des professionnels des taxis par la contrainte physique.

C’est d’ailleurs « la dernière chance » que les professionnels donnent aux autorités pour satisfaire leur demande. Si tel n’est pas le cas, les fédérations syndicales demandent expressément aux professionnels concernés de « se tenir prêts pour une série de manifestations en réponse à la passivité des autorités concernées », et ce afin de faire aboutir leurs revendications sociales, économiques et légales.

Le prochain rassemblement pourrait d’ailleurs être un sit-in permanent, jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause. L’ultimatum est donc lancé et les Casablancais désormais pris en otage.


 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : Bibliobus
Dalal Saddiqi
Le 7 avril 2013 à 9h51

à lire aussi

Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil
Mondial2026

Article : Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil

ANALYSE. Après une première demi-heure très aboutie, l’équipe nationale a payé le prix de ses ambitions avant de se rendre à la raison face au Brésil, samedi 13 juin, lors de la première journée du groupe C. Si Ayyoub Bouaddi et Achraf Hakimi ont survolé la rencontre, le capitaine de l’EN n’est pas exempt de tout reproche sur le but égalisateur. Mais il n’est pas le seul.

Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”
Football

Article : Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”

Rumeurs d’influence, projet sportif marocain, CAF, FIFA, binationaux… Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fouzi Lekjaa défend une vision globale du football national et un modèle structuré, fondé sur la formation, la performance et l’impact social. Il écarte toute idée d’influence occulte ou de “pouvoir caché”.

Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc
ECONOMIE

Article : Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc

Dans une position commune adressée aux députés européens, Renault, Stellantis et Volkswagen soutiennent le principe d’un contenu européen de 70% pour les véhicules électriques. Les trois groupes demandent que seules les activités réalisées dans l’Union européenne et l’Espace économique européen soient comptabilisées comme européennes. Le Maroc resterait donc en dehors de ce calcul, mais pourrait continuer à jouer un rôle dans les chaînes de production grâce à la marge de 30% prévue pour les pays tiers.

Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?
Contributions

Article : Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?

À la suite de la qualification historique des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20 au Chili, près de 600 Marocains ont réussi à rejoindre Santiago en moins de quarante-huit heures. Derrière cette mobilisation exceptionnelle émerge une autre question : qui étaient ces femmes et ces hommes prêts à parcourir plus de 10.000 kilomètres pour assister à une finale mondiale de jeunes ? L’enquête révèle une réalité bien plus complexe et plus riche que l’image traditionnelle du supporter de football.

Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly
Actualités

Article : Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly

Fiat élargit sa gamme avec deux nouveaux modèles destinés au segment C : les Fiat Fastback et Fiat Grizzly, dont le lancement est prévu en Afrique & Moyen-Orient au second semestre 2026.

Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse
Energie

Article : Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse

Les importations marocaines de gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) retrouvent une dynamique haussière, après un creux en mars et avril qui avait alimenté les craintes d’une crise d’approvisionnement. En cause, non pas les tensions au Moyen-Orient, mais une demande électrique saisonnière plus faible, accentuée cette année par une production hydroélectrique exceptionnelle. Explications.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité