Maroc-presse française. Une histoire à raconter
C’est lundi 16 janvier que s’est ouvert le procès de deux journalistes français accusés de chantage et d’extorsion à l’égard du palais royal. Un énième épisode dans la tumultueuse relation entre la presse française et le Maroc.
Ce n’est pas trop tôt. Car c’est depuis 2015 que l’instruction traîne dans les tribunaux français. Il s’agit de la plainte déposée par le palais royal contre les deux journaliste Eric Laurent et Catherine Graciet.
La goutte de trop
L’histoire de ces deux journalistes est connue. En août 2015, ils sont été pris la main dans le sac, ou plutôt dans l’enveloppe, suite à un guet-apens monté par la police française de concert avec le plaignant, l’avocat du palais royal. Chacun avec une enveloppe contenant 40.000 euros en guise d’une avance sur la somme "convenue de deux millions d’euros, avec en prime une reconnaissance écrite à la main confirmant ces détails, et plus encore. "Par ce texte, nous déclarons que nous n’écrirons plus rien sur le Royaume du Maroc et ne nous exprimerons plus jamais publiquement sur ce pays, en contrepartie de la somme de deux millions d’euros. Nous confirmons avoir reçu ce jour une avance de quatre-vingt mille euros...". De quoi plus claire qu’une reconnaissance écrite étayée par des enregistrements mis à la disposition de la justice française. Et pourtant cette dernière a cédé face à une pression de solidarité professionnelle car ne voulant pas être salie et taxée de presse corrompue. C’est ainsi, que les deux journalistes sont poursuivis en liberté provisoire depuis plus de six années ! L’écrivain français célèbre par son livre "mon ami le roi" du temps de feu Hassan II n’est pas allé par quatre chemins. "Peu importe qui a pris l’initiative, ce qui est établi c’est qu’ils ont accepté d’être achetés et c’est fini, le mal est fait", déclare-t-il à ARTE. Graciet ne pouvant se défendre sur le fait de corruption essaie en vain de se justifier par un argument des plus fallacieux : "j’en ai marre d’écrire sur le Maroc et rien ne change… je suis fatiguée et j’estime avoir droit à réaliser mon rêve d’avoir ma propre écurie de chevaux"! À l’écouter on dirait qu’elle est investie d’une mission de défendre un peuple opprimé ne pouvant s’exprimer. Un Robin des bois 2.0! Alors que la presse française sait pertinemment qu’au Maroc il y a chaque jour des manifestations de protestations autorisées et que la presse papier et digitale regorge de sujets très critiques et même sensibles. Cela renvoie à l’état d’esprit d’une certaine presse "has been" qui nous scrute de la même manière qu’elle le faisait il y a une trentaine d’années, alors que le monde a complètement changé et les réseaux sociaux ont bouleversé la donne et ont brisé bien des tabous chez nous comme partout au monde.
Enfin, si cette affaire risque de briser le rêve d’écurie de Graciet, elle ne permettra pas non plus à Laurent de jouir d’une retraite dorée comme il l’avait affirmé à ses collègues journalistes. Les deux risquent jusqu’à cinq années de prison avec une amende de 75.000 euros.
Le Maroc, un fonds de commerce rentable
La presse française s’est toujours intéressée au Maroc pour des raisons de proximité culturelle et d’une large audience mais pas que. Les articles de presse, les reportages télé et les livres sur le Royaume ne se comptent plus. En analysant ces livrables par genre sur les trente dernières années, force est de constater que quand il s’agit du Maroc, il y a trois sortes de livrables. Un, des écrits ou vidéos à connotation d’enquêtes et d’investigations qui prônent crédibilité et neutralité quitte à fâcher, et c’est une minorité. Deux, une presse qui caresse le Royaume dans le sens du poil moyennant une générosité en guise d’influence, de soft power et même de propagande. Trois, le choix de certains médias de nuire à l’image du Maroc pour deux raisons. Faire chanter le Royaume, comme c’est le cas de Graciet et de Laurent, ou répondre à une commande d’un pays tiers cherchant à noircir la notoriété du Royaume. En tout état de cause, la presse française, tout format confondu, se trouve impliquée dans ce bourbier préjudiciable à son image, et se fait enfoncer davantage quand elle défend l’indéfendable par corporatisme étroit quitte à se faire décrédibiliser. Quand un journaliste d’un quotidien de renommé lâche sans gêne, sur un plateau d’une chaîne célèbre, que ni Graciet ni Laurent ne sont fautifs puisque c’est l’autre qui les a corrompus, la messe est dite et il n’y a plus rien à rajouter sinon de sommer la presse française d’arrêter de s’ériger en donneur de leçons. En attendant le verdict du tribunal de Paris, le traitement par la presse française du scandale Graciet-Laurent fera couler beaucoup d’encres, ici et là. Et qu’avec cette affaire le palais royal a mis fin à toute tentative de chantage et d’extorsion du Royaume. Libre à chacun d’écrire ou de produire le contenu qui lui chante, et tout dérapage aux lois en vigueur donnerait lieu à un recours à la justice. Une démarche des plus nobles.
à lire aussi
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Medias24 sur ce nouveau défi.
Article : Le Gand théâtre de Rabat inauguré ce mercredi 22 avril 2026
Attendue depuis plusieurs années, l'ouverture du Grand Théâtre de Rabat est finalement annoncée pour ce mercredi 22 avril 2026.
Article : Prévisions météorologiques pour le mardi 21 avril
Voici les prévisions pour le mardi 21 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM) : - Nuages bas et bruine locale […]
Article : Flambée des fruits et légumes. “Une hausse de 50% du gasoil ne représente que quelques centimes par kg” (transporteurs)
La flambée des prix des fruits et légumes est souvent attribuée à la hausse du gasoil. Pourtant, rapporté au kilo transporté, le surcoût du carburant ne représente que quelques centimes, y compris sur de longues distances. C'est donc davantage par les marges accumulées tout au long de la chaîne de commercialisation que l’ampleur des hausses observées s’explique. Décryptage.
Article : Tour Mohammed VI. Le top management en dit plus sur ce projet emblématique appelé à redéfinir la skyline de Rabat
Avec ses 250 mètres, son positionnement ultra-premium et l’arrivée du Waldorf Astoria, la tour Mohammed VI cristallise une ambition plus large que la simple prouesse architecturale : faire de la capitale un pôle crédible pour les flux internationaux d’affaires, d’investissement et de tourisme de luxe, à la faveur d’une reconfiguration régionale de l’attractivité. Quelques jours après son inauguration officielle par le Prince héritier, les responsables aux commandes ont reçu les représentants de la presse nationale pour expliciter tous les ressorts de cette opération d'envergure. Détails.
Article : العقوبات البديلة: 926 غرامة يومية, 18 سوارًا إلكترونيًا فقط
وفقًا للتقرير الذي قدمه وزير العدل، تم فرض 926 غرامة يومية، وتنفيذ 794 حكمًا بأعمال الخدمة الاجتماعية، وتسجيل 385 إجراءً لتقييد الحقوق، بينما تظل المراقبة الإلكترونية محدودة بـ18 حالة. ولا يزال تنفيذ العقوبات البديلة "يسير بسرعة بطيئة".