L’Algérie s’enlise dans les sables du Sahara
Tout laisse penser que la délégation américaine a bien bataillé au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour faire accepter une nouvelle résolution sur le Sahara avec quelques modifications apportées suite aux pressions désespérées exercées par l’Algérie.
Quelle que soit la mouture finale, la nouvelle résolution conforterait la position du Maroc en adoptant le cadre de l’autonomie comme base de solution à ce conflit régional. Tous les hauts responsables américains, Marco Rubio, Steve Witcoff ou Massad Boulos, ont pris part à cet effort pour trouver enfin une sortie honorable à ce différend pour toutes les parties.
A l’écouter, Steve Witcoff, l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, paraissait sûr de lui lors de l’interview qu’il a accordée récemment à CBS News. "Notre équipe travaille actuellement à la conclusion d’un accord de paix entre le Maroc et l’Algérie d’ici soixante jours", a-t-il estimé. Pour sa part, Massad Boulos est allé dans le même sens face à Sky News Arabia, déclarant que la réunion du Conseil de sécurité sur le Sahara sera cette année capitale. Il a suffi de ces deux déclarations pour que la diplomatie algérienne mobilise ses troupes pour contrecarrer cette fois-ci, non pas l’ennemi classique, mais les Etats-Unis eux-mêmes.
Les Américains sont conscients que ce conflit qui perdure depuis maintenant un demi-siècle doit trouver rapidement son épilogue. Cependant, Alger est loin de partager cet enthousiasme puisque, pour eux, la fin de ce conflit doit être le synonyme de la défaite du Maroc. Si Rabat a multiplié les gestes de bonne volonté pour parvenir à une solution politique réaliste, l’Algérie reste quant à elle prisonnière de sa posture de blocage. Cette attitude heurte les Etats-Unis qui n’admettent plus cette politique de pérennisation d’un conflit devenu l’un des plus longs et des plus complexes en Afrique.
Fatigués de ce conflit, l’objectif des Américains semble a priori vouloir stabiliser le Maghreb, pour en faire une zone de prospérité et de coopération dans la nouvelle ère géopolitique qui s’annonce. Pour ce faire, la relance politique et économique entre les deux grands du Maghreb est, pour eux, le passage obligé qui ne peut être que bénéfique pour tous, à commencer par les pays du Maghreb. Mais les Américains réussiront-ils l’exploit à ramener Alger à la raison, là où d’autres ont échoué avant eux ?
Washington ne peut oublier que l’Algérie s’est opposée frontalement à la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur son Sahara, annoncée en 2020 à la fin du premier mandat de Donald Trump. En s’opposant à cette décision, somme toute souveraine, Alger s’est isolée de la première puissance mondiale, desservant ainsi ses propres intérêts.
Les responsables algériens s’accrochent toujours à leur lecture idéologique dépassée du conflit avec le Maroc. Celle-ci demeure fondée sur une logique de vrais-faux principes de décolonialisme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, au moment où la communauté internationale insiste sur une solution politique acceptable pour sortir de l’impasse.
En s’arcboutant à cette position idéologique surannée qui prime sur le réalisme, l’Algérie s’est isolée en prenant le contrepied de la communauté internationale et des grandes puissances. Pour Washington, comme pour Londres, Paris et bien d’autres capitales, le plan d’autonomie proposé par le Maroc demeure la seule base sérieuse, crédible et réaliste pour le règlement de ce différend régional. Or, la politique algérienne de vouloir bloquer toute avancée sur ce dossier est désormais perçue comme une entrave délibérée à la stabilité régionale.
Les Etats-Unis voient dans la posture algérienne un vrai facteur de blocage politique et d’instabilité supplémentaire qui mine réellement la paix au Maghreb. En s’opposant de toutes ses forces à tout consensus au sein du Conseil de sécurité, Alger se met volontairement en décalage avec la volonté internationale qui espère trouver une sortie honorable pour toutes les parties impliquées dans ce sempiternel conflit. Sur ce dossier, l’Algérie s’oppose frontalement aux bons offices des Américains par principe mais aussi par aveuglement.
Cette hostilité de l’Algérie à l’égard du Royaume est constatée depuis le déclenchement de ce conflit il y a maintenant un demi-siècle. Le durcissement de la posture algérienne qu’on constate ces derniers jours au Conseil de sécurité ne surprend nullement les Marocains, trop longtemps habitués aux réactions intempestives algériennes.
En réalité, ces comportements ne sont que le vrai visage d’une politique agressive qui cherche à dominer les voisins. Pour les Américains, le comportement de l’Algérie au Conseil de sécurité lors des débats en cours à l’ONU sur le Sahara n’est qu’un avant-goût de la politique subversive de l’Algérie dans notre région.
Pour déclarer leur opposition aux démarches américaines au sein du Conseil de sécurité, les autorités algériennes ont délégué au polisario le rôle de manifester leur refus. Ce groupe autoproclamé, qui prétend parler au nom du peuple sahraoui, conteste toute solution qui ne mène pas à l’indépendance, c’est-à-dire la partition du Royaume, telle que désirée par l’Algérie. Or le Conseil de sécurité a, depuis longtemps, clos cette perspective au profit d’une solution politique mutuellement acceptable, en insistant sur l’option de l’autonomie, base sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend qui oppose principalement le Maroc à l’Algérie.
Cependant les responsables algériens sont restés figés sur une idéologie et des positions qui n’ont plus d’impact sur le présent et l’avenir du pays. Cette stagnation politique a conduit le pays à une sclérose diplomatique, et à une absence d’initiative qui a conduit à l’isolement régional et international. Ce phénomène n’est pas propre à l’Algérie, on l’observe également sous d’autres cieux, comme au Venezuela, à Cuba, en Birmanie, ou encore en Corée du Nord. Cette stagnation idéologique engendre à son tour une lenteur dans le renouvellement de l’élite qui dirige le pays. Ce sont les mêmes personnes et réseaux militaires et bureaucratiques qui commandent les orientations de l’Etat algérien.
Pendant longtemps, l’Algérie s’est appuyée sur son capital symbolique d’avoir été, à un moment de son histoire, un des leaders tiers-mondistes. Or, de nombreux pays sont sortis de ces schémas d’antan, et ont tourné la page des années de confrontation entre l’Est et l’Ouest.
Or en Algérie ce passé reste toujours fantasmé chez les dirigeants qui n’ont pas admis que le monde a changé. C’est cette vision étriquée du passé qui mène au rejet des réalités actuelles, et pousse l’Algérie à l’isolement. Cette discordance est devenue alarmante en raison des relations tendues entre l’armée et la diplomatie. La première ne trouve plus chez la seconde les relais capables de faire entendre la voix du pays à l’international, et l’autre critique la mainmise de l’armée sur un domaine sensible qu’elle ne maitrise pas.
Ce malaise s’est aggravé depuis la multiplication des reconnaissances de la marocanité du Sahara par plusieurs Etats, en raison de la pertinence de la proposition d’autonomie comme voie de sortie honorable pour tous.
Ces avancées ont mis en évidence la faiblesse de la diplomatie algérienne, qui semble se cantonner dans le rôle de spectateur passif dépassé par les événements, plutôt qu'à celui de l’acteur influent qu’elle était hier. Ce déclin, devenu visible aux yeux du monde, a eu des conséquences néfastes sur l’image du pays à l’extérieur, mais aussi auprès du peuple algérien qui constate avec amertume que son gouvernement subit passivement les échecs sans pouvoir réagir efficacement.
En s’aliénant Washington, l’Algérie prend le risque de perdre son influence auprès de toutes les autres puissances occidentales au profit d’un ancrage douteux et fragile dans le camp russo-chinois. Or ni Moscou ni Pékin ne veulent renoncer non plus à leurs relations avec le Maroc, devenu une puissance d’équilibre régionale incontestable en Afrique.
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