La véritable «Forbidden Story» (2): Le rayonnement du Maroc dérange
L’année 2021 n’aura pas été de tout repos pour la diplomatie marocaine. De l’égarement allemand à l’imposture espagnole en passant par les perpétuelles divagations algériennes, le Royaume aura tout vu. Et last but not least, cette levée de bouclier des médias français s’impliquant à de prétendues obscures «Forbidden Storries».
Il est clair qu’un air impur couvre les relations marocco-européennes et que les récentes démêlées marocaines avec Berlin, Madrid et Paris, sont loin d’être un hasard de calendrier. En effet, et pour comprendre la véritable «Forbidden Story» marocaine, qui dérange en Europe, il faut remonter à la fin d’année 2020.
Car, toute cette machination est déclenchée depuis la reconnaissance américaine de la souverainté marocaine sur le Sahara et le rôle de plus en prépondérant du Royaume dans les
«radars» américains. Les manœuvres militaires «African Lion» dirigées par les Etats-Unis dans le Sahara marocain, l’annonce américaine d’ouverture prochaine d’un consulat à Dakhla pour promouvoir les échanges commerciaux et les investissements, la coordination marocco-américaine sur la question de sécurité au Sahel…, sont des signaux de rapprochement qui inquiètent à l’Union Européenne.
A Washington, Les Etats-Unis, longtemps loin de la zone d’influence africaine, pense à une percée qui lui permettrait de chercher un certain équilibre à l’hégémonie chinoise sur le continent. Le Maroc pourrait constituer un hub pour cette stratégie et ce pour deux raisons principales. Un, une situation géographique idéale car en face du continent américain. Deux, le rayonnement du Maroc en Afrique avec une diplomatie royale visionnaire qui aurait préparé la réalité géopolitique d’aujourd’hui et ce depuis 2005 au moins. Le Maroc, très influent en Afrique dans des dossiers hautement sensibles tels que la sécurité alimentaire et la lutte antiterroriste, comme il jouit d’une notoriété de par un soft power efficace: business, champs religieux, coopération sud-sud, transfert du savoir faire…, est perçu par les Etats-Unis comme un allié sur lequel il peut compter.
Par ailleurs, les européens se voient largués, à tous les niveaux, par des chinois très entreprenants dans le continent africain, qu’ils croyaient une chasse gardée pour toujours. Et le Maroc a tendu sa main au géant chinois dans le cadre de sa diversification de partenaires, ce qui a donné lieu à d’excellentes perspectives qui dérangent. La récente annonce de production de vaccin chinois anti Covid-19 depuis le Maroc en faveur du continent africain ne passe pas, en plus d’autres projets structurant à réaliser par Pékin comme le TGV Casablanca-Marrakech et la ville Tanger-Tech.
Il ne faut donc pas isoler cette levée de bouclier européenne contre le Royaume de cet environnement géopolitique qui fait du Maroc un acteur incontournable en Afrique sur les plans économiques, sécuritaires et de maintien de paix. La schizophrénie européenne, malheureusement de plus en plus montante chez nos amis français, se traduit par une volonté d’un Maroc stable, bon élève en matière de lutte antiterroriste, rempart de l’immigration clandestine, mais en même temps ne voit pas d’un bon œil son indépendance diplomatique et son rayonnement dans son continent. Ce n’est certes pas la faute du Maroc si des entreprises marocaines s’imposent désormais en Afrique comme leaders de leurs secteurs, au détriment des entreprises des anciennes puissances coloniales, et si le soft power marocain tourne à plein régime au moment où l’influence européenne est plus que jamais grippée. Enfin, quand les Européens ne pensent qu’aux richesses dont recèle le sous-sol africain, le Maroc monte des unités de productions de fertilisants à coup de milliards d’euros en Afrique notamment en Ethiopie, au Kenya, au Ghana et au Nigeria, un pays à 750 millions d’habitants en 2050. Il est temps que nos «amis» Européens comprennent que le Maroc d’aujourd’hui n’est pas le Maroc d’hier.
Ce sont là quelques bribes du succès marocain que d’aucuns voient, l’amertume dans la gorge, comme une «Forbidden Story»!
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