Energie : Le Maroc doit penser grand en ces temps de crise
En mandarin, l’idéogramme "crise" est la combinaison de deux idéogrammes : « menace » et «opportunité ». Parlons du second.
Nous avons l'opportunité d'avoir un rôle dans la mutualisation des stocks stratégiques régionaux de carburants qui pourraient regrouper le Portugal, l’Espagne, le Royaume-Uni dans un premier temps, puis l'Afrique de l’Ouest et les USA et qui sait, l’Algérie un jour.
La fonction des stocks stratégiques est d'être disponibles en cas de rupture de la chaine d’approvisionnement, suite à des conflits ou des catastrophes naturelles. C'est un "luxe" nécessaire pour les économies mûres ou en mutation. C’est un luxe onéreux particulièrement en temps de crise mais la prudence plaide de ne pas mettre tous ses ‘oeufs’ dans le même panier.
Le Maroc a des atouts : Les capacités de stockage existantes, celles extensibles, l’infrastructure portuaire et de transport énergétique (Gazoduc et Réseaux électriques), la stabilité de notre Pays... Autant d’arguments qui font mouche.
Ajoutez-y les mines de sel désaffectées, dormants depuis des décades et qui feraient d’excellents réservoirs de gaz naturel et c’est bingo. Ajoutez-y les saisonnalités inversées des prix du gaz naturel d’une part et de la courbe de la demande européenne d’autre part et vous apportez à la construction une attractivité financière encore plus forte.
Ajoutez-y la révolution amorcée de l’hydrogène et des carburants synthétiques et c’est le grand saut vers un rôle pivot dans une révolution industrielle nouvelle.
Or pour bien faire, il faut impliquer les grands acteurs mondiaux de l’énergie et inscrire ce projet dans leurs « algorithmes ».
Pour mieux faire, il faut impliquer le secteur privé national, mieux outillé, sous réserve d’un régulateur national fort. Or, au passage, le régulateur veille au respect de la légalité, pas de l’éthique. Les sociétés sont des personnes morales qui exsudent la morale de leurs actionnaires.
Mutualiser devient donc le maitre mot. Il rime avec valoriser. Il rime avec projet global. Il rime avec “Think BIG” et le Maroc a montré qu’il sait faire.
En temps de crise, ce sont ceux qui auront compris les nouveaux paradigmes post-crise qui se dessinent sous nos yeux et qui auront le courage d’être contre-cyclique qui en sortiront grandit. Là aussi, le Maroc a montré qu’il sait faire.
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