Ban Ki-Moon à Alger, une récompense sur le tard
La récente distinction décernée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, ravive le souvenir de sa visite controversée en Algérie et à Tindouf en mars 2016.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu, le mardi 9 juin au palais présidentiel, l’ancien Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon. A cette occasion, il l’a décoré d’une grande médaille nationale de récompense pour "ses efforts ayant permis d’assumer ses missions en matière de sécurité et de lutte contre la pauvreté dans le monde", selon les médias officiels de ce pays.
On ne peut que se réjouir de cette distinction décernée à l’ancien diplomate pour services rendus. Mais, en tant que Marocains, nous n’oublions pas son attitude lors de sa visite en Algérie et à Tindouf en mars 2016.
En ce temps de confrontations diplomatiques entre les deux pays, les autorités algériennes l’avaient invité chez elles et ont sciemment organisé un scénario d’émeutes bien monté à Tindouf. L’armée algérienne avait orchestré alors, et comme elle sait bien faire, une révolte populaire des habitants des camps pour démontrer à leur invité leur degré d’exacerbation et d’attentes. Des jets de pierres ont été lancés en direction de leur hôte qu’ils étaient censés protéger. Ban Ki-Moon est alors exfiltré en hélicoptère comme dans un film américain de série B, pour lui éviter le lynchage des habitants des camps.
Ces incidents auraient pu être aisément maîtrisés par l’armée algérienne, qui dispose d’une expertise reconnue en la matière ainsi que des moyens nécessaires pour assurer la sécurité du responsable onusien. En laissant la situation se dérouler, Alger cherchait à faire pression sur son invité afin qu’il constate de visu une situation présentée comme "explosive et instable", et à mettre en avant la dimension humanitaire du dossier pour plaider en faveur d’une relance rapide du processus référendaire.
Par la suite, il a qualifié devant les médias algériens la présence marocaine d’"occupation", un terme que le Conseil de sécurité des Nations unies n’a jamais employé pour désigner le recouvrement par le Maroc de son intégrité territoriale.
En usant maladroitement de ce mot : occupation, il a consciemment porté un coup fatal à la neutralité de l’ONU sur ce dossier, mais aussi à sa crédibilité personnelle. On n’oubliera pas de sitôt que, lors de la parade militaire des milices du polisario, il a levé les doigts de la main en signe V de victoire, à des troupes qui ont le sang de nos civils et militaires sur les mains.
Ce n’est pas son communiqué fade et insignifiant qui a clôturé sa visite qui nous fera oublier ses méfaits. On pouvait pour rappel y lire que le Secrétaire général a pu voir par lui-même que la situation sur le terrain demeurait explosive. Il nous expliquait naïvement que les incidents survenus lors de son périple à Tindouf auraient démarré alors que les jeunes Sahraouis essayaient de lui remettre une lettre.
Comment le chef de l’ONU et ses conseillers n’ont-ils pas décelé la manipulation algérienne, pourtant évidente ? Pourquoi n’a-t-il pas dénoncé ces manœuvres de manipulation à grande échelle, menées par les responsables algériens au vu et au su de tous ?
Il ne s’agit là que de simples questions posées par un citoyen marocain, et rien d’autre, pour rappeler à l’ancien Secrétaire général que la mémoire n’est pas courte, tout en le félicitant pour l’obtention de sa nouvelle distinction.
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