Wall Street se tourne vers les résultats d'entreprises et aspire au calme
La Bourse de New York aspire au calme après une semaine de yo-yo et compte sur les résultats d'entreprises américaines pour redonner confiance à des investisseurs échaudés par la déroute du marché du pétrole et les incertitudes en zone euro.
L'indice Dow Jones Industrial Average a perdu 0,50% à 17.737,37 points, au cours des cinq dernières séances.
Le Nasdaq, à dominante technologique, a cédé 0,48% à 4.704,07 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500, très regardé par les investisseurs, a reculé de 0,63% à 2.044,81 points.
Encore échaudés par une semaine "en montagne russe, assez déconcertante au vu de la bonne santé de l'économie américaine qui n'est pas apparue aussi en forme" depuis des années, les opérateurs se préparent à une année 2015 potentiellement chaotique, note Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.
En effet, la hausse quasiment ininterrompue du dollar, l'effondrement des cours du pétrole, les doutes sur la solidité de la zone euro, avec l'éventualité d'une sortie de la Grèce, tendent à isoler encore plus une activité américaine en plein rebond.
"Mais on pourrait réussir la semaine prochaine à laisser tout cela au second plan" provisoirement "avec la parution des premiers résultats d'entreprises de grande ampleur aux Etats-Unis" pour le dernier trimestre 2014, avance Art Hogan, de Wunderlich Securities.
Publieront notamment le géant de l'aluminium Alcoa lundi, après la clôture, les banques JPMorgan Chase et Wells Fargo mercredi, suivies de Bank of America et Citigroup et du géant des puces américain Intel jeudi.
Or Alcoa, qui ouvre traditionnellement la saison des résultats "sera regardé avec d'autant plus d'attention que l'aluminium est de plus en plus utilisé comme matériau dans l'industrie, notamment aérienne", remarque Gregori Volokhine, de Meeschaert New York. "Ses comptes pourront ainsi donner une bonne lecture de l'activité des Etats-Unis (et de ses) partenaires commerciaux", estime-t-il.
Plus généralement, "on s'attend à ce que les nouvelles des entreprises soient positives pour la cote", note Jack Ablin, de BMO Private Bank.
- Un marché partagé -
Les investisseurs continueront aussi à digérer des chiffres sur le marché de l'emploi américain jugés contrastés à leur sortie vendredi.
Si des créations d'emplois robustes et un taux de chômage à un plus bas depuis juin 2008 en décembre, à 5,6%, suscitaient l'optimisme, le recul inattendu du salaire horaire moyen aux Etats-Unis et une baisse du taux de participation au travail laissaient plus perplexes.
"Une chose est sûre, c'est qu'en l'absence de pression à la hausse sur les salaires, ces chiffres ne risquent pas de faire dévier de sa route la Réserve fédérale américaine (Fed), dont on attend un relèvement de ses taux directeurs" cet été, juge Art Hogan.
Très préoccupés par la question de l'inflation aux Etats-Unis, encore éloignée à 1,2% de l'objectif des 2% affiché par la Fed, les opérateurs scruteront ainsi avec attention une série de statistiques sur les prix à la production jeudi et à la consommation vendredi.
Wall Street regardera aussi de très près les ventes au détail pour le mois de décembre mercredi.
En effet, "le marché est très partagé sur la question du plongeon des cours de l'or noir, entre les avantages que cela offre aux consommateurs et l'impact nocif sur les marchés financiers de prêts et d'investissements risqués dans l'énergie, susceptibles de mal tourner", résume Jack Ablin.
Les investisseurs tenteront par ailleurs de dépasser l'émoi suscité cette semaine par les attaques terroristes en France contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.
"Les traders ont suivi cela de très près. Le terrorisme en France nous rappelle en effet à quel point nous sommes vulnérables et cela a pesé sur l'humeur de la cote", souligne M. Blicksilver.
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