Wall Street déçue par la croissance américaine
Wall Street a entamé la séance de mauvaise humeur vendredi, déçue par la croissance américaine moins vigoureuse que prévu au dernier trimestre et échaudée par les prévisions prudentes des entreprises: le Dow Jones cédait 0,48% et le Nasdaq prenait 0,29%.
Vers 15H15 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average reculait de 83,68 points à 17.333,17 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, de 13,38 points à 4.670,03 points.
L'indice élargi S&P 500, le plus surveillé par les investisseurs, lâchait 0,58%, soit 11,72 points, à 2.009,53 points.
La Bourse de New York avait nettement rebondi jeudi, après moult hésitations, rassurée par une stabilisation des prix du pétrole, un bon indicateur sur l'emploi américain et des résultats d'entreprises: le Dow Jones avait gagné 1,31%, à 17.416,85 points, et le Nasdaq 0,98%, à 4.683,41 points.
Les investisseurs new-yorkais se préparaient à terminer le mois sur une note peu souriante, l'indice S&P 500 risquant d'enregistrer sa pire performance mensuelle depuis un an, lorsqu'il avait cédé plus de 3,50% en janvier 2014.
De mauvais augure pour l'activité de la première économie mondiale, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis n'a crû que de 2,6% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2014, contre une expansion de 3,2% attendue, et une croissance de 5% au cours des trois mois précédents.
Les entreprises et le commerce extérieur ont été notamment pénalisés par les bas prix de l'énergie, l'appréciation constante du dollar face aux autres devises et une conjoncture mondiale maussade.
Cependant, les consommateurs américains ont su profiter sur cette période du plongeon des prix des produits pétroliers qui a libéré leur pouvoir d'achat: les dépenses de consommation ont enregistré un bond de 4,3%, pour atteindre un sommet depuis presque huit ans.
Dans ce contexte, après une ouverture dans le rouge, les grands indices de la place financières tentaient de repartir vers l'équilibre, aidés également par quelques résultats d'entreprises salués, comme ceux du géant de la distribution en ligne Amazon, qui s'envolait de 10,44% à 344,32 dollars, et de l'émetteur de cartes de crédits Visa (+4,94% à 260,25 dollars).
Dans le détail, Amazon a mis un terme en fin d'année à deux trimestres consécutifs de pertes, et suscité l'enthousiasme en dégageant un bénéfice supérieur aux attentes, grâce à un boom des abonnements à son service payant, et des prévisions optimistes.
De son côté Visa, dont l'action va être scindée en quatre à la mi-février, était salué pour un bénéfice et un chiffre d'affaires trimestriels supérieurs aux attentes.
Côté indicateurs, les opérateurs digéraient aussi l'annonce d'une hausse surprise de l'activité dans la région de Chicago (ISM) et d'une progression du moral des ménages américains en janvier, selon une estimation finale de l'université du Michigan, même si elle était légèrement inférieure aux attentes.
- Prévisions prudentes -
Outre la déception sur le PIB américain, "les investisseurs s'inquiètent de la prudence des prévisions" des entreprises pour le premier trimestre 2015, ont relevé les experts de Briefing.com.
Parmi elles, le spécialiste américain de la bureautique Xerox a revu à la baisse vendredi sa prévision de résultat annuel, invoquant l'affaiblissement de l'euro, et cédait 1,47% à 13,36 dollars.
La major pétrolière américaine Chevron (-0,49% à 102,51 dollars) a elle annoncé vendredi une réduction de 5 milliards de dollars de ses investissements pour 2015 afin de répondre à la chute des prix du pétrole.
Le groupe américain de jouets Mattel, affecté par les difficultés de ses marques phares Barbie et Fisher Price, a confirmé vendredi la dégradation des ses résultats et assuré vouloir agir "avec un sentiment d'urgence", montait de 1,41% à 27,28 dollars.
Google, qui a invoqué le dollar fort jeudi pour justifier des résultats un peu décevants, s'est efforcé de rassurer sur la santé de son activité centrale de publicité en ligne et sur ses dépenses croissantes. Il a semblé convaincre les investisseurs, son action montant de 3,02% à 526,09 dollars.
Signe de fébrilité, le marché obligataire, très prisé des investisseurs en temps d'incertitudes, progressait nettement. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 1,671% contre 1,758% la veille au soir, passant pour la première fois depuis mai 2013 sous le seuil de 1,7%. Celui à trente ans reculait à 2,240% contre 2,322% précédemment, un plus bas historique.