Mondial 2026 : avant Haïti, Ouahbi refuse les calculs et veut “gagner le match d’abord”
Le Maroc a quatre points, une qualification presque acquise et la possibilité de finir devant le Brésil. Mais Mohamed Ouahbi veut surtout empêcher son groupe de sortir du cadre : Haïti reste un match de Coupe du monde, les calculs viendront après, et les Lions de l’Atlas doivent confirmer leur progression sans se laisser distraire par le tableau des seizièmes.
Le Maroc n’est pas encore officiellement qualifié, mais il ne veut pas jouer petit bras. À la veille du troisième match de phase de groupes contre Haïti, le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi, a insisté sur un mot d’ordre simple : gagner, avant de penser à la première place, à la différence de buts ou au tableau des seizièmes de finale.
“On connaît le classement, on est deuxièmes, on a quatre points. On a de grandes chances d’être déjà qualifiés, mais pas encore qualifiés officiellement. Donc l’objectif, c’est de gagner le match”, a déclaré Ouahbi en conférence de presse.
Le sélectionneur a écarté l’idée d’une gestion excessive de l’effectif, tout en laissant ouverte la possibilité de changements. Il n’ira pas chercher de “nouveaux joueurs”, mais puisera dans les 26 sélectionnés. “Il va falloir mettre la meilleure équipe possible”, a-t-il expliqué, en rappelant que cette équipe dépendra aussi du contexte : l’adversaire, l’état physique du groupe, la perspective d’une qualification déjà presque acquise. “On pourrait repartir avec la même équipe sans problème. Mais on va encore voir ce soir. Les joueurs ne sont au courant de rien.”
Haïti, un piège à ne pas banaliser
Face à une équipe haïtienne déjà mal engagée, Ouahbi refuse surtout le piège du match facile. Haïti, selon lui, aura des objectifs très concrets : marquer son premier but, prendre ses premiers points, signer sa première victoire. “C’est un match de Coupe du monde”, a-t-il répété, avant de prévenir contre les calculs autour du nombre de buts à inscrire : “Si on pense à autre chose que de gagner le match, je crois qu’on va le regretter. Il ne faut pas marquer beaucoup de buts, il faut gagner le match d’abord.”
Le Maroc peut encore viser la première place du groupe, devant le Brésil. Ouahbi ne s’en cache pas. “Je veux être premier, je veux battre Haïti, être premier, passer devant le Brésil”, a-t-il dit, tout en soulignant l’intérêt pratique d’un tel scénario, qui permettrait notamment d’éviter des déplacements plus lourds pour la suite.
Interrogé sur la possibilité d’affronter les Pays-Bas au tour suivant, avec tout ce que ce duel aurait de particulier pour un groupe marocain très lié au football néerlandais, le sélectionneur a refusé de se projeter. Beaucoup parlent des Pays-Bas, a-t-il observé, mais le Japon est aussi “une très, très bonne équipe”. “Il y aura les Pays-Bas, il y aura peut-être le Japon, il y aura peut-être la France, le Portugal, l’Espagne, l’Argentine. Ce qu’il y a, c’est qu’on est prêts, quel que soit l’adversaire.”
Sur l’arbitrage, alors que l’arbitre néerlandais Danny Makkelie a été désigné et que le Maroc pourrait croiser les Pays-Bas ensuite, Ouahbi n’a pas voulu alimenter la polémique. “Je ne vois pas de raison de s’inquiéter. C’est un arbitre professionnel. On a confiance en lui, on a confiance en la FIFA”, a-t-il assuré, estimant que son expérience comptait plus que sa nationalité.
Brahim Diaz, la finition et l’équilibre offensif
Le sélectionneur a aussi défendu son animation offensive, notamment le positionnement de Brahim Diaz. Utilisé sur un côté, le joueur du Real Madrid a déjà délivré deux passes décisives dans la compétition. “Il peut jouer partout”, a rappelé Ouahbi. “On a beaucoup de 10. Ceux qu’on met sur les côtés, ce sont les 10 qui sont les plus aptes à jouer sur les côtés.” Selon lui, Brahim Diaz n’est pas enfermé sur la ligne et se retrouve déjà souvent dans l’axe dans l’animation.
L’efficacité offensive reste toutefois un sujet. Le Maroc se crée des occasions, mais ne les convertit pas toujours. Ouahbi reconnaît que son équipe a souvent besoin de beaucoup d’occasions pour marquer, mais refuse d’y voir un problème alarmant. “On va marquer plus de buts plus tard, vous allez voir”, a-t-il lancé, en disant voir de meilleures intentions, de meilleurs déplacements dans la surface et un groupe qui progresse.
Sur la gestion de ses changements, critiquée par certains observateurs, Ouahbi a expliqué avoir surtout raisonné en fonction de l’intensité et du pressing. Lors du premier match, les remplacements étaient venus plus tôt parce que les joueurs ne pouvaient plus maintenir le pressing demandé. Contre le Brésil, l’équipe avait besoin de courses en profondeur. Lors du deuxième match, il a senti ses titulaires capables de tenir plus longtemps. “Quand je fais des changements, c’est pour apporter quelque chose à l’équipe. Si ça n’apporte pas à l’équipe, je ne le fais pas”, a-t-il résumé.
Tenir l’intensité, rester solide
Le sélectionneur n’est pas inquiet non plus de la baisse de régime observée en seconde période. Il reconnaît des premières mi-temps plus abouties, mais rappelle que le Maroc n’a pas encaissé après la pause depuis le début du tournoi. “Il n’y a rien d’alarmant”, a-t-il dit. “On grandit dans la compétition, tactiquement, physiquement et mentalement.”
Ouahbi a également insisté sur la solidité collective. Contre l’Écosse, le Maroc aurait voulu “tuer le match” plus tôt, mais il a su préserver son avantage. “Il y en a qui voient le négatif, moi je vois le positif”, a-t-il dit. Pour lui, le fait de savoir souffrir ensemble a renforcé le groupe.
Présent en conférence de presse, le gardien Munir El Kajoui a, lui aussi, insisté sur l’état d’esprit du groupe. Appelé à rester prêt derrière Yassine Bounou, il a rappelé que son rôle était d’aider l’équipe “sur le terrain, en dehors du terrain et en tribune”. “C’est mon objectif, toujours être prêt pour aider l’équipe”, a-t-il expliqué, assurant que le groupe était “très uni”, “très motivé” et “focalisé” sur cette Coupe du monde.

Le gardien a également apporté son soutien à Achraf Hakimi, interrogé dans le contexte de la confirmation, par la justice française, du renvoi du défenseur marocain devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine pour viol présumé, des accusations que le joueur conteste. La question posée en conférence de presse évoquait des “fake news” autour du capitaine des Lions de l’Atlas. “Tout le monde soutient notre capitaine au Maroc”, a répondu Munir El Kajoui, affirmant que le groupe serait “toujours derrière lui”, “aujourd’hui” et “jusqu’à la fin”.
Enfin, interrogé par la presse brésilienne, Ouahbi a estimé que le Brésil pouvait “aller très loin” dans ce Mondial. Il a salué une équipe compacte, capable de punir à la moindre occasion, avec “deux ou trois joueurs qui peuvent faire la différence” et l’expérience de Carlo Ancelotti. Mais avant d’imaginer la suite, son message reste inchangé : Haïti d’abord, la victoire d’abord, les calculs ensuite.
Mondial 2026 : Haïti veut “la plus belle sortie possible” face à un Maroc de “très haute altitude”
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