OCS-USM Alger. Encore une fois, l’hospitalité marocaine se heurte à la violence
On croyait que les autorités avaient retenu les leçons de la finale de la CAN 2025, mais ce n'est visiblement pas encore le cas. Le stade Al Massira de Safi a été le théâtre de scènes de désolation ce dimanche 19 avril. En amont de la demi-finale retour de la Coupe de la confédération opposant l'Olympique Club de Safi à l'USM Alger, le comportement violent d'une partie du public visiteur a plongé la rencontre dans le chaos quelques minutes avant le coup d'envoi.
L’ambiance de la rencontre, déjà électrique, a sombré dans le chaos total quelques minutes avant le coup d’envoi. Dans un déchaînement de violence, des supporters du club algérois ont forcé les barrières de sécurité pour s'en prendre physiquement aux organisateurs, aux agents de sécurité, ainsi qu'aux jeunes ramasseurs de balles présents en bord de terrain.
Une partie du public de Safi est ensuite descendue sur la pelouse pour faire front. S'en est ensuivi un bras de fer tendu lorsque les joueurs de l'USMA ont regagné les vestiaires, refusant de reprendre leur place sur le rectangle vert, provoquant un retard d'une heure et 20 minutes.
Les infrastructures du stade Al Massira ont subi des dégâts considérables sous les assauts d'une partie du public visiteur. Les images montrent en effet des sièges méthodiquement arrachés par certains supporters de l'USMA, avant d'être transformés en projectiles.
Le corps médical a dû intervenir d'urgence pour soigner un journaliste marocain, grièvement blessé à la tête après avoir été pris pour cible alors qu'il exerçait ses fonctions.
أعمال شغب من طرف جماهير اتحاد العاصمة الجزائري تسفر عن إصابة مصور صحفي مغربي، خلال مباراة إياب نصف نهائي كأس الكونفيدرالية الإفريقية #SNRTnews #اتحاد_العاصمة #آسفي #كأس_الكونفيدرالية #كرة_القدم pic.twitter.com/N51EarXXdD
— SNRTNews (@SNRTNews) April 19, 2026
Pour Moncef El Yazghi, expert en politiques sportives, le chaos provoqué par les supporters de l’USM Alger à Safi n'est pas un événement isolé. Il s'agit de la conséquence directe d’un climat d’hostilité entretenu et d’une défaillance dans le traitement médiatique international.
Dans un échange avec Médias24, l'expert explique que ce qui s'est produit au stade El Massira s'inscrit dans une continuité. Il décrit un état de "frénésie", voire d'"excitation extrême", qui accompagne désormais le public algérien dans ses déplacements. L’expert rappelle que ce comportement fanatique et enclin au débordement avait déjà été observé lors de la Coupe d’Afrique, notamment lors du match des quarts de finale contre le Nigeria à Marrakech. Pour lui, le stade n’est que le miroir d’une tension plus profonde.
Le rôle des médias algériens soulève également des interrogations. Alors que les médias officiels marocains s’abstiennent de toute hostilité, la presse algérienne diffuse quotidiennement des discours de haine, de calomnies et de mensonges à l’égard du Maroc.
"Ce matraquage quotidien ne peut produire qu'un public violent qui voit le Maroc comme un ennemi", explique-t-il. Cette haine instillée expliquerait l’audace incroyable d’un petit groupe (estimé entre 200 et 500 individus) capable de descendre sur la pelouse pour agresser des photographes et des supporters marocains au milieu d’un stade de 10.000 personnes.
Notre interlocuteur pointe également du doigt la responsabilité des diffuseurs, et plus particulièrement de beIN Sports, car la chaîne a selon lui manqué d'objectivité en raison du positionnement de ses caméras.
En focalisant l'image uniquement sur le centre du terrain, la chaîne a montré les supporters marocains arrivant depuis la gauche, occultant l’origine réelle du conflit. "L'origine des faits s'est déroulée sur la droite de la tribune de presse, une zone que les caméras n'ont pas montrée", précise l'expert. Ce cadrage a eu pour effet de présenter la réaction marocaine sans montrer l'agression initiale des supporters visiteurs contre les journalistes et le public.
Un contraste saisissant est en outre à noter entre le comportement des deux pays en termes d'accueil et de symboles :
- Les drapeaux : Le Maroc a choisi de hisser le drapeau algérien lors des rencontres à Safi, alors qu'il n'y est pas contraint par les règlements de la CAF. En revanche, le drapeau marocain a été totalement banni lors des deux matchs disputés en Algérie.
- L'accès au territoire : Le Maroc a maintenu une politique de porte ouverte, permettant aux supporters algériens de venir sans visa. À l'inverse, les supporters marocains sont privés de déplacement vers l'Algérie en raison des restrictions politiques.
Pour El Yazghi, cette volonté marocaine d’élever la pratique sportive au-dessus des conflits politiques a "montré ses limites" face à une partie adverse qui ne suit pas les mêmes règles de conduite.
Côté disciplinaire, si le rapport de l’observateur de sécurité de la CAF confirme que le chaos provient des supporters algériens, les conséquences pourraient aller jusqu'à priver l'USM d'Alger de son public lors de la finale prévue contre le Zamalek.
Le cri du cœur de Youssef El Motie : "Fini la politique des théières !"
L’indignation a gagné le vestiaire de l’Olympic de Safi, portée par la voix de son gardien de but, Youssef El Motie. Le portier safiot a fustigé ce qu'il appelle désormais la "politique des théières", une métaphore frappante de l'hospitalité marocaine, mais trop souvent perçue comme une faiblesse par ceux qui ne la respectent pas.
L'ex-gardien du Wydad de Casablanca a rappelé avec amertume le contraste flagrant entre l'accueil réservé aux Algériens et le calvaire vécu par son équipe au match aller. Alors que le Maroc a mobilisé des bus de haut standing et une logistique irréprochable pour assurer le confort des visiteurs, El Motie a dénoncé le traitement indigne subi par la délégation marocaine en Algérie, où les joueurs avaient été contraints de patienter dans des conditions humiliantes, allant jusqu'à devoir s'asseoir à même le sol et à voir leur passeport confisqué pendant un long moment.
"Nous les accueillons avec les honneurs et ils nous répondent par le sabotage et l'agression", a-t-il déploré en substance, affirmant que le temps de la complaisance est révolu et que le football national doit désormais imposer une stricte réciprocité.
Des zones d'ombre sur l'organisation et les règlements
Cet après-match laisse place à de nombreuses interrogations légitimes sur les failles sécuritaires et les décisions prises en amont de cette rencontre sous haute tension. En tant qu'observateurs du football national, on ne peut que s'étonner de la présence de lance-pierres entre les mains de supporters algériens. La question de savoir comment de tels outils, qui peuvent s'apparenter à de véritables armes dans un contexte de foule, ont pu franchir les différents cordons de contrôle à l'entrée du stade reste un mystère total.
Parallèlement, une polémique grandissante enfle sur les réseaux sociaux concernant des images troublantes montrant ce qui semble être une distribution gratuite et massive de billets à des supporters de l'USM Alger contre la simple présentation d'un passeport algérien. L'incompréhension est là encore totale : comment une telle largesse logistique a-t-elle pu être accordée à des individus qui ont fini par vandaliser le stade de leurs hôtes et agresser des journalistes ?
🇲🇦⚽️🇩🇿| Le club OC Safi 🇲🇦 offre des billets gratuits pour tout les supporters algériens 🇩🇿 de l’USM Alger.
Quelques minutes plus tard, les supporters algériens 🇩🇿 saccagent le terrain et jettent chaises et fumigènes, faisant retarder la demi-finale africaine. pic.twitter.com/yH1RnKTe2S
— Morocco Intel (@MoroccoIntel) April 19, 2026
Rappelons que le match s'est soldé par un nul 1-1. Ce résultat ne suffisait pas pour assurer la qualification en finale de cette compétition, d’autant que la CAF applique toujours la règle du but marqué à l’extérieur. En effet, le match aller disputé à Alger s’était achevé sur un score nul et vierge (0-0).
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