Nizar Baraka : “Les grands succès de notre secteur portuaire nous confortent” (SIPORTS 2026)
La 1re édition du Salon international des ports (SIPORTS 2026) a ouvert ses portes ce mercredi 1ᵉʳ avril à El Jadida. Face aux récentes mutations du secteur, ce carrefour d’expertise entend capitaliser sur les acquis qui font du Maroc un hub maritime régional, tout en saisissant les voies de nouvelles opportunités économiques.
La 1re édition du Salon international des ports (SIPORTS) s’est ouverte ce mercredi 1ᵉʳ avril 2026 à El Jadida, en présence de Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l'eau, de Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, ainsi que de Jorge Santos, ministre de la Mer de la République du Cap-Vert.
Placée sous le thème "Les ports au cœur des transformations économiques et de l’intégration régionale", cette 1re édition intervient dans un contexte de réflexion stratégique particulier, compte tenu de l'impact du blocus du détroit d'Ormuz sur le trafic maritime. Si cette crise menace les chaînes d’approvisionnement, elle offre également une fenêtre d’opportunités que le Maroc, par son positionnement géographique stratégique, se doit de saisir.
"Dans ce nouvel environnement, il est impératif de repenser les modèles logistiques à l’échelle régionale et continentale, en favorisant des chaînes de valeur plus robustes, diversifiées et sécurisées, capables de faire face aux incertitudes globales et de répondre aux enjeux de souveraineté, notamment alimentaire et énergétique", a souligné Nizar Baraka dans son allocution.
" De Tanger Med à Nador West Med, de Casablanca à Dakhla Atlantique, les grands succès de notre secteur portuaire nous confortent", a ajouté le ministre de l’Équipement et de l’eau.
Le développement du secteur portuaire au cours des vingt-cinq dernières années a porté ses fruits de manière concrète, érigeant le Maroc en véritable hub régional du transport maritime. Fer de lance de cette dynamique, Tanger Med a enregistré un trafic record de 12 millions de conteneurs en 2025, confortant sa place de premier port africain et méditerranéen.
À cela s'ajoutent les rôles stratégiques des ports de Casablanca et de celui de Jorf Lasfar qui va faire l'objet d'une extension imminente.
Le réseau portuaire va s'étendre davantage avec l'entrée en lice de Nador West Med dès la fin de l'année, suivie de l'inauguration très attendue du port de Dakhla Atlantique en 2028.
Cependant, ces succès ne doivent pas être considérés comme des acquis dans un monde en mutation rapide et un contexte géopolitique de plus en plus incertain.
"Notre ambition est claire : faire des ports marocains des plateformes intégrées, durables, intelligentes et hautement compétitives", a affirmé Nizar Baraka.
Parmi les projets structurants de la stratégie de développement maritime figure la transition énergétique. Les ports de Nador West Med, Tan-Tan et Dakhla Atlantique sont ainsi appelés à devenir de futurs points d'exportation de l’hydrogène vert.
Par ailleurs, Nador West Med jouera un rôle majeur en tant que futur hub énergétique, puisque le projet de terminal d'importation de GNL (gaz naturel liquéfié) fait actuellement l’objet d’une révision stratégique.
"Compte tenu du contexte actuel, ce port revêt une importance stratégique : premièrement, pour garantir la sécurité énergétique et gazière de notre pays ; deuxièmement, pour renforcer les capacités de stockage de gaz ; et troisièmement, pour faciliter sa conversion et accroître la compétitivité de notre économie dans ces régions, ainsi que vers d'autres régions du pays grâce au gazoduc", a précisé Nizar Baraka.
Sur le plan technique, cinq grandes priorités techniques structurent aujourd’hui la stratégie marocaine à l’horizon 2030 :
- La transition énergétique et durable, en faisant de nos ports des acteurs engagés dans la décarbonation et la protection des écosystèmes marins et littoraux.
- L’adaptation de nos infrastructures aux effets du changement climatique, à travers des solutions d’ingénierie innovantes, résilientes et anticipatives.
- Le renforcement de la sécurité et de la sûreté portuaires, condition essentielle à la continuité et à la fiabilité des opérations.
- L’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle, afin d’optimiser la gestion, la performance et la qualité des services portuaires.
- L'excellence dans la conception et la réalisation des ouvrages maritimes, en privilégiant la durabilité et l’innovation.
Sur le plan régional, la stratégie marocaine, centrée sur l’initiative atlantique avec les pays du Sahel, s’appuiera pour sa mise en œuvre sur le grand port Dakhla Atlantique à partir de 2028. À terme, celui-ci deviendra une plateforme des échanges commerciaux intra-africains, générant croissance économique et prospérité pour les populations africaines ne disposant pas de façades maritimes.
À découvrir
à lire aussi
Article : Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)
Après un semestre marqué par une correction du marché, quelles valeurs ont résisté ? Quels secteurs ont tiré leur épingle du jeu ? Et où les investisseurs ont-ils concentré leurs échanges ? Voici le bilan des six premiers mois de 2026 à la Bourse de Casablanca à travers les principales performances de la cote.
Article : Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations
Les exportations textiles reculent de 9,1% à fin mai 2026, une baisse que les perturbations logistiques du premier trimestre ne suffisent plus à expliquer. L’aggravation de la baisse en avril et mai montre que le problème dépasse désormais le seul facteur logistique. La cause principale est aujourd’hui le déficit de main-d’œuvre, qui pèse directement sur la production, les délais de livraison et la capacité des entreprises à honorer leurs commandes.
Article : Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco
Le britannique Hydro Industries Limited s’implante au Maroc avec la création de Hydro Services Morocco, une SAS au capital de 1 MDH dédiée aux métiers du traitement de l’eau, de l’assainissement et du dessalement.
Article : Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain
Si la volonté d'éviter une dépendance exclusive envers les États-Unis est réelle, l'équation budgétaire et le défi du nombre face à la flotte d'Alger imposent un examen attentif des réalités du terrain.
Article : Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère
Dix ans après l'établissement d’un partenariat stratégique entre Rabat et Pékin au cours de la visite royale en Chine en 2016, l’ambassadrice chinoise au Maroc a célébré cet événement en déclarant que les relations économiques bilatérales ont connu une progression exceptionnelle. Si les perspectives industrielles et touristiques apparaissent plus que prometteuses, la question d'une éventuelle reconnaissance chinoise de la marocanité du Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU demeure toujours entourée de précautions diplomatiques. Explications.
Article : IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026
Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc poursuivent leur progression à fin mai 2026. Porté par une hausse des recettes et un recul des dépenses, leur flux net atteint 23.319 MDH, en hausse de 41,8% par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent également une nette progression.