Pourquoi l’initiative royale Atlantique est un modèle d'intégration africaine (A. Benkhadra et Y. Amrani)
Lors d’une table ronde intitulée «l'Initiative royale atlantique du Maroc: l'Afrique au service de la coopération atlantique» qui s’est déroulée pendant la 13ème édition des Dialogues Atlantiques, la DG de l’ONHYM et l’ambassadeur marocain aux Etats-Unis ont cité les avancées prometteuses du projet de gazoduc Nigéria-Maroc et du port de Dakhla. Des exemples édifiants qui selon Amina Benkhadra et Youssef Amrani, montrent que l’intégration africaine reste possible dans le cadre d'un nouveau modèle de développement. Explications.
Organisée entre le 12 et la 14 décembre à Rabat par le Policy Center for the New South (PCNS), la 13ème édition de la Conférence internationale « Atlantic Dialogues » a porté sur l'Initiative atlantique dévoilée lors du discours royal du 48ème anniversaire de la Marche verte qui a proposé aux pays du Sahel d’utiliser la façade atlantique du Maroc pour désenclaver leurs économies.
Que va changer la proposition royale pour le continent africain ?
Au premier jour de ce rendez-vous annuel qui a coïncidé avec les 10 ans du PCNS, les participants à la table ronde ont rappelé le rôle précurseur du Maroc pour contribuer au développement économique africain à travers un renforcement croissant de la coopération atlantique qui permettra de désenclaver les économies de pays isolés et de renforcer leur intégration dans l’économie mondiale.
« Au départ, l’initiative royale part d’un état d'esprit ambitieux qui a évolué avec le temps en une forte dynamique qui va permettre de créer des richesses économiques et de stabiliser par la même occasion la région », a résumé l’ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis en ajoutant que cette stratégie est vouée à devenir un outil de paix et de stabilité indispensable pour l'Afrique dont les répercussions remonteront jusqu’à l'Europe.
L’occasion de préciser que cette initiative marocaine qui vise à répondre aux attentes africaines est complémentaire d'autres dispositifs d'intégration.
Sa vocation n’est en effet pas de concurrencer ou de ravir la place d'autres pays africains comme le Sénégal qui a une façade atlantique et encore moins de remplacer des mécaniques existants.
Un précieux outil de relance pour pallier les précédents avortés ou en crise
Et d’ajouter que cette stratégie "créée par et pour l’Afrique" renforcera la connectivité maritime de la façade atlantique de Tanger jusqu'à Cap Town avec la création de corridors énergétiques qui développeront les échanges économiques à travers les grands ports de Tanger Med et de Dakhla.
Citant la tentative avortée de lancer un marché commun via l'Union du Maghreb arabe (UMA) et la récente crise de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) marquée par le retrait imminent du Mali, du Burkina Faso et du Niger, le diplomate avance que l’initiative Atlantique recèle les outils nécessaires pour relancer le marché africain et l'intégration continentale.
Sachant que la CEDEAO traverse une crise inédite et que l’UMA n'a jamais décollé, la vison royale est, selon Youssef Amrani, une priorité du Maroc en terme de politique étrangère pour assurer la paix et la sécurité en Afrique où le Royaume constitue le deuxième investisseur du continent.
L’hyper-connectivité du futur port de Dakhla et le projet de gazoduc : des exemples parfaits d’une intégration africaine réussie
Citant à son tour l’exemple du futur port de Dakhla, la directrice générale de l'ONHYM avance que la construction de ce corridor maritime montre que le Maroc regarde de plus en plus vers l'Afrique.
Hormis cette zone où vont se développer des zones logistiques, des activités de pêche, de tourisme, d'hydrogène vert … qui ne manqueront pas de contribuer au développement de l'Afrique, Amina Benkhadra ajoute à sa lecture le projet de gazoduc Nigéria- Maroc, passant par 13 pays dont 3 enclavés, qui constituera l'archétype d’un projet d'intégration énergétique continentale Sud-sud qui permettra de renforcer la prospérité et la croissance de la zone
« Cette dynamique structurante va non seulement accélérer et démocratiser l'accès à l'énergie gazière non polluante à de nombreux pays mais également générer plus de richesse et d'emplois et moins d'immigration clandestine vers des pays européens », prédit Amina Benkhadra en se félicitant du fait que deux tronçons sur les 3 prévus par le projet seront fonctionnels à partir de 2029.
En conclusion, les deux intervenants ont affirmé que ces exemples de chantiers d’infrastructures vont constituer des leviers stratégiques s’inscrivant dans un nouveau modèle de développement durable plus innovant et inclusif pour satisfaire les aspirations des pays africains désireux de relever ensemble les défis mondiaux et de surmonter les obstacles au développement …
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