PLF 2026 : Benali expose le bilan du chantier de la transition énergétique
En marge de la présentation du budget sectoriel de la Transition énergétique, Leila Benali a présenté, en commission parlementaire, le bilan de son ministère et son programme pour 2026, dernière année du mandat gouvernemental.
En présence de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, la commission des Infrastructures, de l'Énergie, des Mines, de l'Environnement et du Développement durable de la Chambre des représentants a discuté, les mardi 3 et mercredi 4 novembre 2025, le projet de budget sectoriel 2026 de la Transition énergétique.
Cette discussion a été l'occasion de discuter le bilan et le programme de ce département, dont le secteur constitue un segment stratégique sur lequel le Maroc compte énormément pour l'impulsion de son développement économique et social.
Entre réalisations, chantiers en cours et également des retards, voici où en est le chantier de la transition énergétique au Maroc.
"Je suis pro-énergie nucléaire, mais, en raison de la gouvernance que nous avons dans le secteur de l’énergie au Maroc et parce que celui-ci n’est pas encore considéré comme un secteur souverain, je ne permettrai pas que le nucléaire entre au Maroc avant que nous ayons réformé notre gouvernance. Je l’ai dit avant et je le répète : c’est la même chose pour le secteur des métaux si nous n’améliorons pas sa gouvernance", a déclaré Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable.
La part du renouvelable dans le mix énergétique stagne malgré des investissements colossaux
Dans le domaine des énergies renouvelables, le Maroc a atteint 45% de capacités installées et vise l'objectif de 52% avant 2030, voire au-delà. En plus des engagements climatiques du Maroc, cette ambition a pour but de réduire le coût de la facture énergétique, d'encourager l'efficacité énergétique et de promouvoir la décentralisation de la production énergétique.
Depuis 2021, le gouvernement a doublé ses investissements, atteignant 800 millions de dollars annuellement, et compte désormais dépasser le milliard de dollars d’investissement. Ce montant devrait augmenter davantage si le taux de croissance atteint 6 %, a précisé Leila Benali.
Grâce à ces investissements mobilisés, la dépendance énergétique a diminué de 97% en 2008 à moins de 87 % en 2024. Jusqu'au mois d'août 2025, le gouvernement a intégré 12 gigawatts de puissance installée sur le réseau émanant d’énergie solaire, éolienne et du gaz.
Cependant, malgré ces puissances installées, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique se situait, en 2024, entre 12 et 20 % en raison de leur intermittence.
Durant l'année 2025, le ministère a autorisé 56 projets d'énergies renouvelables, représentant une capacité totale de 2,6 gigawatts. Parmi eux, 28 projets, de plus grande envergure, ont été approuvés dans le cadre de la loi 13-09 pour une capacité de 2,3 GW, tandis que les 28 autres, de plus petite taille, totalisent 338 mégawatts.
En 2026, la ministre prévoit la mise en service du projet Noor Atlas, d'une capacité de plus de 300 mégawatts, ainsi que celle de plusieurs parcs éoliens totalisant 665 mégawatts.
Récemment, le gouvernement a adopté un nouveau décret définissant les procédures administratives pour obtenir le statut d'autoproducteur. En raison de la nécessité de coordonner avec d'autres ministères, la ministre n'a pas donné d'échéances précises concernant les autres décrets d'application relatifs à l'autoproduction, qui devraient permettre le véritable démarrage de cette filière, notamment en fixant le prix de l'électricité autoproduite et les modalités de révision du seuil de 20% d'autoproduction.
Gaz naturel : lancement de l’appel d’offres d’infrastructures gazières en novembre 2025
En tant qu'énergie de transition, le gaz naturel voit sa part augmenter progressivement dans le mix énergétique marocain. Cette stratégie vise à faciliter, à terme, sa substitution par l'hydrogène vert, une fois que les technologies associées auront atteint leur maturité.
À l'horizon 2030, dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route "Gaz naturel 2024-2030", la demande marocaine devrait atteindre 12 milliards de mètres cubes, contre 1,2 milliard actuellement, soit une multiplication par dix.
La ministre de la Transition énergétique a annoncé que l'appel d'offres relatif à la première phase de développement de la plateforme d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL) au port de Nador West Med, ainsi que les nouvelles extensions du gazoduc Maghreb-Europe vers Kenitra et Mohammedia, devraient être lancés en novembre 2025.
La ministre a également indiqué que plus de 80 entreprises avaient manifesté leur intérêt suite à l'appel à manifestations d'intérêt (AMI). Le financement de cette première phase de l'infrastructure gazière nationale devrait s'effectuer dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP), dont la forme exacte est en cours de finalisation en concertation avec le ministère de l'Économie et des Finances (MEF).
En parallèle à ce projet stratégique, la loi relative au gaz naturel devrait être remise sur le circuit législatif avant la fin de l'année en cours. Très attendue, cette loi vise à offrir un cadre plus structuré, anticipant la future augmentation de la demande en gaz naturel.
Secteur minier : le cadastre minier finalisé en mars 2026
En ce qui concerne le secteur minier, les opérateurs attendent encore l’aboutissement de la réforme de la loi minière 33-13. À l’image de la loi sur le gaz naturel, Leila Benali a déclaré que cette réforme devrait entrer dans le cycle d'adoption avant la fin de l’année 2025.
Tentant d’expliquer ce retard, la ministre a indiqué que son département a pris trois ans dans le réexamen de cette loi, rappelant que parmi ses premiers dossiers après sa nomination figurait la mort de cinq mineurs à Taous suite à un effondrement d'une mine artisanale, et qu’elle assumait la responsabilité de ce retard afin que le nouveau cadre ne permette pas qu'un tel drame se reproduise.
Pour mémoire, la version d’avant-projet remise précédemment pour consultation publique contient plusieurs nouvelles dispositions notamment le statut d’employé minier, la liste des minerais critiques et stratégiques, cadre ESG mieux détaillé et développé , accompagnement de l’activité minière artisanale…
La réforme minière attendue vise particulièrement à renforcer le positionnement du Maroc sur le marché mondial des métaux critiques à travers le développement de nouvelles industries de transformation. Elle vise également à adapter les chaînes de valeur minières pour les rendre plus résilientes et intégrées, à améliorer la protection du secteur contre les fluctuations des marchés mondiaux, mais surtout à stimuler l'investissement national et international en renforçant la gouvernance et la transparence.
Afin d'encadrer davantage les exploitations minières au niveau du domaine public maritime, l’adoption du décret qui concerne les démarches pour l’obtention et le renouvellement de l’exploitation des sables et autres matériaux présents dans les cordons dunaires du littoral est imminente.
En ce qui concerne l'organisation institutionnelle, une loi-cadre, récemment examinée en commission parlementaire, acte la transformation de l'ONHYM en société anonyme. Cette mesure vise à donner un nouvel élan à l'organisme en augmentant significativement sa capacité d'investissement.
Dans le cadre de ces réformes institutionnelles, les rôles de l’Agence marocaine d’efficacité énergétique (AMEE) devront être élargis pour encadrer également l’efficacité des ressources naturelles, notamment hydriques, a annoncé Leila Benali.
Dans le cadre de la simplification des procédures et de l'octroi de plus de transparence au secteur minier, le ministère de la Transition énergétique finalise la mise en œuvre du cadastre minier national qui devrait être opérationnel en mars 2026.
À terme, il permettra de simplifier les procédures administratives, de réduire le nombre de documents demandés, en particulier aux petites entreprises minières, de réduire les délais/charges administratives, de renforcer l'efficacité dans la gestion de cette activité minière et de faciliter l'accès à l'information.
Ce cadastre permettra notamment de numériser plus de 40 procédures administratives relatives à la demande, à l'octroi et au suivi des licences minières.
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