Société MAS SA. Omar Bennis ouvre la voie à une révision de la procédure
Alors que le MAS de Fès entame sa saison 2025-2026 avec un stage à Benslimane, lundi 30 juin, Omar Bennis, président de la société MAS SA, revient sur les zones d’ombre liées à la création et à la valorisation de cette société. Pendant ce temps, la candidature de Mohamed Bouzoubaa à la présidence fait grand bruit.
Après un exercice 2024-2025 terminé dans le ventre mou du classement (8e), l’équipe première du Maghreb Association Sportive de Fès (MAS) prépare la saison prochaine dès le lundi 30 juin par un stage d’une dizaine de jours à Benslimane. Mais c’est en coulisses que se joue l’avenir du club, notamment autour de sa gouvernance et de la création de la société MAS SA.
Selon un post Facebook publié au nom de plusieurs membres actuels du MAS et d'anciens présidents du club, ces derniers soutiennent vivement la candidature à la présidence du club de Mohamed Bouzoubaa, personnalité influente du secteur du bâtiment au Maroc et fondateur du groupe TGCC.
Afin de vérifier cette information, nous avons tenté de joindre Mohamed Bouzoubaa pour recueillir ses commentaires, mais il n’a pas donné suite à nos sollicitations.
En revanche, le dimanche 29 juin, le président actuel de la société MAS SA, Omar Bennis, est revenu sur plusieurs points importants concernant la création et la gestion de la société MAS SA.
En effet, lors d’un live diffusé sur les réseaux sociaux officiels du MAS, le président, nommé il y a un mois à la tête de la société sportive, précise que cette dernière est bel et bien enregistrée légalement, disposant d’un registre de commerce et d’un compte bancaire, mais que la procédure de création n’a pas respecté intégralement les dispositions de la loi 30.09 (à partir de 2 mn 29 s).
Selon Omar Bennis, "lors de la création de la société, l’association qui l’a fondée devait posséder l’ensemble des actions avant toute entrée d’investisseurs par augmentation de capital". Or, il explique que cette étape n’a pas été respectée, affirmant que "dès la création, un communiqué mentionnait déjà une distribution d’actions. Certaines personnes ont reçu des parts, et environ 30% seulement ont été laissées à l’association, sans aucune évaluation préalable de la valeur du MAS".
Le président du MAS précise que cette situation a également été jugée non conforme par la Ligue nationale de football professionnel. "J’ai eu des échanges avec la Ligue nationale de football (LNFP), qui m’a expliqué que la manière dont la société a été créée n'était pas acceptable. Et je partage son avis".
Et pour cause, concernant la valorisation du club, Omar Bennis estime que celle-ci a été largement sous-évaluée. "Si une estimation a été réalisée, elle se basait sur une valeur d’un milliard de centimes (soit 10 millions de dirhams). Or, selon notre propre analyse et les comparatifs avec d’autres clubs marocains, le MAS vaut entre 150 et 200 millions de dirhams".
Raison pour laquelle Omar Bennis a annoncé qu'une nouvelle évaluation, menée par des cabinets internationaux, serait prochainement lancée afin de rectifier le tir.
Pour remettre le club en conformité, Omar Bennis évoque la nécessité de revoir l’ensemble du processus. "L’association devra récupérer les actions cédées à des particuliers avant qu’une évaluation indépendante ne soit effectuée. Ensuite, ceux qui ont déjà investi pourront convertir leurs apports en actions à travers une augmentation de capital et d’autres investisseurs pourront également rejoindre le projet".
Et d’ajouter, en assurant que Mohamed Bouzoubaa s’est engagé personnellement dans ce cadre, que l’un des plus importants contributeurs du MAS "m’a donné sa parole. Il est prêt à rendre les actions qu’il détient à l’association pour que tout soit régularisé". Enfin, Omar Bennis souligne qu'Ismail Jamaï et Mohamed Bouzoubaa détiendraient près de 67 % du capital de la société MAS SA.
Si ces déclarations apparaissent comme une volonté de clarification et de réforme, la situation du club demeure toutefois fragile. La candidature de Mohamed Bouzoubaa, bien que mentionnée, reste à confirmer, tout comme la capacité des différents acteurs à travailler ensemble dans un cadre conforme à la réglementation, et surtout dans l’intérêt du MAS.
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