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ECONOMIE

Exportations textiles. Pourquoi la demande européenne a baissé  (Abderrahmane Atfi)

Les exportations textiles ont reculé de 2,7% sur les quatre premiers mois de 2025. En cause : la baisse de la demande en Europe, liée au remboursement des aides Covid. Ainsi, faute de diversification, le secteur reste exposé aux soubresauts de ses marchés traditionnels.

Scène de production dans une unité textile
Scène de production dans une unité textile
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Le 8 juin 2025 à 16h13 | Modifié 8 juin 2025 à 10h18

Les exportations textiles marocaines accusent un repli de 2,7 % sur les quatre premiers mois de l’année 2025, en comparaison avec la même période de 2024. Cette baisse, bien que modérée, n’est pas une simple fluctuation conjoncturelle : le secteur est en stagnation depuis longtemps.

La dépendance aux marchés européens est à l’origine du recul des exportations textiles

Contacté par Médias24, Abderrahmane Atfi, industriel et ex-président régional de l’Association marocaine des industries du textile (AMITH) pour Casablanca, indique que cette tendance s’inscrit dans un contexte plus profond, marqué par la fragilité des débouchés traditionnels et les limites internes du modèle productif.Le repli s'explique par le remboursement des aides Covid, qui pèse sur la trésorerie des entreprisesSelon lui, la principale cause de cette baisse réside dans le ralentissement de la demande européenne, en particulier en provenance de la France et de l’Espagne, deux marchés historiques pour le textile marocain.

"Ce repli reflète un début de cycle de remboursement des avances de trésorerie octroyées par les gouvernements européens aux entreprises pendant la crise sanitaire. Ces entreprises, aujourd’hui, doivent rembourser les aides Covid, ce qui pèse lourdement sur leur trésorerie et réduit mécaniquement leur capacité d’achat", explique-t-il.

Face à cette contraction de la demande dans ses marchés traditionnels, le secteur marocain se retrouve fragilisé. Une diversification géographique des exportations est certes possible, admet Abderrahmane Atfi, mais elle se heurte à une autre contrainte majeure : les capacités limitées de production au Maroc.

"Même si l’on parvient à diversifier nos marchés et à ouvrir de nouveaux canaux commerciaux, que se passera-t-il si, un jour, tous ces marchés nous sollicitent simultanément ? La vérité, c’est que nous ne pourrons pas répondre. Nos capacités sont insuffisantes pour honorer des commandes en volume important", précise notre source.

Cette situation crée un cercle vicieux : faute de pouvoir répondre à une demande élargie, le secteur reste concentré sur quelques marchés cibles. Mais lorsque ces marchés cibles traversent une période difficile, comme c’est actuellement le cas en Europe, l’ensemble de la chaîne marocaine en subit les conséquences.

Diversifier, oui… mais à quel prix ?

L’exercice s’annonce long, coûteux et incertain.

Pour Abderrahmane Atfi, la situation actuelle met crûment en évidence une faiblesse stratégique : l’absence du Maroc sur des marchés majeurs comme les États-Unis, l’Afrique ou l’Asie.

"Aujourd’hui, nos exportations se concentrent presque exclusivement sur l’Europe, et notamment sur deux ou trois pays seulement. Or, ni le marché américain, ni l’Afrique, ni l’Asie ne figurent parmi nos débouchés structurés. C’est un vrai problème", explique notre interlocuteur.La prospection est un travail de fond, long et exigeant, bien au-delà d’un simple démarchage commercialDans un contexte de repli des commandes européennes, cette dépendance devient risquée. "Il est important de se mobiliser pour prospecter, pour élargir notre champ d’action, pour compenser la baisse de la demande sur nos marchés traditionnels. Mais ce travail ne se fait pas en un claquement de doigts".

Selon Abderrahmane Atfi, la prospection commerciale à l’international est un processus complexe et exigeant. "Ce n’est pas un simple démarchage. C’est un travail en profondeur : il faut identifier les bons clients, comprendre leurs besoins, leur envoyer des échantillons, négocier, bâtir une relation de confiance. Et, surtout, être prêt à répondre lorsque le marché est mûr. Il faut que le dispositif logistique, commercial et industriel soit prêt à livrer dès que l’opportunité se présente", conclut-il.

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Le 8 juin 2025 à 16h13

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