Sawti, la plateforme qui veut réconcilier jeunes et MRE avec la politique
Disponible en neuf langues, dont la darija, l’outil permet de vérifier son inscription électorale, de comparer les partis et leurs positions, puis d’accéder à des quiz fondés sur des sources vérifiables.
Ismaïl Lahlou et Yassine Lahlou Kamal, deux jeunes entrepreneurs marocains, ont lancé Sawti, une plateforme conçue pour rendre l'information politique plus accessible, plus claire et plus compréhensible. Disponible en neuf langues, dont la darija, elle cible en priorité les jeunes et les Marocains résidant à l'étranger (MRE), les deux catégories qui votent historiquement le moins.
L'idée de Sawti.info est née d'une prise de conscience individuelle : "Le point de départ est un constat personnel, presque gênant : nous n'arrêtions pas de dire que nous aimions notre pays, mais concrètement, nous faisions un très mauvais travail en tant que citoyens", expliquent Ismaïl Lahlou et Yassine Lahlou Kamal.
En creusant la question, ils ont découvert qu'ils étaient loin d'être un cas isolé : "À peine un Marocain sur trois en âge de voter a voté en 2021, et les jeunes comme les Marocains de l'étranger sont ceux qui votent le moins." Plutôt que de se contenter d'un constat culpabilisant, les deux entrepreneurs ont choisi de construire l'outil qui leur avait manqué, en pensant précisément à ces deux publics.
Un parcours en quatre étapes
Concrètement, Sawti se présente comme un parcours en quatre étapes successives, pensé pour accompagner l'électeur depuis la vérification de son inscription jusqu'au jour du scrutin.
La première étape, intitulée "Je vérifie mon inscription", permet de vérifier son inscription sur les listes électorales.
La deuxième étape, "Je m'informe", constitue le cœur de la plateforme : elle permet de comparer les partis politiques et leurs positions à travers une fiche dédiée à chaque formation. Chaque fiche comprend le nom du parti, son signe, son courant politique ainsi que le nombre de sièges obtenus lors des législatives de 2021. Des sections complémentaires viennent enrichir cette base : un volet "histoire", qui détaille les origines du parti, ses fondateurs et les événements marquants de son parcours ; un "bilan parlementaire", qui recense les initiatives et projets de loi portés par la formation ; une rubrique "sujets", qui présente la position du parti sur des thématiques sensibles comme le code de la famille ou les libertés individuelles ; et enfin le programme électoral de chaque parti, dès l'ouverture de la campagne le 10 septembre.
La troisième étape, encore en cours de construction, prendra la forme de quiz. Ils seront disponibles dès la publication des programmes électoraux et permettront aux utilisateurs de comparer, sujet par sujet, les positions et les propositions des différents partis, en s'appuyant sur des sources vérifiables.
Enfin, la quatrième étape propose un lien permettant de programmer directement le jour du vote dans son calendrier personnel, pour ne pas manquer l'échéance.
Le choix d'un modèle non lucratif et la question de la neutralité
Ce constat citoyen a directement orienté le modèle du projet. Chez Sawti, personne n'est payé et personne ne cherche à monétiser la plateforme. Pour ses fondateurs, un outil censé aider les électeurs à choisir ne peut pas dépendre de la publicité ni de la monétisation des données des utilisateurs.
Sur une plateforme qui traite de politique, la question de la neutralité se pose inévitablement. Pour les fondateurs, l'objectif même de Sawti est neutre : il s'agit d'encourager les citoyens à trancher par eux-mêmes, jamais de les orienter vers une opinion en particulier.
"Nous ne sommes pas payés, nous n'avons aucun intérêt commercial ou partisan", insistent Ismaïl Lahlou et Yassine Lahlou Kamal. Au-delà de cette absence d'intérêt financier, ils traitent l'exigence de neutralité comme un défi à la fois technique et éthique, en s'appuyant sur une méthodologie publique, un travail avec des experts et des sources vérifiables pour l'ensemble des contenus liés aux positions politiques.
Un engouement inattendu parmi les Marocains du monde
Du côté des MRE, la plateforme a enregistré une forte fréquentation, particulièrement dans les jours qui ont précédé la clôture des inscriptions sur les listes électorales. Mais le principal enseignement tiré par les fondateurs n'était pas celui attendu.
"Nous pensions que le blocage était la complexité du processus d'inscription. La claque que nous avons prise, c'est de découvrir que la majorité des Marocains de l'étranger qui aiment le Maroc, qui en parlent, qui y viennent souvent, ne savaient même pas qu'ils avaient l'option de s'inscrire", relatent-ils.
Une grande partie de la valeur apportée par Sawti a donc consisté à faire savoir à cette diaspora que l'inscription sur les listes électorales était possible.
Les prochaines évolutions de la plateforme
Pour la suite, les fondateurs de Sawti envisagent de faire évoluer en priorité la deuxième étape du parcours. Conscients de ne pas être les mieux placés pour produire eux-mêmes du contenu politique, ils souhaitent mettre en avant les créateurs de contenu marocains qui traitent déjà ces sujets avec pédagogie.
Concrètement, cela passera par la création d'un annuaire permettant de trouver facilement qui parle de finance, de santé ou d'éducation, ainsi que par des outils destinés à aider ces créateurs à mieux comprendre et servir leur audience, notamment grâce à l'analyse de leurs commentaires.
à lire aussi
Article : Rahhou veut miser sur l'IA pour renforcer la transparence des marchés
Monographies sectorielles actualisées chaque année et nouvelles règles sur les échanges d'informations. Le Conseil de la concurrence entend mettre les mêmes données à la disposition des opérateurs en place et des nouveaux entrants.
Article : Maroc-Banque mondiale : 15 milliards, mais pour quels emplois ?
Prévu jusqu’en 2035, le nouveau partenariat entre le Royaume et l'institution de Bretton Woods doit orienter les interventions de la BIRD, d’IFC et de la MIGA vers la compétitivité des entreprises, les territoires et le capital humain. Mais les financements restent indicatifs et leur impact difficile à isoler.
Article : Drâa-Tafilalet peut-elle réussir son virage minier ?
Riche d’un sous-sol exceptionnel et d’un savoir-faire ancestral, la région de Drâa-Tafilalet, qui assure plus de 40 % de la production minière nationale hors phosphates, se positionne aujourd'hui comme la nouvelle frontière de l'investissement minier au Maroc. Entre la modernisation du modèle artisanal de la CADETAF et l'arrivée de grands opérateurs internationaux, le défi est désormais de structurer une chaîne de valeur durable et de lever les obstacles logistiques pour hisser ce territoire au rang de géant minier national.
Article : Feu vert à l'entrée d'Ayrad et de la CIMR dans le capital de CMT
Le Conseil de la concurrence a autorisé la prise de contrôle conjointe du groupe minier, dont 37,04% seront détenus indirectement par Ayrad, aux côtés des 16,12% conservés par la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite. L’opération doit désormais déboucher sur une offre publique d’achat obligatoire.
Article : Taroudant : à Ouneine, les Canadair freinent un incendie de plus de 100 ha
Environ 150 intervenants restent mobilisés face aux fumerolles et aux foyers résiduels, attisés par la chaleur et le vent. Aucune victime n’est à déplorer et les douars voisins ne sont pas menacés.
Article : Les prévisions météo pour le vendredi 17 juillet
Voici les prévisions établies par la Direction générale de la météorologie pour le vendredi 17 juillet 2026 : - Temps chaud à localement très chaud […]