Intérieur. Qui sont les deux femmes promues gouverneurs ?
Depuis le lundi 12 mai, l’Administration territoriale compte deux femmes gouverneurs de plus, que le Souverain a nommées en Conseil des ministres. Voici le parcours et les nouvelles missions de Hanane Riahi et de Bouchra Barradi.
Ceux qui connaissent les arcanes et le mode de fonctionnement du ministère de l’Intérieur savent qu'un agent d’autorité est désigné pour ses compétences. Homme ou femme, il doit s’acquitter des missions qui lui sont confiées. L’obligation de résultat est de rigueur, comme la reddition des comptes.
Dès cette semaine, deux responsables vont prendre leurs nouvelles fonctions en tant que gouverneurs. Hanane Riahi se chargera des affaires intérieures régionales à la wilaya de Marrakech-Safi, tandis que Bouchra Barradi prendra en charge les affaires et les problèmes de la population de l’un des arrondissements les plus "chauds" de Casablanca : Aïn Chock.
Caïd à Casablanca, Laâyoune et Tanger, (super) gouverneur à Marrakech
Hanane Riahi n’est pas inconnue des habitants (ou du moins une partie) de Casablanca, de Laâyoune et de Tanger. À sa sortie de l’Institut royal de l’administration territoriale (IRAT), elle est affectée à Casablanca comme caïd responsable d’une annexe administrative à Aïn Chock, puis occupe des missions similaires à la tête d’une autre annexe administrative de la préfecture d’arrondissement d’Anfa.
Par la suite, elle quitte la métropole pour le chef-lieu du Sahara. À Laâyoune, elle va diriger deux arrondissements avant que le devoir ne l’appelle à Tanger. D’abord, à la tête de l’arrondissement de Moghogha, puis de celui de Souani.
Casablanca, Laâyoune et Tanger sont trois villes où un agent d’autorité peut plonger, avec des facettes différentes, dans les problématiques et les contrastes du pays. Des villes où il faut à la fois lutter contre l’occupation du domaine public, gérer des imprévus, s’impliquer dans le maintien de la sécurité publique…
Mais là où elle a servi, Hanane Riahi a laissé un bon souvenir chez les acteurs politiques locaux comme auprès des populations, d'autant qu’elle a toujours œuvré aux côtés du tissu associatif, avec une sensibilité aux problèmes des femmes et des enfants.

Sauf que tout cela relève du passé depuis le 12 mai. "القايدة" Hanane, promue gouverneur, doit s’attendre à une tâche autrement plus ardue. À la tête des affaires intérieures régionales de la wilaya de Marrakech-Safi, elle hérite de l’un des services les plus sensibles de l’Administration territoriale dans cette région.
Elle devra à la fois gérer une véritable armée d’agents et d’auxiliaires d’autorité, coordonner leurs interventions sur le terrain, collaborer avec les représentants des services déconcentrés, avoir un œil (et son mot à dire) sur tous les dossiers sensibles de la région, suivre la dynamique de développement… Un vaste programme dans une région dont le chef-lieu (Marrakech, première destination touristique du pays) accueille et va accueillir davantage de grands rendez-vous de dimension internationale.
Rappelons enfin que c’est la première fois qu’une femme est chargée d’une telle mission au niveau régional.
Une première de la classe à Aïn Chock
Bouchra Barradi a un parcours sensiblement différent. Elle est lauréate de l’École nationale supérieure d’électricité et de mécanique (ENSEM). Et pas n'importe quelle lauréate ! Cette major de promotion s'est distinguée dans l’audit et le contrôle de gestion en électricité.
À la Lydec, on l’accueille à bras ouverts. C’est au sein de cette société que Bouchra Barradi a passé de longues années, assumant plusieurs responsabilités dont la direction du programme INDH-INMAE qui vise à connecter les quartiers défavorisés aux réseaux d’eau et d’électricité.
En 2020, le ministère de l’Intérieur jette son dévolu sur elle pour la nommer à la tête de la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Safi (RADES). Moins d’une année plus tard, elle est appelée à diriger la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité d’El Jadida-Sidi Bennour (RADEEJ). Une entité morte et enterrée avec l’entrée en service, fin 2024, de la Société multiservices régionale Casablanca-Settat (SRM).
Au moment de l’annonce de l’organigramme de cette SRM, on retrouve le nom de Bouchra Barradi parmi les trois directeurs adjoints, et elle hérite du service support, achat et système d’information.
Elle n’a pas le temps de s’installer dans ses nouvelles fonctions qu'elle est appelée à la préfecture d’arrondissement de Aïn Chock en tant que gouverneur et devra, de temps à autre, porter le treillis et se faire accompagner par la force publique.
Conseil des ministres : voici la liste des walis et gouverneurs nommés par le Roi
à lire aussi

Article : UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir
Formation médicale immersive, hôpital de haute technologie, recherche biomédicale et incubateur de startups santé… À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) déploie un écosystème hospitalo-universitaire intégré, articulé autour des soins, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Article : Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai
La DGSN a prolongé ses Journées portes ouvertes à Rabat jusqu’aux 23 et 24 mai 2026, en raison de l’engouement du public, afin de permettre aux visiteurs de découvrir ses missions, équipements et actions dans le cadre de sa stratégie de proximité avec les citoyens.

Article : Maroc-France : “Paris va rattraper le temps perdu au Sahara” (source autorisée)
Réunis à Rabat lors de la 2e conférence ministérielle sur le maintien de la paix dans l’espace francophone, le Maroc et la France ont affiché une convergence stratégique sans précédent. À l’issue de cette rencontre, le ministre français des Affaires étrangères a annoncé le renforcement de la présence française au Sahara, tandis qu’une source autorisée du Quai d’Orsay est allé plus loin en évoquant "un véritable rattrapage" français dans les provinces du Sud.

Article : Disty Technologies. “Même sans augmentation de capital, nous sommes en mesure de doubler notre chiffre d'affaires” (Younes El Himdy)
Disty Technologies a réuni analystes et investisseurs ce mercredi 20 mai à la Bourse de Casablanca pour revenir sur les quatre années écoulées depuis son IPO. L’occasion pour son fondateur Younes El Himdy de mettre en avant l’évolution du groupe, son positionnement dans la distribution IT au Maroc et sa confiance pour la suite.

Article : À Rabat, le Maroc et la France plaident pour une réforme des opérations de paix
Réunie le mercredi 20 mai 2026, la deuxième Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone a mis en avant la nécessité de mandats plus réalistes, de moyens mieux adaptés aux nouvelles menaces et d’une plus forte coordination entre pays francophones. Nasser Bourita y a rappelé l’expérience marocaine, forte de plus de 100.000 Casques bleus mobilisés depuis 1960, tandis que Jean-Noël Barrot et Antonio Guterres ont insisté sur l’urgence d’un modèle plus agile, face aux conflits armés, aux drones et à la désinformation.

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 20 mai
La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 20 mai 2026 en baisse, dans un marché marqué par le recul de plusieurs grandes capitalisations, notamment bancaires et industrielles. Le MASI est resté sous pression, malgré quelques rebonds isolés sur certaines valeurs.