img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
GITEX 2025

Cybersécurité. La diplomatie digitale, devenue un domaine stratégique à part entière

Face à la montée des cybermenaces et des usages de l’IA, Anne-Marie Buzatu, directrice exécutive de ICT4Peace alerte sur les risques systémiques, plaide pour une application adaptée du droit international et rappelle l’importance de la sécurité humaine.

Cybersécurité. La diplomatie digitale, devenue un domaine stratégique à part entière
Par
Le 15 avril 2025 à 19h57 | Modifié 16 avril 2025 à 8h32

Face à la montée des cybermenaces et des usages de l’IA, la diplomate suisse alerte sur les risques systémiques, plaide pour une application adaptée du droit international et rappelle l’importance de la sécurité humaine.

Dans notre émission consacrée à la cybersécurité, Médias24 a reçu Anne-Marie Buzatu, directrice exécutive d’ICT4Peace, une organisation suisse pionnière qui œuvre à promouvoir un cyberespace plus sûr, fondé sur le respect du droit international et le dialogue entre États.

Experte reconnue en diplomatie digitale, elle participe activement aux négociations multilatérales sur la cybersécurité et la gouvernance de l’Internet. À l’heure où les tensions géopolitiques se déplacent de plus en plus dans le champ numérique, elle apporte un éclairage précieux sur les défis de la paix numérique, les responsabilités des acteurs étatiques et privés, et les marges d’action des pays émergents.

La diplomatie digitale, un nouveau champ stratégique

Longtemps cantonnée à l’usage des outils numériques dans les processus diplomatiques, la “diplomatie digitale” a aujourd’hui pris une toute autre dimension.

“Il n’y a pas vraiment une définition officielle ou légale. Il y a 15 ou 20 ans, on parlait surtout de technologies pour faciliter les discussions. Aujourd’hui, c’est devenu un vrai domaine stratégique à part entière”, explique Anne-Marie Buzatu.

Désormais, la question centrale est celle du comportement des États dans le cyberspace, et de leur responsabilité dans ce nouvel espace d’interactions et de tensions.

Cyberconflits : “Attention au mot comme guerre”

L’idée d’une guerre numérique mondiale revient fréquemment dans le débat public. Une notion à manier avec précaution, selon la spécialiste. "Le mot ‘guerre’ a un sens très particulier en droit international. Parler de guerre numérique, c’est exagéré".  Pour autant, les menaces sont bien réelles, amplifiées par l’émergence de l’intelligence artificielle. "L’IA transforme les États et les environnements numériques. Cela crée de nouveaux défis, des impacts négatifs, et il faut s’adapter en conséquence".

Faut-il une nouvelle convention internationale pour encadrer le cyberspace ? Pour Anne-Marie Buzatu, le droit existe déjà, encore faut-il le comprendre et l’appliquer. "La plupart des États estiment que le droit international s’applique déjà. Ce qu’il nous faut, c’est interpréter et traduire ce droit aux activités en ligne. Une nouvelle convention serait difficile dans le contexte géopolitique actuel".

Charte des Nations Unies, traités sur les droits humains… Les bases sont là, mais nécessitent un travail d’adaptation et de pédagogie.

Gouvernance numérique : États, privés, société civile

La diplomatie du cyberespace ne repose plus uniquement sur les États. Aujourd’hui, le paysage est multipartite, souligne la directrice d’ICT4Peace. "Les entreprises qui développent les technologies, les experts techniques et la société civile ont aussi un contrôle effectif sur le cyberspace".  Cette dernière joue un rôle essentiel : "Elle remonte les impacts concrets des politiques numériques. Elle permet de vérifier si les nouvelles lois fonctionnent réellement sur le terrain".

La montée de l’IA générative soulève des enjeux majeurs de désinformation, de polarisation, de fracture démocratique. Des risques encore sous-estimés, selon Anne-Marie Buzatu. "Je crois que c’est une lacune importante dans les discussions internationales. Ces technologies peuvent influencer les élections, diviser les sociétés. Il faut en parler beaucoup plus".

Interrogée sur les priorités d’un pays émergent comme le Maroc, qui structure sa stratégie cybersécurité, Anne-Marie Buzatu formule une triple recommandation à savoir connaissance du contexte, inclusion des parties prenantes et protection des droits humains.

"Chaque pays doit d’abord bien comprendre son propre paysage de menace. Ensuite, adopter une approche holistique et multipartite", explique -t-elle.  Et de conclure : "La sécurité humaine est essentielle. Chaque politique publique doit intégrer cette notion. C’est avec elle qu’on sera mieux sécurisés et mieux connectés".

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 15 avril 2025 à 19h57

à lire aussi

Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements
SOCIETE

Article : Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements

Du trottoir aux stades, en passant par les services publics, l’institution présidée par Abdelkader Amara dresse un état des lieux sévère des usages de l’espace commun. Son avis, présenté le mercredi 10 juin, met en cause autant l’éducation, l’application des règles que la gestion de proximité.

Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta
Quoi de neuf

Article : Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta

À quelques heures du coup d’envoi de l’opération d’accueil des MRE, la nouvelle zone d’entrée a été ouverte dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin 2026, après plusieurs mois de travaux. La voie de sortie reste, elle, provisoirement en service avant une nouvelle phase de réhabilitation prévue après l’été.

Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat
Quoi de neuf

Article : Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat

Réuni le mercredi 10 juin à Casablanca sous la présidence de Aziz Akhannouch, le premier conseil d’administration a adopté le programme d’action et le budget 2026 de cette nouvelle structure, appelée à piloter une offre publique de soins qui compte 376 établissements de santé primaire et près de 4.943 lits dans la région la plus peuplée du Royaume.

Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc
Mines

Article : Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc

Sans graphite, pas de batterie électrique. C’est ce maillon discret, mais indispensable, que Falcon Energy Materials veut produire à Jorf Lasfar. Retardée par l’arrivée d’équipements depuis la Chine, son usine pilote s’apprête à démarrer. Mais avant la grande unité prévue à l’horizon 2028, l’entreprise doit franchir l’étape qui décidera de tout : convaincre les industriels de la batterie que le produit marocain peut entrer dans leurs chaînes d’approvisionnement. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce grand pari industriel pour le Maroc.

Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité
BUSINESS

Article : Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité

Depuis quelques semaines, le groupe OCP est scruté de près à cause d’un contexte tendu. Crise d’Ormuz, hausse du soufre, des milliards contractés en dette, annonce de réduction de la production… Le tout assoit l’idée que le groupe traverse une crise sans précédent. La réalité est plus nuancée et plus intéressante. Fin mai, le groupe a pris une décision qu’il nous a confirmée en exclusivité : remonter à 100% de ses capacités de production d’engrais d’ici fin juin. Une annonce à rebours de toutes les lectures faites jusque-là. Révélations.

Batteries électriques. La Chine défend ses investissements au Maroc et nie tout contournement commercial
ECONOMIE

Article : Batteries électriques. La Chine défend ses investissements au Maroc et nie tout contournement commercial

EXCLUSIF. Les investissements chinois au Maroc dans les batteries et les composants destinés aux véhicules électriques continuent d’alimenter les inquiétudes en Europe. Contactée par Médias24, l’ambassade de Chine défend une coopération industrielle alignée sur la stratégie du Royaume, tandis que la Commission européenne ne les remet pas en cause par principe, mais affirme surveiller les flux commerciaux, les structures de production et le respect des règles d’origine.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité