Au Conseil de sécurité, la question du Sahara, entre soutien croissant au Maroc et blocage algérien
Le Conseil de sécurité de l'ONU doit renouveler le 30 octobre le mandat de la Minurso qui expire le 31. La résolution de renouvellement est, comme chaque année, attendue. Explications.
Avant de se pencher sur le renouvellement du mandat de la Minurso, les membres du Conseil de sécurité présidé par la Suisse doivent d'abord passer en revue le rapport annuel du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara, transmis aux membres le 1er octobre.
Le 24 juillet dernier, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, avait déjà présenté son rapport sur la question du Sahara, couvrant l’évolution de la situation entre le 1er juillet 2023 et le 30 juin 2024. Tout en réitérant l’importance d’une "solution politique juste, durable et mutuellement acceptable", le rapport élaboré à la demande de l'Assemblée générale de l'ONU, avait constaté l'impasse persistante du processus onusien et l'absence de progrès de l'envoyé personnel Staffan de Mistura qui n'est pas parvenu à relancer les table rondes.
Un contexte clairement favorable au Maroc
Les discussions qui auront lieu au Conseil de sécurité durant ce mois d'octobre interviennent dans un contexte marqué par les succès diplomatiques Maroc. Le soutien international à l'initiative d’autonomie proposée par le Maroc, sous sa souveraineté, comme seule solution viable au conflit continue de croître, avec les derniers appuis du Danemark, et avant lui celui de la Finlande.
Au Conseil de sécurité, les États-Unis, pen holder sur ce dossier, avaient reconnu la souveraineté du Maroc sur la région en décembre 2020 sous l’administration du président Donald Trump et s'étaient engagés à ouvrir un consulat dans les provinces du sud du Maroc. L’administration du président Joe Biden a maintenu cette position comme l'attestent les récentes déclarations d'Antony Blinken suite à une rencontre avec Nasser Bourita en marge de la dernière Assemblée générale de l'ONU.
La France a récemment changé de position pour soutenir pleinement le plan d’autonomie marocain comme "seule base sérieuse et crédible" pour parvenir à une solution politique.
La Russie, de son côté, préfère les négociations directes entre le Maroc et le polisario aux tables rondes mais souligne que tout règlement final de la question devra être basé sur des résultats mutuellement acceptables.
Les trois membres africains du Conseil ne partagent aucune position commune. La Sierra Leone reconnaît la souveraineté marocaine sur son Sahara et a ouvert un consulat à Dakhla en août 2021. Le Mozambique reconnaît l'entité séparatiste du polisario, tandis que l'Algérie s'obstine, elle, qui est un l'acteur principal de la décision, qui s'emploie à saper le processus des tables rondes.
L'impasse du processus onusien
Le Conseil de sécurité qui, depuis plusieurs années, ne cesse de renouveler dans ses résolutions "sa volonté d'aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, basée sur le compromis", se trouve aujourd'hui face au défi de relancer les négociations directes entre les parties au conflit, suspendues depuis 2019, face à l’obstination de l’Algérie qui tente d'imposer un nouveau cadre de discussions entre le Maroc et le polisario, et aux multiples violations du cessez-le-feu par le polisario depuis novembre 2020.
Rappelons que le Conseil de sécurité des Nations unies est composé de 15 membres, dont cinq sont permanents et disposent du droit de veto sur les résolutions du Conseil que sont la Chine, la France, la Fédération de Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Dix membres non permanents sont élus pour un mandat de deux ans par l'Assemblée générale des Nations unies. Actuellement, les membres non permanents sont : l'Algérie, le Guyana, la République de Corée, la Slovénie et la Sierra Leone, dont les mandats s'achèveront en 2025, ainsi que l'Équateur, le Japon, Malte, le Mozambique et la Suisse, dont les mandats prendront fin en 2024.
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