Le gouvernement espère une croissance à 4,6% en 2025
La ministre de l'Économie et des finances a exposé le cadre général de l'élaboration du projet de loi de finances 2025. Les projections s'annoncent "positives", mais pourraient être révisées en cas "de nouvelle année de sécheresse".
Le gouvernement prévoit une croissance économique de 4,6% en 2025 contre 3,3% pour cette année 2024, annonce la ministre de l'Économie et des finances. Nadia Fettah Alaoui s'exprimait ce jeudi 25 juillet au Parlement, lors d'une réunion dédiée à la présentation du cadre général de l'élaboration du projet de loi de finances 2025. Nadia Fettah annonce ainsi une révision à la baisse de la prévision de croissance de cette année: 3,3 % au lieu de 3,7% prévus dans la Loi de Finances. La cause en est la faible campagne agricole.
Ces projections positives s'expliquent par "les signes de reprise économique à l'échelle internationale et la poursuite du redressement de l'économie nationale", observe la ministre. Sur le moyen terme, il est même prévu que la croissance dépasse les 4%.
"Ces prévisions pourraient toutefois être révisées si les perspectives de croissance mondiale, notamment dans l'Union européenne, se détériorent en raison des répercussions des tensions géopolitiques ou en cas de nouvelle année de sécheresse couplée à un produit agricole inférieur à la moyenne", souligne Nadia Fettah Alaoui.
Notons que le HCP, dans son budget économique exploratoire publié récemment, a prévu un petit 3% cette année 2024 et un modeste 3,7% en 2025.
En revanche, Bank Al-Maghrib prévoit 4,5% cette année et 4,8% en 2025.
La croissance conditionne la création d'emplois. La baisse du taux de croissance moyen, comme on l'a vu au cours des dernières années, a coïncidé et provoqué une hausse du chômage.
La modélisation économique atteint ici ses limites, puisque des éléments fondamentaux comme la demande en Europe ou la sécheresse au Maroc ne dépendent évidemment pas du gouvernement.
Le taux de croissance moyen s'était établi à :
*4,7% en 2000-2009 ;
*3,4% en 2010-2019 ;
*et, selon le HCP, tend à se stabiliser actuellement autour de 3%.
Les premières hypothèse du cadre macroéconomique des trois prochaines années évoquent un taux d'inflation établi à 2%.
La programmation budgétaire des trois prochaines années repose sur la maîtrise de l'évolution du déficit budgétaire en vue d'une baisse à 3,5% du PIB en 2025, puis à 3% en 2026 et 2027. Selon les données du ministère, ce déficit est établi à 4% sur ces six premiers mois de 2024. Il grimpe à 4,3% si l'on ne compte pas les cessions de participations de l'Etat.
Sur la base de l'évolution du déficit budgétaire escompté, on s'attend à ce que la dette publique poursuive sa tendance baissière sur le moyen terme, pour passer de 69,5% du PIB en 2023 à 68,4% courant 2025, puis à 66% à fin 2027. Cette évolution permettra de "de renforcer la viabilité" de la dette et la "reconstitution des marges financières pour faire face aux risques et crises potentiels", estime la ministre. Espérons qu'il pleuve !
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