Le département d'État US présente les atouts et lacunes du Maroc en termes d'investissements étrangers
Le département d’État américain a publié le mercredi 17 juillet son rapport annuel sur le climat d’investissement dans le monde, dans lequel il met en exergue les atouts et les ambitions du Maroc en tant que pays qui “encourage et facilite activement” les investissements étrangers et tend à s’imposer comme “hub régional d’affaires” et “porte d’entrée” vers le continent africain.
“Le Maroc encourage et facilite activement les investissements étrangers, en particulier dans les secteurs tournés vers l’export comme l’industrie manufacturière, à la faveur de politiques macroéconomiques positives, la libéralisation des échanges, des incitations à l’investissement et des réformes structurelles”, souligne la diplomatie américaine dans son rapport.
Selon la diplomatie américaine, le Maroc “met en œuvre des stratégies visant à stimuler l’emploi, à attirer les investissements étrangers et à accroître les performances et la production”, en mettant le cap sur les énergies renouvelables, l’automobile, l’aéronautique, le textile, les produits pharmaceutiques, l’offshoring et l’agro-industrie, comme étant des industries clés.
Dans le cadre de cette dynamique réformatrice, le rapport cite l’adoption en décembre 2022 de la nouvelle Charte de l’investissement qui “élargit considérablement les incitations aux investissements étrangers”.
Toutefois, le rapport souligne que l’inefficacité de la bureaucratie gouvernementale, la corruption et la lenteur des réformes réglementaires demeurent des défis. Outre ces problèmes structurels, le gouvernement marocain ne dispose pas d’un processus de sélection des investissements pour les secteurs critiques tels que les télécommunications, les minéraux critiques et les terres rares, et les énergies renouvelables.
Concernant les nouveaux secteurs porteurs, le document relève que le Maroc “continue d’engager des investissements majeurs en matière des énergies renouvelables et il est en bonne voie pour atteindre son objectif” visant à atteindre une part d’énergies renouvelables de 52% dans le mix énergétique national d’ici 2030.
Le Maroc a attiré le cinquième plus grand nombre d'investissements directs étrangers en Afrique en 2022. Les IDE entrants ont diminué de 6% en 2022 pour atteindre 2,1 milliards de dollars, contre 2,2 milliards de dollars en 2021, et contre un pic de 3,6 milliards de dollars en 2018, précise le rapport.
Mettant en avant les opportunités d’investissement vert qui comprennent les réseaux intelligents, l’hydrogène vert, le stockage d’énergie et les énergies renouvelables, le département d’Etat relève également que le Nouveau Modèle de développement, qui se veut un plan global de réforme économique, souligne l’ambition du Royaume d’augmenter la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie de 19,5% en 2021 à 40% d’ici 2035.
Dans ce sens, le rapport rappelle que le Maroc a enregistré plus de 10 milliards de dollars d’investissements pour construire une chaîne intégrée de fabrication de batteries et de véhicules électriques, de même qu’il a alloué un million d’hectares à la production d’hydrogène vert.
La diplomatie américaine souligne, par ailleurs, qu’à la faveur “d’une série de réformes”, le Maroc a été retiré de la “liste grise” du Groupe d’action financière (GAFI) et de l’Union européenne en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
En 2024, le Maroc a ratifié 72 traités d’investissement pour la promotion et la protection des investissements et 62 accords économiques, notamment avec les États-Unis et la plupart des pays de l’UE, qui visent à éliminer la double imposition des revenus ou des gains, indique le rapport, rappelant que le Maroc est le seul pays du continent africain à avoir conclu un accord de libre-échange (ALE) avec les États-Unis, éliminant les droits de douane sur plus de 95% des biens de consommation et industriels éligibles.
Et de conclure que ,depuis l’entrée en vigueur de l’ALE entre les deux pays, le commerce bilatéral de marchandises a presque quintuplé, ajoutant que Washington et Rabat “oeuvrent en étroite collaboration pour accroître le commerce et les investissements par le biais de consultations de haut niveau, de dialogues bilatéraux et d’autres forums visant à informer les entreprises américaines des opportunités d’investissement et à renforcer les liens interentreprises”.
Le rapport du département d’Etat sur le climat des investissements, qui porte cette année sur 160 pays à travers le monde, décortique les conditions des affaires pour aider les entreprises américaines “à prendre des décisions éclairées” concernant leurs activités à l’étranger.
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