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POLITIQUE

18e congrès de l’Istiqlal : quels enjeux pour l’avenir du parti et du gouvernement ?

Selon une source fiable, le 18e congrès national de l’Istiqlal, qui aura lieu du vendredi 26 au dimanche 28 avril, va procéder à certaines remises en cause idéologiques pour s’adapter au contexte actuel. Il va reconduire son secrétaire général sortant pour confirmer la place du parti dans la majorité gouvernementale qui ne devrait pas connaître de remaniement ministériel ou alors un léger ajustement technique. Explications.

18e congrès de l’Istiqlal : quels enjeux pour l’avenir du parti et du gouvernement ?
Nizar Baraka, SG de l'Istiqlal.
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Le 23 avril 2024 à 18h05 | Modifié 23 avril 2024 à 19h16

Confronté à plusieurs crises internes par le passé, le parti de l’Istiqlal va organiser son 18e congrès, dont le premier résultat sera de reconduire Nizar Baraka en tant que secrétaire général. Ce deuxième et dernier mandat lui permettra de procéder à des ajustements idéologiques et d’ancrer davantage son parti dans la coalition gouvernementale jusqu’à l’horizon 2026.

 "De grands changements idéologiques pour s’adapter au monde actuel"

Sollicité par Médias24, un dirigeant istiqlalien indique que, malgré un retard de deux ans, les travaux du congrès ont déjà commencé avec des commissions qui œuvrent à actualiser l'idéologie du parti.

Une actualisation rendue nécessaire par les changements liés à la crise pandémique qui a fait évoluer le monde, mais aussi le Maroc et ses cellules familiales.

Et de préciser sa pensée en affirmant que le monde a totalement changé depuis le 17e congrès de l’Istiqlal, et qu'il fallait par conséquent interroger la vision et le projet du parti à proposer aux Marocains.

"Sachant que le contexte mondial a rendu nécessaire le fait de reformuler et de repenser certains concepts comme l'égalitarisme, les membres des commissions du congrès ont travaillé sur plusieurs questions difficiles d’actualité portant sur la famille, la classe moyenne, le pouvoir d'achat…", déclare notre interlocuteur.

Ainsi, le passage de l’Istiqlal de l’opposition à la majorité l’oblige aujourd’hui à trouver des solutions concrètes aux problèmes posés par l’explosion de la mondialisation, de l’inflation, de la sécheresse et de la guerre qui est revenue en Europe et au Moyen-Orient.

À l’issue du congrès, les rapports des commissions socio-politiques et économiques vont donc aboutir à de grands changements idéologiques et à la concrétisation de nouvelles idées pour s’adapter au monde actuel.

"Conservateur mais ouvert sur les questions de société"

Sachant que l’Istiqlal est jugé comme un parti conservateur, la question s’est posée de savoir si ces changements idéologiques, sous la houlette d’un leader jeune et qui semble moderne, pouvaient ouvrir la voie à des évolutions sur certaines questions sociétales d’actualité.

"Si notre parti ne fait que refléter les valeurs partagées au niveau sociétal par nos concitoyens qui sont conservateurs, cela ne l’empêche pas de vouloir tirer la société vers le haut quand cela est nécessaire et possible, mais bien évidemment pas au-delà de certaines limites morales liées à notre religion, sans quoi nos électeurs se tourneraient vers d'autres partis", estime notre source.

À titre d’exemple, le dirigeant cite le chantier royal de la réforme de la Moudawana que le parti suivra sans aucun complexe, en se référant à la doctrine du fondateur de l’Istiqlal, Allal El Fassi, fondée sur "un mouvement agile et soutenable en permanence".

 "La reconduction de Nizar Baraka est essentielle pour sauvegarder l’unité du parti"

Hormis la reconduction assurée du secrétaire général sortant pour un ultime mandat, notre interlocuteur tient à préciser que le renouvellement des instances dirigeantes du comité exécutif (Comex) et du bureau politique qui va émaner du congrès sera d’au moins 30%.

"Après l’ère Chabat qui avait marginalisé le parti de l’Istiqlal  sur la scène politique, la grande majorité de nos militants pensent que Nizar Baraka est actuellement le seul dirigeant qui soit capable de fédérer tous les courants, car il représente la stabilité", avance notre source pour qui le leader sortant aurait pu suivre la voie de son prédécesseur en provoquant des départs, voire une scission au sein du parti.

Et d’ajouter que si son premier mandat a permis d'éviter l'éclatement d'un parti déjà très divisé à son arrivée, en excluant toute éventuelle chasse aux sorcières, la plus grande réalisation du secrétaire général est d'avoir été capable de préparer un deuxième congrès qui se passera sans heurts.

Cette démarche de réconciliation pour fédérer les rangs, qui a pris beaucoup de temps, expliquerait le retard de deux ans pour organiser le 18e congrès sans affrontements des courants, à l’image du précédent congrès qui avait été marqué par des assiettes qui avaient volé et des violences physiques.

"L’Istiqlal n’est pas demandeur d’un remaniement ministériel"

Sur un éventuel remaniement ministériel que certains observateurs prévoient après la rentrée parlementaire du printemps, la déclaration à mi-mandat du chef du gouvernement et le congrès de l’Istiqlal, notre interlocuteur affirme que son parti n'est pas demandeur au sens politique du terme.

"En règle générale, on ne demande un remaniement ministériel que lorsqu'on est confronté à un problème d’ordre politique à l'intérieur d'une coalition gouvernementale, mais ce n'est pas le cas", souligne notre interlocuteur.

Seule nuance "comme le précise la Constitution, le chef du gouvernement peut cependant, pour des motifs objectifs, solliciter le souverain pour demander un ajustement ou un remaniement technique, mais il me semble qu'un remaniement politique n'est pas d'actualité".

En l’absence de différends ou d’incidents dans la majorité actuelle nécessitant un changement de portefeuilles ministériels, il ne pourrait y avoir, selon lui, qu’un simple ajustement technique avec l’arrivée de certains profils comme des secrétaires d'État pour alléger le travail des ministres.

"La coalition gouvernementale restera soudée jusqu’en 2026"

En réponse à "certaines spéculations infondées", notre interlocuteur estime que l’actualité politique n’a aucune raison de modifier la composition du gouvernement ou les rapports de force à l'intérieur de la majorité, mais que c'est au chef du gouvernement de juger de cette éventualité en fonction du rythme et de l'efficacité du travail de ses ministres.

Quant au secrétaire général de l’Istiqlal, rien n’indique qu’il soit demandeur d'un remaniement, car il n’y a aucune urgence à moins que le Conseil national du parti ne se réunisse pour demander de quitter le gouvernement, un scénario exclu au regard de l’absence de problème politique au sein de la majorité où "l’Istiqlal est confortablement et tranquillement installé".

"Si la coalition continue d’exécuter le programme commun basé sur un Etat social, l’Istiqlal continuera à œuvrer lors de la deuxième partie du mandat, et la reconduction assurée de Nizar Baraka à la tête du parti ne fera que confirmer sa présence dans la coalition gouvernementale", conclut notre source en rappelant toutefois qu'il s'agit du dernier mandat du secrétaire général sortant.

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Le 23 avril 2024 à 18h05

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