L’écart salarial hommes-femmes dans le secteur privé est de 43% (HCP)
L’écart salarial hommes-femmes, selon le HCP, s’élève à environ 22% et est plus accentué dans le secteur privé. 91% de cet écart est "non expliqué" et est relatif à la discrimination sexiste.
A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes de 2024, le Haut-commissariat au plan contribue à l’hommage rendu aux femmes par la publication d’un éclairage sur leur situation au Maroc, portant sur les inégalités salariales de genre et le rôle de la discrimination sexiste.
En 2019, le salaire mensuel moyen s’élève à 3.800 DH par salarié au niveau national, avec une différence notable entre les milieux urbain et rural, où il s’établit respectivement à 4.500 DH et 2.200 DH. En moyenne, les hommes perçoivent un salaire mensuel de 3.900 DH, contre 3.700 DH pour les femmes.
Par rapport à la population salariée urbaine âgée de 18 à 60 ans, le salaire moyen des hommes s’élève à 4.900 DH, supérieur de 25% par rapport au salaire moyen des femmes, établi à 3.900 DH.
Tous âges confondus, le gap salarial est de 38,1% pour la catégorie des responsables hiérarchiques et cadres supérieurs, 38,4% pour la catégorie des cadres moyens et employés, 30% pour les manœuvres non agricoles et 11% pour les artisans et ouvriers qualifiés, comme le montre le tableau ci-dessous.

Un écart de 2,4% seulement dans le secteur public
Appréhendé par niveau scolaire, l’écart salarial, en faveur des hommes, atteint son niveau le plus élevé (42,4%) parmi les salariés sans niveau scolaire. Cependant, cet écart se réduit à 30% parmi les salariés ayant suivi une formation scolaire fondamentale et se fixe à 37% parmi ceux ayant atteint un niveau d’éducation supérieur.
L’étendue de l’écart salarial parmi ces derniers provient principalement des écarts salariaux hommes-femmes dans le secteur privé qui s’élèvent à 82%, contre 13% dans le secteur public. En d’autres termes, le salariat dans le secteur privé contribue à hauteur de 79% à l’écart salarial entre les hommes et les femmes ayant poursuivi des études supérieures.
Par ailleurs, dans le secteur public, avec un salaire moyen de 8.500 DH pour les hommes et 8.300 DH pour les femmes, le gap salarial se limite à 2,4%. Dans le secteur privé, ces moyennes sont respectivement de 5.400 DH et 3.800 DH, soit un gap de 43%.
Les femmes de moins de 30 ans se positionnent mieux sur le marché du travail
Cependant, ces écarts restent moins prononcés, voire s’inversent au profit des jeunes femmes salariées âgées de 18 à 29 ans, soit un gap de -15,9% dans le secteur public et de 6,8% dans le secteur privé. Ce revirement est vraisemblablement dû à un effet de comportement d’activité des jeunes femmes salariées qui, étant généralement plus instruites et plus qualifiées que leurs homologues hommes, se positionnent mieux sur le marché du travail.
91% de l’écart revient à la discrimination sexiste
L’écart salarial hommes-femmes pourrait être scindé en deux composantes : la première correspond à la valorisation du capital humain relatif au niveau scolaire et à la formation professionnelle, dénommée "écart expliqué", et la deuxième représente la discrimination sexiste, due à la part inexpliquée de cet écart.
L’écart salarial hommes-femmes, estimé à partir d’un modèle de formation des salaires, s’élève à près de 22%. Cet écart provient à hauteur de 91% de la discrimination sexiste. Le reste, près de 9%, s’explique par les différences entre les caractéristiques individuelles des femmes et des hommes.
Cette discrimination sexiste est répartie presque également entre l’"avantage masculin", qui compte pour 46% de l’écart salarial, et le "désavantage féminin", qui y contribue à hauteur de 45%. Au total, cela signifie que les présupposés "valorisation des caractéristiques masculines" et "dévalorisation des caractéristiques féminines" dans le milieu professionnel sont tous deux des facteurs importants dans la perpétuation de l’écart salarial entre les deux sexes.
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