Le FMI projette une baisse très progressive de la dette publique
Le nouveau rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié ce 1er mai, aborde la situation de l'endettement au Maroc, reconnaissant sa résilience malgré les nombreux défis auxquels l'économie marocaine est confrontée. Détails.
Malgré des conditions défavorables telles que le stress hydrique, le séisme d’Al Haouz et un contexte économique mondial difficile, ainsi que l'engagement dans plusieurs chantiers d'envergure, la situation de l'endettement au Maroc montre une résilience remarquable, surpassant les prévisions.
Le déficit budgétaire s'est amélioré au cours de l’année 2023, se clôturant à 4,4 % du PIB, soit environ 0,5 point de moins que prévu dans la loi de finances de 2023. La tendance baissière devrait se poursuivre, atteignant 3% du PIB en 2029 selon les projections du FMI, grâce à une maîtrise des recettes et des dépenses.
Cette tendance devrait également se traduire par une baisse directe de la dette publique, qui a atteint 70,6% du PIB en 2023, en baisse d'un point par rapport à 2022, et qui devrait se poursuivre pour atteindre 66,1% du PIB en 2029, selon les mêmes projections.

La consolidation budgétaire
La consolidation budgétaire sera stimulée par une réduction des dépenses courantes et d'investissement, ce qui compensera largement la diminution anticipée des recettes non fiscales. Cette stratégie, conjuguée à une accélération de la croissance du PIB, devrait aboutir à une réduction du ratio de la dette publique par rapport au PIB à environ 68,2% d'ici 2026. Le cadre budgétaire à moyen terme réaffirme l'engagement des autorités à ramener ce ratio à 65% d'ici 2030.
La baisse projetée des dépenses courantes dissimule une réorientation adéquate des dépenses vers une protection sociale plus ciblée. Le nouveau programme de transfert aux ménages vulnérables (aide sociale directe) est estimé à environ 1,8% du PIB par an. En grande partie, ce coût sera compensé par la réduction des subventions sur le gaz butane, le blé et le sucre au cours des trois prochaines années.
Le rythme de la consolidation budgétaire à moyen terme, présenté dans la loi de finances 2024, semble trouver un équilibre approprié entre la nécessité de restaurer les marges budgétaires et les pressions liées à la mise en œuvre des réformes structurelles.
Cependant, quelques mesures peuvent être envisagées pour garantir, voire accélérer la réduction du déficit budgétaire à moyen terme :
- finaliser la réforme de la TVA pour optimiser les recettes fiscales ;
- poursuivre la modernisation de l'administration fiscale en accentuant la numérisation et la simplification des procédures fiscales ;
- rationaliser les dépenses courantes en éliminant les subventions restantes et en mettant en œuvre la réforme des entreprises publiques ;
- maintenir une vigilance accrue dans le renforcement du cadre budgétaire à moyen terme, en évaluant rigoureusement les implications budgétaires des partenariats public-privé (PPP) ;
- explorer les mécanismes de financement innovants, notamment la mobilisation des actifs réels de l’État qui ont généré un revenu de 74,3 milliards de DH entre 2019 et 2023, avec une prévision de générer 35 MMDH de revenus annuels au cours des trois prochaines années.
La dette extérieure
Pour ce qui est de l'endettement extérieur, après avoir atteint 54 % du PIB en 2020, il a diminué pour s'établir à 50,9% en 2023 et devrait reculer à 49,2% en 2024. Une tendance à la hausse est toutefois projetée, atteignant 54,2% en 2029. Cette augmentation est attribuable à la compensation de la baisse de la dette publique, due à la consolidation budgétaire par une dette privée plus importante à mesure que les réformes structurelles seront mises en œuvre.

À découvrir
à lire aussi
Article : Rahhou veut miser sur l'IA pour renforcer la transparence des marchés
Monographies sectorielles actualisées chaque année et nouvelles règles sur les échanges d'informations. Le Conseil de la concurrence entend mettre les mêmes données à la disposition des opérateurs en place et des nouveaux entrants.
Article : Maroc-Banque mondiale : 15 milliards, mais pour quels emplois ?
Prévu jusqu’en 2035, le nouveau partenariat entre le Royaume et l'institution de Bretton Woods doit orienter les interventions de la BIRD, d’IFC et de la MIGA vers la compétitivité des entreprises, les territoires et le capital humain. Mais les financements restent indicatifs et leur impact difficile à isoler.
Article : Drâa-Tafilalet peut-elle réussir son virage minier ?
Riche d’un sous-sol exceptionnel et d’un savoir-faire ancestral, la région de Drâa-Tafilalet, qui assure plus de 40 % de la production minière nationale hors phosphates, se positionne aujourd'hui comme la nouvelle frontière de l'investissement minier au Maroc. Entre la modernisation du modèle artisanal de la CADETAF et l'arrivée de grands opérateurs internationaux, le défi est désormais de structurer une chaîne de valeur durable et de lever les obstacles logistiques pour hisser ce territoire au rang de géant minier national.
Article : Sawti, la plateforme qui veut réconcilier jeunes et MRE avec la politique
Disponible en neuf langues, dont la darija, l’outil permet de vérifier son inscription électorale, de comparer les partis et leurs positions, puis d’accéder à des quiz fondés sur des sources vérifiables.
Article : Feu vert à l'entrée d'Ayrad et de la CIMR dans le capital de CMT
Le Conseil de la concurrence a autorisé la prise de contrôle conjointe du groupe minier, dont 37,04% seront détenus indirectement par Ayrad, aux côtés des 16,12% conservés par la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite. L’opération doit désormais déboucher sur une offre publique d’achat obligatoire.
Article : Taroudant : à Ouneine, les Canadair freinent un incendie de plus de 100 ha
Environ 150 intervenants restent mobilisés face aux fumerolles et aux foyers résiduels, attisés par la chaleur et le vent. Aucune victime n’est à déplorer et les douars voisins ne sont pas menacés.