Comité des étudiants en médecine : “Nous préférons une année blanche à un avenir sombre”

Les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie du Maroc rejettent les "propos tenus par les ministres de la Santé, Khalid Aït Taleb, et de l’Enseignement supérieur, Abdellatif Miraoui, qui les accusaient d’être incités par certaines parties et de refuser la réduction des années de formation dans le but de pouvoir immigrer à l’étranger pour travailler".

Comité des étudiants en médecine : “Nous préférons une année blanche à un avenir sombre”

Le 26 février 2024 à 17h02

Modifié 26 février 2024 à 18h21

Les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie du Maroc rejettent les "propos tenus par les ministres de la Santé, Khalid Aït Taleb, et de l’Enseignement supérieur, Abdellatif Miraoui, qui les accusaient d’être incités par certaines parties et de refuser la réduction des années de formation dans le but de pouvoir immigrer à l’étranger pour travailler".

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 26 février au siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Rabat, les membres de la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie du Maroc (CNEMEP) ont exprimé leur "indignation face à la remise en cause de leur patriotisme", affirmant leur "engagement constant pour la qualité de la formation et l’amélioration du secteur". Ils ont avancé comme preuve leur "mobilisation au service de la nation lorsque la situation l’exigeait, notamment lors des crises provoquées par la pandémie de Covid-19 et le séisme d’Al Haouz".

Les étudiants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de "harcèlement" mené par les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur à leur encontre, ainsi que le "mépris" et la "pression" exercés sur eux.

Mohamed El Mehdi Benhamida, coordinateur national du CNEMEP, a déclaré que le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, avait utilisé des termes "dénigrant" le système de santé en décrivant les étudiants en médecine comme des "produits consommables". Pas moins de 25.000 étudiants mènent un combat depuis début décembre pour améliorer et réformer le secteur, a rappelé Mohamed El Mehdi Benhamida, estimant que le gouvernement est "responsable de tout échec" rencontré par le secteur.

Une nouvelle mobilisation nationale

Les étudiants répondront aux déclarations des responsables gouvernementaux par une mobilisation nationale le jeudi 29 février devant le Parlement à Rabat, à laquelle participeront tous les étudiants de différents secteurs, a annoncé Mohamed El Mehdi Benhamida.

Le porte-parole de la Commission a également exprimé sa "vive réprobation concernant les allégations selon lesquelles certains étudiants adhèrent à l’agenda du groupe islamiste Al Adl Wal Ihsane". Toutes les décisions du CNEMEP sont prises à partir des assemblées générales par le vote des étudiants, a-t-il assuré. Chaque réunion avec le ministère est suivie d’assemblées lors desquelles les étudiants décident si les propositions sont acceptées ou rejetées.

De son côté, Imane Aït Benamrou, représentante des étudiants en pharmacie, a déclaré que les représentants du ministère, lors des dialogues, imposent aux représentants des étudiants de transmettre oralement les conclusions de la réunion au reste des étudiants. Lorsque ceux-ci répondent que celles-ci doivent être formalisées par la signature d’un accord, les représentants du ministère répliquent : "Si vous ne nous croyez pas, c’est votre problème".

Par ailleurs, les étudiants remettent en question le processus des concours d’admission, soulignant l’existence de dysfonctionnements et d’irrégularités significatifs. Ils réfutent fermement toute revendication de transformer la soutenance de thèse en pratique plutôt qu’en exercice théorique lors de la 7e année.

Des revendications qui ne se limitent pas à la réduction de la durée de la formation

Les représentants des étudiants ont souligné que la résolution de la crise ne pouvait se faire que par un dialogue sensé et en répondant aux solutions proposées, la fin du boycott étant liée à la ratification d’un procès-verbal d’accord voté par les étudiants, et non par un communiqué de presse des deux ministères concernés. "Les menaces prononcées par les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur lors de la conférence de presse de la semaine dernière n’ont pas atteint leurs objectifs", ont-ils encore affirmé, les examens ayant été entièrement boycottés au lendemain de cette conférence.

Les étudiants estiment qu’il n’est pas raisonnable d'attribuer la note "zéro" à 25.000 étudiants boycottant les examens, comme l’a déclaré le gouvernement, mais plutôt qu’il est nécessaire de s’asseoir pour dialoguer et parvenir à un accord. Leurs demandes ne se limitent pas à la réduction de la durée de la formation, comme l’ont laissé entendre les ministres, mais s’étendent à trois autres axes : la réforme de la formation théorique et pratique (la saturation des terrains et l’insuffisance des terrains de stage), les rémunérations et l’absence de visibilité concernant le 3e cycle.

La commission des étudiants a critiqué l’insistance du gouvernement à réduire la durée des études, considérant que cette décision n'est pas irrévocable et qu’elle n’est qu’une décision ministérielle, alors que le gouvernement la traite comme "un texte sacré". Si cette décision s’avère inappropriée, il faut pouvoir revenir dessus "sans gêne", soutiennent-ils.

Enfin, ils concluent ainsi : "Nous ne voulons pas causer une année blanche, mais cela nécessite que le gouvernement prenne ses responsabilités ; ce qui n’est pas évident, surtout quand il déclare que la porte du dialogue est fermée, que la décision est irrévocable et qu’il menace les étudiants... Ce qui nous fait dire qu’une année blanche est préférable à un avenir sombre".

Les réponses aux questions fréquentes sur la réforme des études médicales

Etudes de médecine. Revivez la conférence de presse de Khalid Ait Taleb et Abdellatif Miraoui

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