Affaire Karimine-Badraoui : ce que l’on sait
L’affaire de l’ex-président de la commune de Bouznika, Mohamed Karimine, et le PDG du groupe Ozone, Aziz Badraoui, a été transmise à la BNPJ pour approfondir l’enquête. Voici ce que l’on sait.
Interpellés ce lundi 5 février, Mohamed Karimine et Aziz Badraoui ont été déférés devant le procureur général du Roi le lendemain. Selon une source sûre contactée par nos soins, le dossier a été transmis à la Brigade nationale de la police judiciaire pour approfondir l’enquête.
À ce stade, le parquet n’a pas lancé de poursuites contre eux.
Les versions relatives à leur interpellation sont nombreuses. Nous nous contenterons d’exposer les faits vérifiés auprès des institutions et des personnes concernées par cette affaire. Rappelons que les personnes nommées dans cet article sont présumées innocentes, tant qu’un jugement définitif n’a pas été prononcé à leur encontre.
Une accusation d'exploitation illégale de terrains du domaine public
Contacté par Médias24, le conseiller communal Redouane Yammou, explique avoir été à l’origine d’une des deux plaintes déposées contre l’ancien président de la commune de Bouznika, Mohamed Karimine. "Un collègue a déposé une plainte également, mais ce ne sont pas des plaintes conjointes”, explique notre interlocuteur.
Redouane Yammou “accuse” son ancien président d'“accaparer des terrains du domaine public pour en faire un lotissement d’une vingtaine de villas, dont la valeur individuelle est d’environ 8 MDH et de les octroyer à des gens qui viennent récupérer, auprès de lui à la commune, les permis d’habiter”.
Et d’ajouter : “Certaines personnes sont victimes. Elles ont tenté d’inscrire leurs biens à la conservation foncière, mais c’était impossible”.
Le conseiller communal, qui a déposé sa plainte “il y a près de deux ans auprès du procureur du Roi et de la présidence du ministère public”, affirme avoir “tous les documents” pour étayer ses dires. Documents qu’il indique avoir présentés à la Brigade nationale de la police judiciaire, qui l’a entendu “il y a près d’un an”.
Un conflit d’intérêt ?
Concernant l’implication de Aziz Badraoui l’ex-président du Raja Club Athletic dans cette affaire, Redouane Yammou évoque un conflit d’intérêt : “Mohamed Karimine détient des parts dans une entreprise" avec Aziz El Badraoui.
Et d'ajouter, "la société Ozone [appartenant à Badraoui, ndlr] a remporté le contrat de gestion de la propreté dans la commune".
Le conseiller communal va plus loin en accusant "la société Ozone de ne pas respecter les cahiers des charges”.
“Les violations répétitives des cahiers des charges ont valu à la société plusieurs amendes, dont une infligée par la municipalité à hauteur de 80 MDH”, indique notre interlocuteur.
À découvrir
à lire aussi
Article : Officiel : Christophe Lecourtier nommé directeur général du groupe AFD
Actuel ambassadeur de France au Maroc depuis 2022, Christophe Lecourtier a été nommé directeur général du groupe Agence française de développement. Il prendra ses fonctions le 11 mai 2026, succédant à Rémy Rioux.
Article : Douze ans de procès, 103 millions de DH : Derham débouté, la transaction Agrodep avec les Puech validée
Après douze ans de procédures et plusieurs revirements, la Cour de cassation a dû mobiliser toutes ses chambres pour met un terme définitif à l'épineux litige opposant Hassan Derham aux ayants-droit Puech autour du groupe Agrodep. Détails exclusifs.
Article : Huawei Maroc et le ministère de la Jeunesse dynamisent l’industrie du gaming
Huawei Maroc s’allie au ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication pour créer un écosystème gaming compétitif au Maroc. Formation, accompagnement des talents et workshops innovants préparent le terrain du Morocco Gaming Expo 2026.
Article : OCP lève 1,5 milliard de dollars via son premier emprunt hybride international
Le groupe OCP a finalisé, le 15 avril 2026, une émission obligataire hybride inaugurale de 1,5 milliard de dollars sur les marchés internationaux. Cette opération, qui constitue une première pour une entreprise d'Afrique sur ce segment de marché, a été souscrite 4,6x et a intéressé 176 investisseurs. Elle vise à optimiser la structure du capital du Groupe tout en soutenant sa stratégie de croissance.
Article : Souveraineté numérique : comment Cires Technologies construit les infrastructures de demain
Face à l’explosion des données et à la montée des risques cyber, la souveraineté numérique s’impose comme un enjeu stratégique pour les États et les grandes organisations. Au Maroc, Cires Technologies, filiale technologique du groupe Tanger Med développe un modèle intégré, alliant cybersécurité, data et infrastructures intelligentes, avec des ambitions à l’échelle du continent africain.
Article : Séismes. Pourquoi le Maroc veut changer les règles de construction
Alors que le secteur du BTP tourne à plein régime au Maroc, la sécurité des constructions redevient une question centrale. Relancée par le séisme d’Al Haouz, l’actualisation du RPS 2000, le règlement marocain de construction parasismique, doit ouvrir la voie à des règles mieux adaptées aux réalités marocaines, des matériaux aux pratiques de chantier. Voici ce qu’il faut en savoir.