Les unités mobiles de dessalement, nouvelle alternative pour l’eau potable et l’irrigation
Les eaux non conventionnelles demeurent une option pour pallier le stress hydrique. Au-delà des stations d’une certaine taille, les unités monobloc de dessalement peuvent constituer un investissement rentable pour un projet agricole ou même pour produire de l’eau potable dans des zones à faible population.
La souveraineté alimentaire requiert l’augmentation de la productivité et la diversification de l’offre, tout en garantissant un bon rapport qualité/prix au consommateur.
Aujourd’hui, ce défi est gêné par un stress hydrique qui prend de l'ampleur et met en péril l’approvisionnement en eau potable dans le pays. En l'espace de sept ans, le gouvernement a promis la mise en service d’une vingtaine d’usines de dessalement, qui permettront de renforcer la sécurité hydrique du pays.
À côté de ces usines, l’utilisation d’unités mobiles de dessalement est devenue une option dans le secteur agricole. En l’absence d’eau conventionnelle, le dessalement de l’eau de mer ou saumâtre peut constituer un investissement intéressant pour un projet agricole, augmentant ainsi la résilience contre les effets du changement climatique.
Pour cet usage, l'unité de dessalement est, pour schématiser, une miniature d'une grande station de dessalement comme celle en développement par le gouvernement.
Le principe de l’osmose inverse
Généralement, le dessalement de l’eau de mer fait appel à la technique d’osmose inverse. Son principe exige l’application d’une pression supérieure à la pression osmotique, afin que l’eau circule dans le sens contraire au flux osmotique.
À l'instar des usines, une unité mobile de dessalement peut traiter les eaux de mer ou saumâtres par l’osmose inverse. Elle se compose principalement des éléments suivants :
- système de pompage de l’eau ;
- système de dosage biocide et antiscalant ;
- filtration par sable et charbon ;
- filtration à cartouches ;
- système d'osmose inverse ;
- système de nettoyage en place (CIP).

Les unités mobiles de dessalement sont couramment utilisées dans les navires ou bien lors des crises humanitaires, mais la raréfaction des ressources d’eau a imposé leur emploi dans la production d’eau potable ou pour l’irrigation.
L’opération de dessalement débute par la récupération de l’eau via le pompage, soit à partir des puits saumâtres ou bien directement de la source à l’aide de bouées et d'une ancre.
Afin de garantir une qualité d’eau, l’unité mobile prévoit un pré-traitement qui élimine le chlore, les particules solides et fines et équilibre le pH de l’eau avant l’étape de l’osmose inverse.
Après l’étape de l’osmose, l’eau filtrée subit un post-traitement via un système de nettoyage en place (CIP) qui permet d’éliminer toutes sortes de contaminant pouvant provenir des membranes du système d’osmose inverse.
Les unités mobiles de dessalement sont installées dans des conteneurs, des remorques, ou même des châssis pour les plus petites. Leurs dimensions dépendent du débit souhaité : de quelques mètres cubes d’eau par jour à des centaines, voire des milliers de mètres cubes pour les grandes unités, d’où leur intérêt éventuel pour l’agriculture.
La plus petite unité a été inventée par un groupe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Elle est compilée dans une valise de 10 kg et peut produire 30 cl d’eau buvable par heure.
Récemment, les avancées nanotechnologiques ont permis l’invention de membrane plus efficientes, fiables, permettant de réduire l’utilisation des produits chimiques tout en augmentant la qualité de l’eau produite.
Le principal inconvénient de ces stations réside dans une consommation considérable d’énergie. Le recours à l’énergie solaire est la seule solution pour diminuer la facture énergétique.
Évolution du marché des unités mobiles de dessalement
À l’échelle mondiale, le marché des unités mobiles de dessalement est en croissance exponentielle en raison de la décroissance des eaux douces. Annuellement, il génère des chiffres d’affaires aux alentours de 800 millions de dollars par an, et c’est le marché américain qui absorbe la majorité de la demande.
Au Maroc, ces unités mobiles sont utilisées par l’ONEE pour répondre aux besoins d’alimentation en eau potable dans certaines zones souffrant de pénurie (cas de la commune Bou Ahmed et Jebha).
Dans le secteur agricole, seules les régions du Centre et du Sud qui ne disposent pas d’eau douce pour l’irrigation, ou en quantité insuffisante, recourent actuellement à ces unités.
Leur prix varie en fonction du débit souhaité, de leur dimension, de l’énergie nécessaire et de la technologie utilisée.
Aujourd’hui, l’utilisation de ces stations mobiles peut répondre à l’enjeu de la souveraineté alimentaire face au stress hydrique, et surtout à l’urgence.
À l’échelle nationale, il existe plusieurs zones possibles pouvant être irriguées, tout en préservant les eaux fraîches. Par exemple, les zones disposant de nappes d’eaux saumâtres ou bien les zones côtières pouvant exploiter les eaux de mer.
Afin de diminuer les coûts, les exploitations agricoles peuvent se réunir dans le cadre de coopératives ou d’associations pour être en mesure de financer un projet donné et d'assurer l’entretien de la station.
L’utilisation de ces stations ne se limite pas au secteur agricole ou industriel. Elle peut aussi favoriser le développement de complexes hôteliers dans des zones à haut potentiel touristique, dont la disponibilité de l’eau fraîche est limitée.
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