L’activité des transporteurs durement impactée par la baisse de la demande de circuits touristiques

Selon les deux principaux syndicats du transport touristique, l’organisation de circuits de visite dans le Grand Sud et dans les villes impériales est en train de disparaître au Maroc. En cause, l’absence de diversification des marchés émetteurs, avec une promotion dédiée insuffisante, et la croissance débridée du secteur informel.

L’activité des transporteurs durement impactée par la baisse de la demande de circuits touristiques

Le 16 janvier 2024 à 18h06

Modifié 16 janvier 2024 à 19h01

Selon les deux principaux syndicats du transport touristique, l’organisation de circuits de visite dans le Grand Sud et dans les villes impériales est en train de disparaître au Maroc. En cause, l’absence de diversification des marchés émetteurs, avec une promotion dédiée insuffisante, et la croissance débridée du secteur informel.

"Faute de réservations suffisantes, le marché des circuits touristiques, qui constitue notre cœur de métier depuis toujours, s’est totalement effondré", nous déclare le président de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT), pour qui cette baisse d’activité est en totale contradiction avec les excellents chiffres des arrivées étrangères, publiés par le ministère de tutelle.

"Une prestation de services qui n’a plus la côte auprès des marchés traditionnels"

Et Mohamed Bamansour d’ajouter que la haute saison, entre le 24 décembre et le 5 janvier, a subi une importante baisse d'activité d'environ 40% par rapport à la même période de 2019, due à une insuffisance de réservations étrangères.

"Faute de diversification des marchés et de promotion efficace auprès des prescripteurs de voyages spécialisés en circuits, l’activité du transport touristique souffre de plus en plus du nombre limité de marchés européens, moins intéressés par cette prestation de services pourtant très populaire dans le passé", avance Bamansour, en rappelant que certains tour-opérateurs spécialisés comme Thomas Cook ont fait faillite.

"Des véhicules obsolètes qui ne génèrent plus de réservations"

Selon notre interlocuteur, cette désaffection s'explique aussi par l’obsolescence des véhicules, âgés de 8 ans pour certains, devenus moins attractifs. Étant toujours soumis au remboursement des véhicules achetés à crédit avant le début de la pandémie, plusieurs opérateurs ont dû se défaire d'une partie de leur flotte pour régler le solde de leurs dettes et n’ont plus été en mesure d’acquérir de nouveaux outils de travail.

Depuis mars 2020, le parc des transporteurs, longtemps immobilisé durant la pandémie, n’a pas pu être renouvelé à cause du report des traites de crédit et de l’inflation générée par le conflit en Ukraine qui les a empêchés d’acquérir de nouveaux véhicules.

"Une aide publique pour renouveler le parc automobile des opérateurs"

Citant les hôtels ayant bénéficié d'une aide de l’Etat de 2 milliards de DH pour redémarrer leur activité après la pandémie, Mohamed Bamansour dénonce l’absence de subvention publique pour les transporteurs, alors que les prix des véhicules et du gasoil ont crû d’au moins 30%.

Pour y remédier et encourager la profession à renouveler sa flotte, le président réclame une exonération de la TVA pour les achats de véhicules neufs, et une aide de l’Etat équivalente à 20% de la valeur de chaque acquisition, réservée aux transporteurs présents avant la pandémie.

"La concurrence croissante de l’informel n'arrange rien"

Soulignant l’absence actuelle de réservations et de visibilité pour 2024, notre interlocuteur pointe la croissance inquiétante du secteur informel qui entraîne une concurrence déloyale.

"Face aux nombreuses offres sur internet qui proposent des prestations à des tarifs inférieurs de 40% à ceux de la profession, nous sommes démunis, d’autant plus qu’il n’y a aucun véritable contrôle public de ces clandestins qui opèrent sans autorisation", dénonce Bamansour. Il cite l’exemple du site Tripadvisor qui recense, à lui seul, 1.040 transporteurs touristiques pour la ville de Marrakech, alors qu’il n’existe que 360 opérateurs dûment enregistrés auprès des autorités concernées.

Et de rappeler que lors des Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale en octobre dernier, ces deux institutions ont été autorisées à importer temporairement 84 limousines de luxe qui ont mis à l'arrêt une partie du parc des transporteurs marocains, malgré des tarifs prohibitifs de 1.000 euros par jour et un transport par bateau estimé à 6.000 euros par véhicule.

"75% des circuits touristiques ont disparu"

Une baisse d’activité confirmée par le président de l'autre syndicat de la Fédération nationale des transporteurs touristiques, affilié à la CNT, qui estime à 75% la baisse des circuits touristiques au Maroc.

"Depuis la pandémie du Covid qui nous a fait beaucoup de mal, les tour-opérateurs étrangers ne programment plus notre pays pour ce genre de prestations qui sont en train de disparaître, ou alors pour des petits groupes de 5 à 10 personnes contre 50 à 100 auparavant", conclut Rachid Bouamara. Il espère que l’organisation par le Maroc de la Coupe d’Afrique en 2025, puis du Mondial en 2030, permettra de relancer leur activité.

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