CMT : Tighza, la mine presque centenaire qui vaut encore de l’or
Depuis le début de 2026, l’action de la Compagnie minière de Touissit a presque triplé, portée par la bonne tenue du plomb, du zinc et de l’argent. À Mrirt, le site de Tighza continue d’extraire, d’explorer et de s’étendre, avec 357.470 tonnes de minerai produites en 2025 et un cinquième puits appelé à renforcer les volumes. CMT regarde désormais au-delà de son actif historique, avec des projets dans le cuivre, le graphite et l’antimoine.
L’essentiel
- La mine polymétallique de Tighza a porté les résultats financiers de CMT dans un contexte de hausse continue des métaux.
- En 2025, à partir de quatre puits, la mine de Tighza a produit environ 28.305 tonnes de concentrés de plomb et de zinc, ainsi que 34 tonnes d’argent.
- Avec des réserves prouvées et probables de 7,7 millions de tonnes, la mine est loin de l’épuisement après un siècle d’exploitation.
- Un cinquième puits, mis en service en septembre 2025, devrait porter la production du site en hausse de 33 % à terme.
- CMT se diversifie vers les métaux critiques avec trois projets : le cuivre à Tabaroucht, le graphite à Sidi Bou Othmane et l’antimoine à Tighza.
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Les détails
Depuis le début de l’année 2026, le cours de l’action de la Compagnie minière de Touissit (CMT) a presque triplé.
Derrière cette performance, on retrouve la mine polymétallique de Tighza, dédiée au plomb, au zinc et à l’argent, située près de la ville de Mrirt. Elle constitue le principal actif opérationnel de la Compagnie minière de Touissit (CMT) et l’une des plus anciennes mines actives au Maroc.
Grâce à l’envolée des prix des métaux industriels et précieux, ce complexe minier a permis à CMT d’effacer une grande partie de ses dettes et d’aborder l’avenir sous de meilleurs auspices, avec le soutien de son nouvel investisseur, Ayrad Group, dans un contexte de resserrement de l’offre minière mondiale.
Une production solide de plomb, de zinc et d’argent reposant sur quatre puits historiques
En 2025, la production de la mine a atteint 357.470 tonnes de minerai, dont environ 28.305 tonnes de concentrés de plomb et de zinc, ainsi que 1.095.000 onces d’argent, soit près de 34,06 tonnes.
Durant le premier trimestre de cette année, l’activité s’est maintenue avec l’extraction de 86.180 tonnes de minerai, dont 6.380 tonnes de concentrés de plomb argentifère.
La mine de Tighza est une exploitation souterraine qui s’appuie historiquement sur quatre puits principaux. Le puits d’Ighrem Aousser, profond de 800 m, demeure le premier contributeur du site avec 124.490 tonnes, soit 34,8 % de la production totale. Il est suivi du puits Sidi Ahmed, profond de 650 m, qui représente 29,2 % de la production avec 104.450 tonnes, puis du puits Signal, profond de 790 m, dont les 81.130 tonnes correspondent à 22,7 % du total. Enfin, le puits Iguer Oujna, profond de 260 m et plus superficiel, apporte quant à lui 41.660 tonnes, soit 11,7 % de l’ensemble.
L’année 2026 devrait être marquée par une hausse globale de la production grâce à la mise en service, depuis septembre 2025, d’un nouveau puits d’exploitation atteignant une profondeur de 1.100 m, dénommé Nouveau Ighrem Aousser.
La montée en puissance du cinquième puits devrait accroître la production de Tighza en 2026
La montée en puissance de ce nouveau puits devrait, à terme, accroître la production du site de Tighza de 33 %. Il permet non seulement d’accéder à de nouvelles ressources, mais aussi d’exploiter un filon d’une largeur de 1,5 à 3 m, caractérisé par des teneurs élevées : 6 % de plomb, 1 % de zinc et 135 g/t d’argent.
En phase de montée en puissance, les travaux de développement de ce nouveau puits avancent à plein régime. CMT exploite actuellement deux niveaux miniers, les recettes 16 et 17, sur les cinq nouvelles recettes disponibles : 16, 17, 18, 19 et 20.
Les galeries déjà exploitées représentent 55 % du développement total, tandis que les cheminées de ventilation et de circulation actuellement utilisées en constituent 41 %. De leur côté, les bâtiments industriels et le matériel industriel lourd, bien que dimensionnés pour l’exploitation complète du puits, ne sont mobilisés qu’à hauteur de 40 %, soit la capacité nécessaire aux seules recettes 16 et 17.
En parallèle à la montée en puissance de ce cinquième puits, CMT devrait augmenter la capacité de production de son usine de traitement, qui passerait de 1.000 t/j à 1.600 t/j à l’horizon 2027.
Une mine presque centenaire toujours prometteuse
Compte tenu de l’ancienneté de la mine, presque centenaire, on pourrait penser que sa durée de vie touche à sa fin. Pourtant, contrairement à cette idée, la dernière estimation des ressources, réalisée conformément à la norme internationale NI 43-101, fait état de réserves prouvées et probables s’élevant à 7,694 millions de tonnes (Mt), avec une teneur moyenne de 6,11 % de plomb, 1,11 % de zinc et 95 g/t d’argent.
Au cours de l’année 2025, les travaux d’exploration ont totalisé 5.001 m de forage carotté. Ils ont principalement ciblé les puits de Signal et Sidi Ahmed, et ont permis de déterminer l’extension de la minéralisation.
Dans le puits Signal, les travaux réalisés ont permis d’approfondir plusieurs structures majeures, notamment C2N, B4 et C2 Sud, caractérisées par des minéralisations continues et des puissances filoniennes attractives. À Sidi Ahmed, la structure supérieure a mis en évidence une minéralisation riche et régulière, avec des teneurs significatives en plomb et en argent.
Cuivre, graphite, antimoine : les ressources de demain
À l’avenir, le groupe CMT prévoit de s’ouvrir à l’exploitation de nouvelles ressources liées aux métaux critiques, à travers plusieurs projets stratégiques.
En amont figure le projet de la mine de cuivre de Tabaroucht. CMT a déjà obtenu un avis favorable à l’issue de l’étude d’impact et devrait désormais engager l’étude de faisabilité avant de se prononcer sur la construction de la mine.
Soutenu par son nouvel actionnaire, Ayrad Group, très intéressé par l’investissement dans le cuivre, ce projet devrait connaître une nouvelle dynamique. Il ouvre par ailleurs la voie au développement des douze autres permis miniers cuprifères détenus par l’entreprise dans la région, couvrant une superficie de 177 km², notamment ceux de Béni Ayat, Bin El Ouidane et Aït Atab.
Le deuxième projet concerne la mine de graphite de Sidi Bou Othmane, aux environs de Marrakech, où CMT dispose d’une licence et d’un permis de recherche. Il viendra renforcer les efforts de développement actuellement menés par le groupe Managem et pourrait ouvrir la voie à la production, pour la première fois au Maroc, d’un minerai essentiel à la fabrication des anodes de batteries électriques.
Le projet de CMT a fait l’objet d’une première campagne de reconnaissance, dont les résultats sont jugés concluants par la compagnie. Une étude cristallographique devra désormais être réalisée afin d’évaluer la qualité du minerai en vue d’une éventuelle utilisation dans l’industrie des batteries.
En troisième lieu, CMT évalue le potentiel d’exploitation de l’antimoine présent au sein de son site minier polymétallique. Ce métal a vu son cours flamber en raison du contexte géopolitique tendu, lié à son utilisation dans l’industrie militaire ainsi que dans la fabrication des semi-conducteurs, objet d’une compétition intense entre la Chine et les États-Unis.
Les ressources d’antimoine de Tighza devront, dans un premier temps, faire l’objet d’une campagne de sondage, préalable à une évaluation technico-économique qui dépendra de la qualité des résultats obtenus.
D’autres prospects, toujours au stade de l’exploration initiale, complètent ce portefeuille et laissent entrevoir un potentiel en minéralisations plombo-zincifères et cuprifères.
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