Transport touristique : les opérateurs font face à des centaines de mises en demeure

Les transporteurs touristiques ont reçu des centaines d’avis de saisie et de mises en demeure. Selon Rachid Bouamara, président de la FNTT, sans une intervention urgente de l’État, 450 transporteurs touristiques sur un total de 1.450 n’auront d’autre choix que de déposer le bilan d’ici la fin de l'année.

Transport touristique : les opérateurs font face à des centaines de mises en demeure

Le 22 novembre 2021 à 9h33

Modifié 22 novembre 2021 à 16h40

Les transporteurs touristiques ont reçu des centaines d’avis de saisie et de mises en demeure. Selon Rachid Bouamara, président de la FNTT, sans une intervention urgente de l’État, 450 transporteurs touristiques sur un total de 1.450 n’auront d’autre choix que de déposer le bilan d’ici la fin de l'année.

Après une légère embellie estivale à la suite de l’arrivée de millions de Marocains résidant à l’étranger, le secteur du transport touristique a retrouvé un niveau d’activité quasi nul, l’empêchant de remplir ses obligations en matière de remboursement des arriérés de paiement.

Une situation qui n’a pas empêché les sociétés de crédit et de leasing de réclamer leur dû et d’engager, par conséquent, la survie de ce secteur.

Sollicité par Médias24, Rachid Bouamara, président de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT), déclare que la situation de son secteur est catastrophique, faute d’activité et de soutien de l’État ; ce dernier s’était pourtant engagé, à plusieurs reprises, à persuader les sociétés de leasing de reporter leurs dettes.

« Le Comité de veille économique avait accepté, en concertation avec le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), pour reporter nos arriérés de paiement jusqu’à juin 2021, mais nous n’avons pas été en mesure d’entamer les remboursements, les maisons de leasing et de crédit ont lancé une grande offensive contre notre secteur, qui s’est traduite par des demandes incessantes de remboursement. »

« 600 mises en demeure en moins de dix jours »

« Hormis les dizaines de coup de fil chaque jour, les transporteurs touristiques défaillants ont reçu, en seulement dix jours, plus de 600 mises en demeure, dont 200 uniquement dans la région de Casablanca. Sans égard pour notre trésorerie quasi nulle, nos créanciers ont ainsi enclenché la procédure ultime, réclamant le remboursement immédiat des arriérés de crédit sous peine de saisie des véhicules », explique le président de la FNTT, fédération représentative affiliée à la Confédération nationale du tourisme (CNT) et à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Et d’ajouter : « À ce propos, plusieurs tentatives de saisies ont été effectuées durant la nuit dans des parkings non fermés de nos confrères, qui se sont, pour certains, retrouvés du jour au lendemain sans outil de travail. D’autres ont cependant eu plus de chance, comme ce confrère d’Agadir à qui on a voulu saisir deux autocars, mais comme son personnel s’y est opposé physiquement, la saisie n’a finalement pas eu lieu. »

Avec 10% d’activité, un nouveau report s’impose jusqu’à la fin du 1er ou 2e trimestre 2022

« Après la récente fermeture des vols avec l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Russie, des marchés avec qui nous travaillons habituellement durant la période qui précède les fêtes de fin d’année, notre niveau d’activité actuel doit représenter, dans le meilleur des cas, à peine 10% de celui de 2019. »

De plus, il faut savoir que sur les 1.450 entreprises de transport touristiques recensées par la FNTT, 30% d’entre elles, soit près de 450, seront en cours de dépôt de bilan d’ici fin décembre au plus tard.

« Lors de notre dernière assemblée générale, le 11 novembre, les présidents de nos antennes régionales ont dressé un tableau dramatique de la situation, en particulier à Ouarzazate, Merzouga et Zagora, en l’absence de vols suffisamment nombreux et d’arrivées de touristes étrangers », précise, dépité, le président des transporteurs touristiques.

« La survie du secteur est entre les mains de la ministre des Finances »

Sachant que les arriérés des opérateurs durent depuis mars 2020, soit vingt mois, et qu’il n’y a eu depuis aucune véritable reprise d’activité permettant d’établir un échéancier de remboursement, Rachid Bouamara ne voit d’autre solution qu’une intervention gouvernementale.

Notre interlocuteur espère que la nouvelle argentière du Maroc, qui connaît bien les problématiques du secteur touristique pour avoir été ministre du Tourisme, convoquera très rapidement les sociétés de leasing et le GPBM en vue d’obtenir un report de la date butoir.

« Face à notre situation désespérée, madame Nadia Fettah constitue notre seule et unique chance de survie en négociant un nouveau report jusqu’à mars, voire jusqu’à juin prochain. Une telle décision est plus que nécessaire ; il en va de l’avenir de plus d’un millier de familles dont certaines, faute d’activité, ont déjà vendu tout ce qu’elles possédaient pour essayer de survivre », conclut Rachid Bouamara, estimant que la ministre doit mettre fin à l’asphyxie initiée par les maisons de leasing.

A lire aussi


Les dernières annonces judiciaires
Les dernières annonces légales

Communication financière

Sonasid : Résultats du 1er semestre 2020

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

URGENT Covid. 171 nouveaux cas et 3 décès ce mercredi 1 décembre 2021