Transport touristique : les opérateurs font face à des centaines de mises en demeure
Les transporteurs touristiques ont reçu des centaines d’avis de saisie et de mises en demeure. Selon Rachid Bouamara, président de la FNTT, sans une intervention urgente de l’État, 450 transporteurs touristiques sur un total de 1.450 n’auront d’autre choix que de déposer le bilan d’ici la fin de l'année.
Après une légère embellie estivale à la suite de l’arrivée de millions de Marocains résidant à l’étranger, le secteur du transport touristique a retrouvé un niveau d’activité quasi nul, l’empêchant de remplir ses obligations en matière de remboursement des arriérés de paiement.
Une situation qui n’a pas empêché les sociétés de crédit et de leasing de réclamer leur dû et d’engager, par conséquent, la survie de ce secteur.
Sollicité par Médias24, Rachid Bouamara, président de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT), déclare que la situation de son secteur est catastrophique, faute d’activité et de soutien de l’État ; ce dernier s’était pourtant engagé, à plusieurs reprises, à persuader les sociétés de leasing de reporter leurs dettes.
"Le Comité de veille économique avait accepté, en concertation avec le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), pour reporter nos arriérés de paiement jusqu’à juin 2021, mais nous n’avons pas été en mesure d'entamer les remboursements, les maisons de leasing et de crédit ont lancé une grande offensive contre notre secteur, qui s’est traduite par des demandes incessantes de remboursement."
"600 mises en demeure en moins de dix jours"
"Hormis les dizaines de coup de fil chaque jour, les transporteurs touristiques défaillants ont reçu, en seulement dix jours, plus de 600 mises en demeure, dont 200 uniquement dans la région de Casablanca. Sans égard pour notre trésorerie quasi nulle, nos créanciers ont ainsi enclenché la procédure ultime, réclamant le remboursement immédiat des arriérés de crédit sous peine de saisie des véhicules", explique le président de la FNTT, fédération représentative affiliée à la Confédération nationale du tourisme (CNT) et à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).
Et d’ajouter : "À ce propos, plusieurs tentatives de saisies ont été effectuées durant la nuit dans des parkings non fermés de nos confrères, qui se sont, pour certains, retrouvés du jour au lendemain sans outil de travail. D’autres ont cependant eu plus de chance, comme ce confrère d’Agadir à qui on a voulu saisir deux autocars, mais comme son personnel s’y est opposé physiquement, la saisie n’a finalement pas eu lieu."
Avec 10% d’activité, un nouveau report s’impose jusqu’à la fin du 1er ou 2e trimestre 2022
"Après la récente fermeture des vols avec l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Russie, des marchés avec qui nous travaillons habituellement durant la période qui précède les fêtes de fin d’année, notre niveau d’activité actuel doit représenter, dans le meilleur des cas, à peine 10% de celui de 2019."
De plus, il faut savoir que sur les 1.450 entreprises de transport touristiques recensées par la FNTT, 30% d'entre elles, soit près de 450, seront en cours de dépôt de bilan d’ici fin décembre au plus tard.
"Lors de notre dernière assemblée générale, le 11 novembre, les présidents de nos antennes régionales ont dressé un tableau dramatique de la situation, en particulier à Ouarzazate, Merzouga et Zagora, en l’absence de vols suffisamment nombreux et d’arrivées de touristes étrangers", précise, dépité, le président des transporteurs touristiques.
"La survie du secteur est entre les mains de la ministre des Finances"
Sachant que les arriérés des opérateurs durent depuis mars 2020, soit vingt mois, et qu’il n’y a eu depuis aucune véritable reprise d’activité permettant d’établir un échéancier de remboursement, Rachid Bouamara ne voit d’autre solution qu'une intervention gouvernementale.
Notre interlocuteur espère que la nouvelle argentière du Maroc, qui connaît bien les problématiques du secteur touristique pour avoir été ministre du Tourisme, convoquera très rapidement les sociétés de leasing et le GPBM en vue d’obtenir un report de la date butoir.
"Face à notre situation désespérée, madame Nadia Fettah constitue notre seule et unique chance de survie en négociant un nouveau report jusqu’à mars, voire jusqu’à juin prochain. Une telle décision est plus que nécessaire ; il en va de l’avenir de plus d’un millier de familles dont certaines, faute d’activité, ont déjà vendu tout ce qu’elles possédaient pour essayer de survivre", conclut Rachid Bouamara, estimant que la ministre doit mettre fin à l’asphyxie initiée par les maisons de leasing.
À découvrir
à lire aussi
Article : Faute de moissonneuses-batteuses, jusqu’à 3,8 milliards de dirhams de céréales pourraient rester dans les champs
Après plusieurs années de sécheresse, le retour d’une bonne campagne agricole met au jour une pénurie critique de moissonneuses-batteuses. Le parc, vieillissant et peu renouvelé, ne parvient plus à suivre le rythme des récoltes, provoquant une hausse des tarifs, des pannes fréquentes et d’importantes pertes de grains. Face au coût élevé des machines et à la faible rentabilité des céréales, le renouvellement du matériel devient presque inaccessible pour les prestataires comme pour les agriculteurs.
Article : Mondial 2026 : Mohamed Ouahbi en conférence de presse ce mardi 14 juillet
Le sélectionneur dressera à 17 h, au Complexe Mohammed VI de football, le bilan du parcours des Lions de l’Atlas, éliminés en quarts de finale par la France, et reviendra sur ses choix tactiques ainsi que sur les enseignements à tirer pour les prochaines échéances.
Article : Bank Al-Maghrib et le ministère de l’Agriculture vont croiser leurs données pour mieux orienter les décisions publiques
La convention signée ce lundi 13 juillet porte sur les secteurs de l’agriculture, de la pêche maritime et des eaux et forêts. Elle prévoit notamment des études conjointes, des travaux de recherche et des actions de formation au profit des équipes des deux institutions.
Article : Après des années de sécheresse, le grand retour de l’irrigation
Portée par des barrages remplis à plus de 72%, la relance de l’irrigation est déjà effective dans certains grands bassins agricoles comme le Haouz, le Gharb et Souss-Massa. Mais après sept ans d'arrêt, plusieurs réseaux doivent encore être remis en état avant l'extension du dispositif à d'autres régions. Détails.
Article : Closing de l’entrée de RNAF III et Proparco dans le capital d’Africa Feed & Food
RNAF III et Proparco entrent officiellement dans le capital d’Africa Feed & Food à l’issue d’une opération d’augmentation de capital de 850 millions de DH.
Article : Engrais : comment le Maroc a aidé l’Inde à éviter la pénurie malgré la crise à Ormuz
Un accord de 2,5 millions de tonnes conclu avec OCP, une diversification menée auprès de 28 missions diplomatiques et des stocks portés à 19,6 millions de tonnes ont permis à New Delhi de sécuriser sa campagne agricole 2026.