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G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la “sécurité des approvisionnements en engrais”

G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la “sécurité des approvisionnements en engrais”
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Le 8 juin 2026 à 19h17

La France a accueilli lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Aucun annonce concrète n'a été faite à l'issue de la rencontre.

"Ce n'est qu'une première étape. Nos travaux alimenteront le sommet des chefs d'État à Évian (Haute-Savoie) dans une semaine. La souveraineté alimentaire se construit aussi en G7", dont la France assure la présidence tournante, a commenté sur X la ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard.

Cette réunion de sept économies avancées était destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

"Les ministres se sont accordés sur la nécessité de travailler conjointement à des actions communes afin de sécuriser les approvisionnements en engrais et en intrants essentiels, diminuer notre dépendance aux engrais fossiles, renforcer le partage des informations, notamment en matière de recherche et d'innovation dans l'usage efficient des engrais", a-t-on précisé dans l'entourage de la ministre française.

"Plusieurs des axes abordés correspondent au contenu du +Plan engrais+", en cours d'élaboration en France, "comme le fait d'optimiser l'utilisation d'engrais et d'être moins dépendants des engrais azotés", a-t-on ajouté de même source.

- Risque pour les récoltes de 2027 -

Cette rencontre a permis de souligner l'ampleur des risques pour "les coûts de production agricole" et à terme "sur la viabilité économique des exploitations", selon un communiqué du ministère français.

Les membres du G7 ont aussi examiné des "mesures susceptibles d'atténuer les effets de la hausse des prix sur les agriculteurs" et "rappelé l'importance de marchés transparents et prévisibles pour garantir le bon fonctionnement des chaînes d'approvisionnement".

Etaient réunis autour de la ministre française de l'Agriculture ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Pour Paris comme pour l'Europe, qui importe 60% de ses engrais, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste évoquée dans les médias, la constitution de stocks stratégiques, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs). Interrogé sur cette piste, le ministère s'est refusé à tout commentaire.

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé, produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte de 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.

Au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre réchauffant la planète liées aux engrais représentent environ 5% des émissions annuelles, soit autant que le secteur aérien, selon le cabinet de conseil Carbone 4. Les deux tiers des émissions proviennent de leur utilisation dans les champs, le tiers restant est émis au cours de leur production.

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Le 8 juin 2026 à 19h17

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