Saison agricole: un déficit pluviométrique de 54% par rapport à la moyenne des 40 dernières années

La pluviométrie pour la saison agricole actuelle s’élève à seulement 77 millimètres jusqu’à présent, ce qui représente une baisse d’environ 54% par rapport à la moyenne des 40 dernières années, et de 44% par rapport à l’année précédente, qui était déjà sèche.

Sécheresse dans la région du Saïss. Photo Médias24

Saison agricole: un déficit pluviométrique de 54% par rapport à la moyenne des 40 dernières années

Le 16 janvier 2024 à 11h31

Modifié 16 janvier 2024 à 16h11

La pluviométrie pour la saison agricole actuelle s’élève à seulement 77 millimètres jusqu’à présent, ce qui représente une baisse d’environ 54% par rapport à la moyenne des 40 dernières années, et de 44% par rapport à l’année précédente, qui était déjà sèche.

A la Chambre des représentants, le ministre de l’Agriculture, Mohamed Sadiki, a fait le point sur l’état d’avancement de la campagne agricole.

"La fréquence des années de sécheresse est passée de 6% enregistrés entre 1945 et 1980 à 30% après 1980, soit une sécheresse tous les cinq ans en moyenne", a déclaré le ministre.

Depuis 2018, la situation s’est aggravée avec six années consécutives de sécheresse, accompagnées d’une baisse sans précédent des ressources en eau, des réserves dans les barrages et des nappes phréatiques, a-t-il souligné. Dans le détail, la moyenne des ressources en eau dans les barrages est passée de 18 milliards de m3 à 14 milliards de m3 après 1980, puis est tombée à moins de 5 milliards de m3 au cours des cinq dernières années.

Pour la saison agricole actuelle, la moyenne pluviométrique s’élève à seulement 77 millimètres jusqu’à présent, ce qui représente une baisse d’environ 54% par rapport à la moyenne des 40 dernières années, et de 44% par rapport à l’année précédente, qui était déjà sèche.

Les apports actuels en eau n’ont pas dépassé 600 millions de m3, soit une réduction de 83%. Dans les grands périmètres d’irrigation, les superficies agricoles n’atteignent actuellement que 400.000 hectares sur un total de 750.000 hectares, soit une diminution de 44%.

Selon le ministre, cette situation a eu un impact sur la disponibilité en eau pour l’irrigation dans les grands périmètres, qui ne dépasse pas 680 millions de m3, par rapport à la quantité allouée dans le cadre du plan hydraulique, qui est de 5 milliards de m3, et par rapport à la moyenne officielle des années précédant la sécheresse, qui était de 3,5 milliards de m3. Cette situation affecte les principales zones agricoles du pays, en particulier celles situées au sud de la vallée de l’Oum Errabiâ.

Le responsable gouvernemental a en outre indiqué que les agriculteurs produisent des quantités importantes de légumes et de fruits avec de faibles quantités d’eau. "Le secteur agricole a besoin de 3,5 milliards de m3 d’eau d’irrigation, alors que l’année dernière, seulement 1 milliard de m3 ont été produits", a-t-il affirmé.

Les prévisions indiquent seulement 700 millions de m3 pour cette année, a-t-il encore précisé, mais "les légumes sont disponibles et il y a un approvisionnement sur les marchés, bien que l’inflation et la cherté de la vie soient présentes". Il espère que les superficies cultivées ne seront pas de nouveau affectées par la vague de chaleur.

La situation à janvier 2024

En ce qui concerne les cultures, le ministre de l’Agriculture a indiqué que 2,8 millions d’hectares de cultures automnales ont été plantés jusqu’à présent, dont 2,3 millions d’hectares de céréales, dont seuls 7% sont irrigués, ainsi que des cultures fourragères et légumineuses.

Dans les zones d’irrigation, le programme de cultures maraîchères d’automne a été réalisé sur une superficie de plus de 90.600 hectares, soit 90% du programme prévu, comprenant les pommes de terre (25.500 hectares), les oignons (10.000 hectares) et les tomates (3.186 hectares).

En ce qui concerne la culture des légumes d’hiver, M. Sadiki a déclaré que jusqu’à présent, 11.000 hectares ont été cultivés sur un total de 67.000 hectares prévus. Les programmes d’automne et d’hiver permettront de produire différentes variétés de légumes pour couvrir les besoins de la consommation intérieure jusqu’en juin de cette année, en particulier pendant le mois de ramadan.

Quant aux cultures sucrières, elles ont atteint 22.500 hectares, soit 42% de la superficie programmée pour cette année.

Par ailleurs, le ministre a rappelé qu’une série de mesures ont été prises pour accompagner les programmes agricoles, englobant toutes les étapes de la chaîne de production, de la gestion de la crise à la poursuite du développement à travers la mise en œuvre de la stratégie Génération Green.

Dans ce contexte, il a expliqué que pour la production végétale, 655.000 quintaux de semences subventionnées ont été plantés sur un total de 1,1 million de quintaux de semences programmés.

De nouveaux projets de dessalement sur 100.000 hectares

Rappelant les efforts de son département pour assurer la durabilité de l’irrigation dans certains bassins agricoles, Mohamed Sadiki a cité la création de la première station de dessalement de l’eau de mer dans la région Souss-Massa, à Chtouka, sur une superficie de 15.000 hectares, et l’approvisionnement de la ville d’Agadir en eau potable, d’un coût total de 4,4 milliards de DH, dont 1,585 MMDH de contribution de l’État.

Le ministre a également fait savoir que les travaux de construction d’une station de dessalement de l’eau de mer alimentée par l’énergie éolienne, dont la mise en service est prévue pour juin 2025, ont commencé dans la région de Dakhla-Oued Eddahab. Objectif : l’irrigation d’une nouvelle superficie de 5.200 hectares et l’approvisionnement de la ville de Dakhla et ses environs en eau potable, pour un coût total de 2,5 MMDH dont 1,53 MMDH de contribution de l’État.

Par ailleurs, des études portant sur des projets d’irrigation par dessalement de l’eau de mer dans d’autres régions ont été lancées. Ces projets comprennent la création d’un bassin agricole dans la région de Chbika, dans la province de Tan-Tan, sur une superficie de 5.000 hectares, via la construction d’une station de dessalement d’une capacité annuelle de 47 millions de mètres cubes pour un coût estimé à 2,2 MMDH.

Il s’agit également du projet de la zone d’irrigation de Sidi Rahal, connectée à la station de dessalement de l’eau de mer à Casablanca et dont la mise en service est prévue en 2027. Elle devrait fournir de l’eau potable à la ville de Casablanca et élargir le réseau d’irrigation sur une superficie de 8.000 hectares, a ajouté le ministre.

Enfin, des études de faisabilité ont été lancées par son département pour de nouveaux projets d’irrigation à travers la création de nouvelles stations de dessalement dans les régions de l’Oriental, de Taroudant, de Tiznit, de Laâyoune, de Boujdour, d’Essaouira/Chichaoua et de Oualidia, sur une superficie totale d’environ 100.000 hectares.

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