Corps enseignant : la grève se poursuit avec la mobilisation des coordinations

Malgré la réunion du 27 novembre entre la commission interministérielle et les syndicats des associations, les coordinations enseignantes insistent sur le maintien des grèves et menacent de les durcir, ce qui inquiète les élèves et leurs parents, lésés depuis plus de deux mois.

Corps enseignant : la grève se poursuit avec la mobilisation des coordinations

Le 30 novembre 2023 à 17h53

Modifié 30 novembre 2023 à 18h53

Malgré la réunion du 27 novembre entre la commission interministérielle et les syndicats des associations, les coordinations enseignantes insistent sur le maintien des grèves et menacent de les durcir, ce qui inquiète les élèves et leurs parents, lésés depuis plus de deux mois.

Dès le lendemain de la réunion du 27 novembre, à la suite de laquelle le gouvernement et les syndicats les plus représentatifs ont décidé du gel du nouveau statut unifié, les enseignants ont de nouveau investi l’espace public pour faire valoir leurs revendications, menaçant même de durcir le mouvement. Selon nos sources, il en a été de même les mercredi 29 et jeudi 30 novembre.

"La mobilisation des enseignants n’est pas près de fléchir"

"Les enseignants ne comptent pas suspendre leur grève. Nous avons maintenu les quatre jours de grève prévus cette semaine. Les coordinations se réuniront ensuite demain [vendredi] soir pour fixer les modalités des protestations des jours à venir", assure Abdelouahab Shimi, membre de la Coordination nationale des enseignants titulaires de diplômes.

À en croire les membres des coordinations des enseignants, la grève semble loin de toucher à sa fin. La cause principale ? L’exclusion des coordinations du dialogue et, par conséquent, l’absence de confiance entre gouvernement, syndicats et coordinations.

Un dialogue était prévu ce jeudi avec les quatre syndicats signataires du 14 janvier, qui auront la possibilité d’intégrer à leur délégation des membres des coordinations. Or, selon les membres des coordinations contactés par nos soins, il nen a rien été : les coordinations nont tout simplement pas assisté à ce dialogue.

Celles-ci ne décolèrent pas : "Tant que nous serons exclus du dialogue, il n’y aura pas de résultats et nous continuerons à faire grève". Nos sources sont par ailleurs très sereines quant à la mobilisation des enseignants dans les prochains jours. "La grève a gardé la même intensité depuis la réunion du 27 novembre ; la mobilisation des enseignants n’est pas près de fléchir. Le taux de réussite des grèves a dépassé les 98% ces derniers jours et se maintiendra ainsi au cours des prochaines semaines, nous en sommes convaincus", affirment-elles, sans possibilité toutefois de confirmation par une source neutre.

Comme nous le révélions dans un précédent article, depuis le début de l’année scolaire, entre 95.000 et 100.000 enseignants ont participé aux mobilisations et grèves qui ont duré cinq à six semaines, dont 18 jours fortement perturbés.

Préserver l’intérêt des élèves 

Pour Noureddine Akkouri, président de la Fédération nationale des associations des parents et tuteurs d’élèves du Maroc, la poursuite de la grève des enseignants "n’a pas lieu d’être", après la réunion du 27 novembre.

"Les enseignants n’ont plus aucune raison de poursuivre la grève. Le dialogue a été ouvert, leurs doléances ont été prises en compte. Maintenant, il faut défendre l’intérêt des élèves. Et si une poursuite des grèves s’impose, il faudra l’adapter en fonction des horaires de cours pour ne pas empiéter sur l’éducation des élèves", soutient-il. 

"Chaque jour d’école perdu est une opportunité d’apprentissage manquée. On ne peut pas envisager une année blanche, c’est inconcevable. L’urgence, aujourd’hui, consiste à préserver les intérêts des élèves".

Une circulaire pour calmer les tensions

L’avenir des élèves des écoles publiques inquiète. "Ce que réclament les professeurs est légitime. Toutefois, le temps est un facteur déterminant dans ce conflit. Il faut sauver l’année tout en répondant positivement à l’urgence de la situation", explique Mohammed Guedira, professeur universitaire, expert en politique éducative et ingénierie des compétences.

"Je retiens de la réunion du 27 novembre beaucoup de points positifs, les tensions devraient donc naturellement diminuer". Le principal élément qui fait obstruction au débat et à la communication, selon l’expert, est le manque de confiance. 

Le rétablissement de celle-ci repose sur trois décisions qui lui semblent majeures :

  • inclure deux ou trois membres des coordinations dans les discussions aux côtés des syndicats ;
  • émettre une circulaire pour rassurer les enseignants sur la prise en compte de leurs doléances, du moment que l’annulation du statut unifié suppose une procédure longue et que le temps presse ;
  • prendre le temps, après le 15 janvier, de discuter point par point de ce que réclament les coordinations.
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