Assurances : Sygma, la start-up qui utilise l’IA dans l’évaluation des dommages automobiles
Sygma, une solution fondée sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique, permet de détecter les dommages automobiles et d’estimer les coûts de réparation à partir d’une simple photo.
Sygma a pour objectif de simplifier et d’accélérer l’évaluation des dommages automobiles, d’estimer les coûts de réparation à partir d’une simple photo, de réduire les délais d’expertise et d’améliorer l’efficacité des processus.
Concrètement, cette solution permet à un utilisateur, d'une part, de détecter les dommages de sa voiture à travers une simple photo et, d'autre part, d'estimer les coûts de réparation.
Le spin-off d’une précédente start-up
"Sygma est le spin-off d’une précédente start-up (dorigine.com) que j’avais lancée avec d’autres cofondateurs, dédiée aux pièces automobiles", nous apprend Yassine Rahmi, cofondateur de la start-up Sygma.
"Avec notre première start-up, nous voulions apporter notre expertise aux assurances qui avaient un souci en termes de base de données de pièces automobiles et qui dépendent des experts et garagistes, et ce, à travers un portefeuille de 800.000 pièces afin de leur permettre de faire une comparaison. Toutefois, ce que l’on proposait était beaucoup plus sous forme d’audit que de prévention."
Ainsi, cette solution permet de chiffrer rapidement les dommages de manière "scientifique", et non de manière aléatoire, et de prévoir le prix de la réparation.
Sygma a été lancée début 2022 par quatre cofondateurs avec des profils complémentaires :
- Fayçal Touaf possède plus de 13 ans d’expérience dans le domaine du développement informatique et de l’IA.
- Youssef Aitelkob est Data Scientist et Data Analyst. Il a une solide expérience en langages de programmation tels que Python, C et JavaScript, et une expertise dans des frameworks de machine learning. Il est expert en plateformes cloud.
- Yassine Khalfi cumule plus de 24 ans d’expérience dans les domaines de l’assurance et de la gestion des risques.
- Yassine Rahmi a commencé sa carrière en 2006 en tant qu’analyste de données chez Acxiom Corporation, avant d'intégrer OCP en 2018.
Sygma intégrera l'application d'une compagnie d'assurance en 2024
"La solution est principalement dédiée aux assurances qui détiennent la data automobile. Ensuite, nous comptons proposer notre solution aux garagistes, aux constructeurs automobiles et aux sociétés d’assistance (constateurs)", nous explique Yassine Rahmi.
À ce jour, la start-up a noué des partenariats avec une compagnie d'assurance de la place et la Compagnie d’assurance transport.
"D'ici la fin du premier trimestre 2024, notre solution va intégrer l’application d'une compagnie d'assurance, pour permettre à ses clients de prendre des photos d’accidents et avoir un retour rapide. En parallèle, s’il s’agit d’un constateur qui transmet ces éléments à l’assurance, nous assurons également le traitement."
Concrètement, "nous ne somme pas en lien direct avec les clients de nos partenaires, mais nous intégrons leurs applications pour permettre à leurs clients de profiter de notre solution", précise notre interlocuteur.
85% de taux de précision et 5 MDH bientôt levés
Pour l’instant, cette application est en phase de test. "Nous avons atteint 85% de taux de précision à ce jour, et nous voulons atteindre 95% d’ici le premier trimestre 2024", poursuit le cofondateur.
La start-up, qui compte 8 employés, a pu traiter plus de 500.000 photos lors de la phase de test et établir un référentiel de plus de 400.000 prix de pièces automobiles.
Une levée de fonds est en cours de négociation et de finalisation, avec trois fonds, dont Positif Invest qui fait partie du groupe Al Mada, pour un montant de 5 millions de DH, nous indique Yassine Rahmi qui estime que cette levée sera finalisée d'ici fin 2023.
Par ailleurs, "nous comptons aujourd'hui deux prospects en Afrique : Amenli en Egypte, et mobisureapp au Ghana. Ces deux InsureTech sont intéressées par notre solution pour détecter les dommages des voitures sans l'estimation des coûts, car nous n'avons pas une idée des prix appliqués sur ces marchés" poursuit-il.
Les données et le cloud, les obstacles majeurs de la start-up
Pour mettre en œuvre leur solution, les concepteurs ont rencontré des difficultés au niveau des données historiques, l’un des grands prérequis pour tester les IA.
Le deuxième défi était lié à l’infrastructure digitale, surtout au niveau du cloud. "Au Maroc, aucun cloud national graphique ne peut accueillir nos données actuellement", souligne Yassine Rahmi.
"Nous avons besoin d’un cloud de processeurs graphiques (GPU) pour notre solution qui traite des photos ; ces processeurs ne sont pas disponibles au Maroc où l'on ne peut trouver que des clouds CPU (processeurs qui ne sont pas graphiques)" nous explique-t-il.
Ainsi pour tester leur solution, les cofondateurs de Sygma ont dû utiliser des clouds étrangers (à savoir Google, Amazon) tout en s'assurant que les données personnelles étaient protégées sur les images traitées, et ce, en cachant les plaques d'immatriculation des voitures.
"Toutefois, nous avons eu des discussions avec l’UM6P qui a un supercalculateur, et qui sera bientôt dotée d’un processeur graphique que nous pourrons utiliser après le lancement de notre solution", nous confie le cofondateur de Sygma.
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